samedi 9 novembre 2019

Mortina, tome 1


Albin Michel Jeunesse

 🎃🎃🎃🎃
 Mortina, tome 1 
Barbara Cantini
Albin Michel Jeunesse
octobre 2018
48 p.
ISBN : 9782226437532



🎃Le texte d'éditeur🎃 


🎃La petite histoire🎃 

 Mortina est une petite fille zombie qui vit avec sa tante dans un manoir. Elle n'a pas d'amis mais un chien albinos pour toute compagnie. Elle aimerait jouer avec les enfants près de chez elle. Halloween sera sans doute l'occasion de se rapprocher d'eux. 

L'autrice Barbara Cantini et son personnage


🎃Le contexte de lecture🎃 

Une lecture idéale pour Halloween que j'ai découvert dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge.
Crédits : Barbara Cantini


🎃Ce que je retiens de cette lecture🎃

 Un personnage démembré très attachant, une histoire de zombie idéale pour Halloween avec des illustrations croquignolettes. Tous les détails sont bien réalisés.
 On retrouve les personnages emblématiques d'Halloween : monstres, zombies, fantômes. Mais aussi les couleurs caractéristiques de cette fête : le Noir et le Orange.
Crédits : Barbara Cantini


J'adore le dynamisme et l'agencement des dessins avec
les notifications fléchées : c'est humoristique à sort ( à souhait).

Crédits : Barbara Cantini


Vert-de-Lierre #PLIB2020


Noir d'Absinthe
 
Vert-de-Lierre
Louise Le Bars
Noir d'Absinthe 
mars 2019
194 p.
#ISBN:9782490417247



" Une femme se tenait derrière moi, à quatre mètres environ ; son visage me terrifia. Il ne semblait ni jeune ni vieux, à la fois semblable à un tissu froissé par une main rageuse ou sculpté dans l'écorce d'un bois mort ; seuls deux yeux au vert luciférien perçaient le désert de ce visage braqué sur moi. j'avais enfin mon signe, celui que j'attendais, celui qui m'indiquerait le seuil franchi entre légende et vérité."

Le texte d'éditeur

"Olivier Moreau, un auteur de romans policiers en manque d'inspiration, décide de retourner dans le village de sa grand-mère tout juste décédée afin d'y régler certains détails. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, sorte d'antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l'écrivain en mal d'imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l'une que l'autre. Olivier découvrira que cette figure païenne ancestrale est bien plus qu'un simple conte bon à effrayer les enfants ..."
 La petite histoire

 Olivier se retrouve dans son village d'enfance et il va suivre les indices d'une légende locale celle du Lierreux, comme un de ses personnages de roman policier. Il va flirter entre rêve et réalité avec une femme énigmatique qui l'envoûte littéralement et découvrir que mythologie, sorcellerie et vérité se mêlent étrangement tel le lierre au mur du château.

 Le contexte de lecture

J'ai rencontré l'autrice aux Aventuriales et elle m'a fait une dédicace de circonstance à la plume. 


 
Lu lors d'une lecture commune pour le #PLIB2020. C'est le premier livre que je découvre de la maison d'édition Noir d'Absinthe.



le PLIB


 Ce que je retiens de ce roman...

L'objet-livre

Parlons rapidement du soin apporté à l'édition de ce court roman. La couverture est sublime et est signée Marcela Bolivar, une illustratrice dont je ne peux que vous invitez à suivre son œuvre pour découvrir des portraits et une ambiance onirique. Elle a déjà signé les magnifiques couvertures aux éditions du Chat Noir d'Apostasie et du recueil Bal Masqué. 
La mise en page reprend le leitmotiv du lierre qui mange la page.






"J'étais caméléon, renaissance et mort, Hiver et Été, en mon enveloppe charnelle. Fille de la terre et du mauvais sort, lui même issu d'un dépit amoureux et d'une magie ancestrale."

 
L'intrigue

L'autrice mêle enquête policière et fantastique et romance. 

" Rose, vous êtes devenue mon roman, l'histoire qui devait s'écrire à l'encre de ma vie. Vous y trempez assurément la plume, (...) Un personnage a besoin de son écrivain. Vous êtes la narratrice de ma vie. Je sui devenu un personnage de votre monde. Rêve et réalité..."

