Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles

dimanche 16 août 2020

#PLIB2020 Mers mortes

 

  ☠🌊🕱👻🐬

Mers mortes

Aurélie Wellenstein

Scrineo 

mars 2019

364 p.

#ISBN:9782367406602 

  #ISBN9782367406602

La petite histoire

C'est un roman de l'imaginaire où la survie de l'humanité est en jeu suite aux dérives climatiques, de pollutions et de massacres d'animaux. 

On se retrouve avec des pirates bravant les mers mortes où sévissent des fantômes d'animaux marins dévorant les âmes humaines en guise de châtiment. Oural un exorciste pourra peut-être infléchir cette malédiction. 

 Le contexte de lecture

Ce roman fait partie des cinq finalistes du Plib 2020 et de ma sélection finale. J'avais découvert la plume d'Aurélie Wellenstein avec le fiévreux et percutant Dieu oiseau. C'est avec curiosité et envie que je me suis lancée dans cette lecture. 

le PLIB
Avant de donner mon ressenti un point sur la couverture. Une fois encore, c'est Aurélien Police qui signe l'illustration de couverture et une fois encore il donne à voir en concentré le contenu de cette histoire, son ambiance et avec toujours une esthétique qui subjugue.   

L'univers et l'intrigue imaginée par Aurélie Wellenstein

Nous sommes dans un monde futuriste apocalyptique où quelques humains survivent malgré l'assaut de marées fantômes qui déciment les âmes. Même si l'on se trouve dans une histoire complètement ancrée dans l'imaginaire avec son vaisseau fantôme piloté par un pirate hors norme, le contenu est criant d'actualité et nous alerte sur nos responsabilités d'ici et maintenant, urgentes. Par le biais d'un monde ravagé et habité de surnaturel, Aurélie questionne le monde d'aujourd'hui et ses dérives désastreuses. Elle allie son talent de conteuse à son souci de prise de conscience. Elle lance une alerte comme on lance une bouteille à la mer... L'humanité est-elle consciente de l'urgence ?  

Les personnages

 Je ne ferai pas le tour de tous les personnages qui sont choisis avec soin et présentent des personnalités complexes et crédibles. Je m'attache à présenter trois d'entre eux.

Oural, exorciste

Il est le héros, un peu naïf, enfermé dans son bastion, à l'imagination bridée par l'étroitesse de son refuge et qui rêve d'espace et d'exploration. Il va être entraîné dans une épopée digne d'Ulysse sur une mer de monstres qui le conduit de Charybde en Scylla à chaque nouvelle étape. Il rappelle un autre héros grec : Enée descendant aux Enfers, sauf que les Enfers sont notre Terre dans quelques décennies.

Bengale, pirate énigmatique et meneur de troupe

C'est mon personnage préféré car il va se révéler au fil de l'histoire et provoquer des émotions contradictoires. Son identité crée un trouble et une fascination autour de lui, de son équipage mais aussi pour le lecteur qui guette chacun de ses gestes, chacune de ses décisions.

Trellia, delphine empathique 

Le rapport qu'entretient le dauphin avec Oural est une relation presque fusionnelle. Ils s'aiment, se comprennent par delà les mots. Cette relation unique pose question tout au long du récit et est porteuse d'espoir. Parmi les fantômes d'animaux, elle fait exception dans son attitude vis-à-vis des hommes et de ses congénères qu'elle préfère occire pour préserver, protéger Oural.

La plume d'Aurélie Wellenstein

Comme dans son précédent roman, Aurélie tire les ficelles de la tension avec maestria même si ici le rythme est différent. La tension monte progressivement et l'addiction s'intensifie au fil des pages. Elle adopte le rythme des marées avec une amplification de celles-ci à chaque flux.  Les rebondissements s'enchaînent, les questions se bousculent jusqu'au final "wellensteinien", c'est-à-dire inattendu, cinglant, absolu.

 Ce que je retiens de cette lecture

 C'est haletant et avec un message non poussif de responsabilité humaine vis-à-vis de la planète.Une belle découverte qui rend compte de l'imagination florissante de l'autrice mais également de son engagement écologique. Distraction et réflexion se mêlent avec brio.

dimanche 9 août 2020

#plib2020 Mers mortes

 

  ☠🌊🕱👻🐬

Mers mortes

Aurélie Wellenstein

Scrineo 

mars 2019

364 p.