On a l'impression de reconstituer avec le héros Olivier un puzzle dont il manque les pièces essentielles pour embrasser la situation et le mystère de la légende du Lierreux. 

" La réalité prenait des airs de polar, se teintait de l'encre de la fiction."

L'atmosphère gothique et fantastique

Très vite, le lecteur se retrouve plonger dans le doute, les mystères. Des touches d'irréel teintent cette histoire de malédiction, de mythologie qui semble remonter à la nuit des temps. 

" J'avais le sentiment que les contours de toute logique s'émoussaient, qu'aucune limite ne distinguait plus le réel du conte."

On chemine dans un labyrinthe végétal qui parfois semble sans issue. Puis un fantôme, une ombre attire l’œil et on avance tel le héros, hypnoptisé ici par le phrasé de l'autrice qui nous ensorcelle telle Rose avec son Olivier.  



 La légende

 Ici, l'autrice imbrique des mythes au milieu de légendes, elle lace et entrelace des croyances  mythologiques avec de la magie chamanique, des sortilèges de sorcières et des superstitions populaires. Elle tisse sa propre mythologie avec la poésie et des références littéraires nombreuses et qui se font écho.


"Je pense que le mythe est une autre forme d’Histoire, vous comprenez ? L’histoire de la vie intérieure de l’Homme, le versant nébuleux et poétique de la vie humaine, la réalité de leur imagination qui leur a servi de vérité pendant des siècles. La fiction et la vie sont jumelles de sang, vous savez."

 " J'aime profondément l'idée de personnifier un fleuve, un nuage ou la mort, m'expliqua-t-elle. Une façon propre à notre espèce d'assimiler ce qui ne lui ressemble pas. De donner un visage familier à l'inconnu, à l'invisible. (...) Cela permet de nommer sa peur ou son émerveillement, rien de moins. D'accueillir l'étrange et l'imprévu comme faisant partie intégrante de son propre univers, afin de l'enrichir, et non de les en exclure. "

Le Lierreux


« Son corps est de bois sec et dur,
Qui craque et grince
Ses doigts griffent, ses doigts pincent,
Son visage est une blessure
Pour quiconque le regarde
Du vert-de-Lierre prenez garde,
Dans ses yeux guette le Profane
Prêt à bondir sur votre âme
Son souffle est tel un cri de hibou
Qui trouve son écho entre chien et loup
Il aime les âmes en fleurs
Jeunes et fraîches à cueillir
Entre ses lèvres se fanent
Les amours printanières
Sur ses noueuses épaules languissent
Espoir et jeunesse, qui gémissent,
Et se dessèche comme l’automne
Son rire amer de faune »



" une Dame sans Sève (...), une jeune fille qui aurait fait une fatale rencontre avec le Vert-de-Lierre, l'homme-sylphe, le Lierreux. Tel un incube végétal, à chaque sacre du printemps, il se libérait de l'étreinte d'un lierre grimpant sur l'un des murs du château pour posséder la jeune fille qui avait le malheur de croiser son chemin. "

Les personnages

Même si l'on suit Olivier tout au long du récit les véritables actrices de cette fable sont Rose, Mary, Florelys-Mélisande. 
Elles sont sorcières au regard des hommes. 

" Les sorcières représentent ce seuil entre féminité libre et nature.  "
 L'autrice parle de la condition féminine, des mariages arrangés, au fil des époques, des entraves qui les soumettent aux hommes, à la société. 

" J'avais déjà observé les jeunes mariées au village, et toutes dans le regard avaient quelque chose d'éteint ; cette lueur de vie si pétillante avait été comme domestiquée, et on n'y lisait désormais plus que des regards convenus d'épouses soumises à la volonté de leurs maris. Et sous cette résignation, la jeune fille enfermée derrière les barreaux des conventions."

 " La rumeur avait enflé, monstre de médisance se nourrissant de son propre venin."

 J'aime beaucoup la réflexion sur la féminité et la prise de conscience progressive, par la femme, de son corps et de sa capacité à exister par elle-même.




"Telle un serpent ou une salamandre, je muais, repoussais, par le biais d'une force de vie irrépressible. Et ce fut grâce à cette deuxième vie qui commençait, grâce à l'homme qui m'avait arraché à cette misère, que mon éclosion fut complète et que je devins cette femme "reflorée". Mon âme et mon corps avaient retrouvé leurs pétales." 

J'aime cette approche de la femme liée aux éléments, à la nature. La femme est émotions et sensations en accord avec ce qui l'entoure. C'est très poétique, gothique, romantique comme approche.

 " Doucement, je m'enracine. Je rejoins cette immensité muette qui fait de moi un élément autant qu'un être. Je suis cette terre qui me porte, je suis ce vent qui m'ébouriffe, cette pluie qui lave d'oubli les pas de chacun. Je suis le bruissement de ces feuilles qui dentellent le silence."

 
" J'ai toujours voulu écrire sur les femmes et leur rapport étroit avec la nature.(...) ce lien qui a quelque chose de surnaturel, d'ailleurs. "


L'écriture

Les nombreuses citations  qui jalonnent cette chronique rendent compte de mon plaisir des mots. 

" Une houppelande de silence épais nappait ces murs d'un vert profond. "

 Je suis conquise par le phrasé de l'autrice. j'espère retrouve ces respirations et cette poésie dans un prochain récit.

" Le château de Mont-Drienne trônait là, tombé dans un bienheureux oubli, festonné de silence."

Une très belle plume poétique et engagée avec une histoire fantastique aux accents gothiques où sorcellerie et mythologie s'entrelacent tel le lierre à l'arbre irrémédiablement. La métamorphose est au coeur de ce récit sur l'identité.

" Du lierre coule le sang de l'été
Viens, viens m'aimer, doux Rêve 
Que je t'offre mon âme en sève
Le lierre a butiné ma beauté. "

mercredi 6 novembre 2019

Félines #PLIB2020


Le Rouergue
 💛💙💛💙💛
Félines
Stéphane Servant
Le Rouergue
Epik
août 2019
384 p. 
Fantastique
#ISBN:9782812618291 

Pré-sélectionné du #PLIB2020 et coup de coeur 💛💙💛💙


Le Plib
" Réfléchir, c'est commencer à désobéir.
Lire, c'est se préparer à livrer bataille."  

Le texte d'éditeur

 Personne ne sait exactement comment ça a commencé. Ni où ni quand d'ailleurs. Louise pas plus que les autres. Ce qui est sûr, c'est quand les premiers cas sont apparus, personne n'était prêt et ça a été la panique. Des adolescentes qui changeaient d'un coup. Des filles dont la peau se recouvrait de... dont les sens étaient plus... et les capacités... Inimaginable... Cela n'a pas plu à tout le monde. Oh non ! C'est alors qu'elles ont dû se révolter, être des Félines fières et ne rien lâcher !

" Depuis que le monde est monde, il a toujours la même tête et elle n'est pas très jolie. D'autres que moi diraient même qu'il a franchement une sale gueule."

La petite histoire

Nous écoutons le récit de Louise, vivant dans la clandestinité,  qui va relater quelques mois de sa vie mais aussi celles d'autres adolescentes qui ont connu dans leur chair la Grande Mutation. Un changement si brutal qu'il va provoquer la haine, la peur, la persécution et diviser la population. Louise va raconter comment elle va apprivoiser son corps, l'accepter et affronter le regard des autres. 

" Comme si la nuit était suspendue. Et la lame de la lune, là-haut dans le ciel, étincelait comme une griffe. "

Ce que je retiens de cette lecture...


Le contexte de lecture


Une lecture commune dans le cadre du Tournoi des élites et de l'épreuve des audacieux organisé par le staff du PLIB. J'ai donc fait cette lecture auprès des Guérisseurs.


J'ai adoré retrouver la plume de Stéphane Servant que j'avais savouré, il y a deux ans avec Sirius, une autre écriture bouleversante. 


Un petit mot sur la couverture en bleu et jaune de Patrick Connan, dont je conseille la  découverte de son site où l'on retrouve d'autres magnifiques couvertures de Rouergue éditions ou des pastiches d'affiches de film très réussis.

" La ville ressemblait à un chaudron où bouillonnaient l'ennui et les ragots. "

Je m'excuse pour l'effet brouillon de cette chronique : j'ai jeté mon ressenti au fur et à mesure. 

L'atmosphère du livre

Nous sommes d'emblée plongés dans le récit avec le "je" de Louise qui nous fait vivre toutes ses émotions, ses réflexions, son évolution, sa métamorphose physique mais surtout mentale. De l'adolescente à la femme, du doute à la détermination. 
La tension monte crescendo, prend son temps et l'atmosphère délétère s'étend progressivement mais sûrement. 
Pas de chapitres, pas de pause, pas de temps mort, on avance inexorablement avec Louise ballotés par les événements, pas de répit. 

Je ne cacherai pas que j'adore la plume de l'auteur : il écrit fabuleusement bien et ici il a une façon d'aborder la féminité qui me touche profondément et je suis émue de voir ce sujet traité avec tant de justesse par un homme. Il semble bien cerner les problèmes qui préoccupent les adolescentes d'aujourd'hui et de toujours aussi. L'auteur écrit pour et sur les femmes avec un ton juste et une connaissance sensible.


"Nous étions douze. Douze adolescentes, douze corps trop maigres, trop épais, trop tordus, douze corps imparfaits que nous tentions de dompter comme on l'aurait fait avec des chevaux sauvages. Nos chevaux étaient rebelles, mauvais et têtus.Nous mordions la poussière en essayant de les domestiquer. tout partait dans tous les sens, rien ne nous obéissait. Nos corps nous malmenaient, ils nous épuisaient." 

C'est une quête identitaire essentielle, vitale à laquelle nous assistons. Par le biais du fantastique, il dénonce les travers de notre société urbaine détachée de la nature, obnubilée par la performance et le paraître. 

Les personnages

Louise ne se plaint jamais et pourtant elle n'est pas toute blanche, elle a su être superficielle, lâche mais elle ne renonce jamais. Cette force est née des épreuves de la vie, la perte de sa mère, sa culpabilité, ses blessures physiques...

" Voilà le genre de fille que j'étais. Une enfant qui jouait à la femme fatale. Une Alice grimée en Reine de coeur sans pitié. Une Narcisse troublée par son reflet. Une adolescente, ni pire ni meilleure que les autres, je crois."

 Tom, l'ami, l'amant
Il est sensible, doux, à l'écoute et plus complexe que son allure ne le suggère. Il sait qui il aime et pourquoi. 

" Avec lui, j'avais compris que les gens ne sont pas que ce qu'ils montrent. Chacun possède un monde intérieur. Celui de Tom était étrange, décalé, mais aussi extrêmement créatif et sensible. Presque féminin, auraient pu dire certains."

le père de Louise et Satie, le petit frère 

 La famille est très soudée. C'est un pilier qui donne de la force et de l'équilibre à l'héroïne. Le père se révèle dans l'adversité et Satie réagit avec le coeur sans préjugés et a-priori. L'enfance qui ne juge pas, ignore les différences. 


Les filles

L'auteur a su cerner les problèmes de jeunes adolescentes perdues dans leurs corps et bombardées par les clichés ( dans les deux sens du termes) que notre société nous renvoient.

Fatia, Morgane, Sara, La Rouquine, la Blanche, Alexia, Camille et j'en oublie sans doute que Louise n'oublie pas.  

" J'aimerais que tu fasses tes propres choix. Pas ceux qu'on te dicte. "

 L'auteur met en avant le particulier, le singulier , l'unique par opposition à l'uniformisation, au standard, à l'anonyme revendiqué par les sectaires. Il prône un "je" conscient  qui s'unit à l'autre pour faire un "nous" riche, diversifié, complémentaire, complexe.

" Pour l'administration, le foulard comme le short étaient sacrilèges."

" Nos corps faisaient débat. 
Encore une fois. "

" Pour lui, nous incarnions la dégénérescence, nous étions la première tache sur le corps moribond de l'humanité, les signes de la catastrophe imminente, l'annonce de l'Apocalypse. "

 Je  remercie l'auteur pour son écriture poétique et coup de poing, je le remercie d'éveiller les consciences, d'en appeler à la vigilance, de responsabiliser son lecteur face à la différence, au déni des réalités.


" ... ce que l'homme ne comprend pas, souvent il le détruit. "

 Roar !!! C'est un coup de coeur pour moi ! Une écriture qui est poésie et poignard à la fois.  Un très bon roman adolescent à mettre d'urgence entre toutes les mains.

" Vous savez, c'est ce qu'on demande souvent aux victimes de viol : est-ce que vous avez résisté ? Vraiment résisté ? Et c'est insupportable d'entendre ça. Fred a profité du fait que j'étais jeune, frêle et ivre. Il a attendu que je sois la plus vulnérable possible pour s'en prendre à moi. Il n'y a qu'un seul coupable et c'est lui. On ne se fait pas violer. On est violée. Le viol, c'est l'autre qui le fait. C'est l'autre qui impose sa violence. Une violence extrême et aveugle qui fait de vous un objet que l'autre veut soumettre et détruire. "  

 " C'est à ça que servent les livres. A ouvrir les yeux des hommes, et, avec un peu de chance, leur coeur."

Incroyable Charlotte



Séma éditions
 🥿🥿🥿🥿
Incroyable Charlotte
Camille Adler et Flora Pialot
Séma éditions
février 2019
300 p.
ISBN : 9782930880747

 Le texte d'éditeur


La petite histoire

Charlotte vient d'apprendre la mort de son mari. Jeune veuve, elle respecte le deuil d'un an avant de se jeter dans les nuits parisiennes en compagnie de son amie anglaises Miss Emily Bingley. Elle va faire tourner les têtes avec son charme et son caractère vif. Mais les ressorts de cette société policée vont se révéler petit à petit à cette jeune femme un rien impertinente qui est au fond une grande romantique. 


Le contexte de lecture

Découverte de cette romance historique grâce au partenariat avec la maison d'édition Séma que je remercie chaleureusement. 

Ce que je retiens de ce roman...

 Je ne suis pas une grande lectrice de romances et qui plus est de romances historiques. 
J'ai beaucoup aimé le badinage amoureux et les dialogues entre les personnages. J'ai eu l'impression de retrouver certaines impertinences des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos ou encore les jeux de conversation comme dans le théâtre de Marivaux.  

Le plaisir des mots, donc, dans ce texte est très appréciable. La langue est fluide, perfide, à demi-mots ou franche mais cela apporte fraîcheur et pertinence et un certain dynamisme dans cette romance. 

La période historique m'est peu connue mais j'ai trouvé que soufflait un vent de modernité dans les rapports homme-femme. Les traditions et surtout la noblesse perdent de leur élan au profit de la bourgeoisie et des parvenus ambitieux.
La société parisienne semble changer en très peu d'années et le personnage de Charlotte s'inscrit dans ce changement.

Charlotte et Armand existent en tant qu'individus par-delà les convictions et les conventions de l'époque. Ce sont des héros à part entière qui prennent leur destin en main faisant fi des bienséances. 

J'ai beaucoup aimé le personnage d'Emily tout en délicatesse et finesse psychologique qui est résolument la plus moderne de tous sans heurt mais avec détermination. Charlotte incarne le feu, l'émotion, elle est impulsion quand son amie est calme et perspicacité. C'est un duo féminin qui fonctionne à merveille. 

J'aime beaucoup les personnages masculins de ce roman mais ils me semblent idéalement modernes dans leur rapport avec la gente féminine prenant en compte leur ressenti. C'est le seul bémol que je soulignerais dans ce récit qui a été très distrayant et bien mené de bout en bout. 


Une romance historique aux dialogues vifs avec des personnages attachants et non manichéens, un brin modernes.

dimanche 3 novembre 2019

Une sirène à Paris #PLIB2020


Source : Albin Michel
  🐟💙💙💦
Une sirène à Paris 
Mathias Malzieu
Albin Michel
février 2019
238 p.
#ISBN:9782226439772

Roman pré-sélectionné pour le #PLIB2020.

Le Plib


" Se surprendre, se suspendre au plus-que-présent. Retrouver l'équilibre funambule entre le futur et le passé. (...) devenir un arrêteur de temps. "



La petite histoire



Gaspard Snow survit, surnage dans sa petite vie entre son appartelier et la péniche familiale le Flowerburger. Il est surprisier comme son père, un surprisier au coeur brisé. En ce mois de juin fort pluvieux, où la Seine déborde, où la brume enveloppe les quais : la magie survient avec Lula, une sirène séduisante au chant funèbre.

Le contexte de lecture



J'ai découvert la plume de Mathias Malzieu avec la lecture de Vampire en pyjama qui m'avait beaucoup ému et j'avais alors lu La Mécanique du coeur dont j'aime l'univers poétique et déjanté.


 " un putain de prince charmant avec une belle au bain dormant"

Ce que je retiens de ce roman...



L'intrigue 



Nous découvrons des cœurs brisés que la vie à malmener, manquant cruellement d'amour pour exister, vivre. L'auteur nous amène à travers Paris à la rencontre de ces cœurs solitaires en recherche d'âme sœur, sans trop y croire, sans se l'avouer. 



"L'ingrédient magique, c'est l'amour. Car il permet la cristallisation du rêve; Saupoudrez le tout d'une pincée de surprise, et votre vie aura un goût exquis ! "



La relation entre les personnages



J'aime la relation entre Gaspard et son père Camille, qui malgré leurs différents et leur différence s'aiment. Le fantôme de Sylvia la grand-mère de Gaspard n'est jamais trop loin du coeur de ce dernier.  La famille est un lien indéfectible et essentiel, primordial.



" Le panache, mon petit, c'est accepter l'échec et rebondir; Pas fuir la réalité. "



Il y a aussi Rossy, la voisine accaparante au coeur tendre, un membre rapporté de cette famille élargie.
Milena, rousse incandescente, à fleur de peau tout en émotion est bouleversante dans ses doutes et son ressenti exacerbé. 

Lula est plus énigmatique, son "irréalité", ou plutôt sa non humanité ne permet pas de l'approcher vraiment. Elle suscite fascination mais peu d'émotion. Son identité l'empêche de réellement exister pour les autres. Gaspard qui se nourrit de rêves est vraiment le seul à pouvoir faire vibrer les cordes de son coeur tel un ukulele. 

" Ses seins étaient la plus petite constellation recensée : deux étoiles. "

Gaspard est le Sailor de Lula, un marin d'eau douce qui rêve de pleine mer dans sa baignoire remplie de bain moussant. C'est un funambule à rollers sur le fil de l'eau dans un Paris des lumières by night. J'aime sa capacité à sublimer le réel, sa propension au rêve.

" Son esprit fonctionnait comme le brûleur d'une montgolfière, il carburait à l'enthousiasme. Son cœur enflait, ses pieds décollaient du sol. "

La plume de Mathias Malzieu



J'ai apprécié de retrouver cette écriture propre au parolier avec ses métaphores surprenantes, amusantes. J'aime les références populaires qui jalonnent le texte (Johnny Cash, Mbappé, j'en passe et des meilleurs...)

 La frénésie dans l'écriture qui accompagne l'action trépidante dans les rues de Paris. Quand le temps est compté, l'écriture s'étrécit, se densifie. L'écriture épouse les émotions des personnages : elle palpite ou s'arrête, elle fredonne ou tranche. J'aime cette écriture vivante, vibrante.



" Le jour entra dans la nuit telle une goutte de lait dans un café noir. "



L'imagination, le pouvoir du rêve, l'émerveillement sont les ressorts de ce récit fantasque, romantique et poétique. 
J'ai adoré croiser ces personnages sur ces quelques pages qui m'ont donné quelques moments de joie, de tristesse, de vie. 



" L'ivresse dévissaient tranquillement les boulons de leurs consciences respectives. Encotonnait l'esprit sans abîmer la pensée, libérait les émotions. "

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...