#ISBN:9782367406602 

  #ISBN9782367406602

La petite histoire

C'est un roman de l'imaginaire où la survie de l'humanité est en jeu suite aux dérives climatiques, de pollutions et de massacres d'animaux. 

On se retrouve avec des pirates bravant les mers mortes où sévissent des fantômes d'animaux marins dévorant les âmes humaines en guise de châtiment. Oural un exorciste pourra peut-être infléchir cette malédiction. 

 Le contexte de lecture

Ce roman fait partie des cinq finalistes du Plib 2020 et de ma sélection finale. J'avais découvert la plume d'Aurélie Wellenstein avec le fiévreux et percutant Dieu oiseau. C'est avec curiosité et envie que je me suis lancée dans cette lecture. 

le PLIB
Avant de donner mon ressenti un point sur la couverture. Une fois encore, c'est Aurélien Police qui signe l'illustration de couverture et une fois encore il donne à voir en concentré le contenu de cette histoire, son ambiance et avec toujours une esthétique qui subjugue.   

L'univers et l'intrigue imaginée par Aurélie Wellenstein

Nous sommes dans un monde futuriste apocalyptique où quelques humains survivent malgré l'assaut de marées fantômes qui déciment les âmes. Même si l'on se trouve dans une histoire complètement ancrée dans l'imaginaire avec son vaisseau fantôme piloté par un pirate hors norme, le contenu est criant d'actualité et nous alerte sur nos responsabilités d'ici et maintenant, urgentes. Par le biais d'un monde ravagé et habité de surnaturel, Aurélie questionne le monde d'aujourd'hui et ses dérives désastreuses. Elle allie son talent de conteuse à son souci de prise de conscience. Elle lance une alerte comme on lance une bouteille à la mer... L'humanité est-elle consciente de l'urgence ?  

Les personnages

 Je ne ferai pas le tour de tous les personnages qui sont choisis avec soin et présentent des personnalités complexes et crédibles. Je m'attache à présenter trois d'entre eux.

Oural, exorciste

Il est le héros, un peu naïf, enfermé dans son bastion, à l'imagination bridée par l'étroitesse de son refuge et qui rêve d'espace et d'exploration. Il va être entraîné dans une épopée digne d'Ulysse sur une mer de monstres qui le conduit de Charybde en Scylla à chaque nouvelle étape. Il rappelle un autre héros grec : Enée descendant aux Enfers, sauf que les Enfers sont notre Terre dans quelques décennies.

Bengale, pirate énigmatique et meneur de troupe

C'est mon personnage préféré car il va se révéler au fil de l'histoire et provoquer des émotions contradictoires. Son identité crée un trouble et une fascination autour de lui, de son équipage mais aussi pour le lecteur qui guette chacun de ses gestes, chacune de ses décisions.

Trellia, delphine empathique 

Le rapport qu'entretient le dauphin avec Oural est une relation presque fusionnelle. Ils s'aiment, se comprennent par delà les mots. Cette relation unique pose question tout au long du récit et est porteuse d'espoir. Parmi les fantômes d'animaux, elle fait exception dans son attitude vis-à-vis des hommes et de ses congénères qu'elle préfère occire pour préserver, protéger Oural.

La plume d'Aurélie Wellenstein

Comme dans son précédent roman, Aurélie tire les ficelles de la tension avec maestria même si ici le rythme est différent. La tension monte progressivement et l'addiction s'intensifie au fil des pages. Elle adopte le rythme des marées avec une amplification de celles-ci à chaque flux.  Les rebondissements s'enchaînent, les questions se bousculent jusqu'au final "wellensteinien", c'est-à-dire inattendu, cinglant, absolu.

 Ce que je retiens de cette lecture

 C'est haletant et avec un message non poussif de responsabilité humaine vis-à-vis de la planète.Une belle découverte qui rend compte de l'imagination florissante de l'autrice mais également de son engagement écologique. Distraction et réflexion se mêlent avec brio.

mercredi 4 septembre 2019

Les Abîmes d'Autremer

 
Crédits : ActuSF/Naos


 🚀🐋🌌🌠🪐
Les Abîmes d'Autremer, l'intégrale
Danielle Martinigol
Editions Actu SF
Naos
janvier 2017
496 p.

 
 La petite histoire (première période : l’Élue)
 
Sandiane Ravna vient d'être évacuer après un incident sur son vaisseau grâce à un astronef de la planète-océan Autremer. Elle et son père grand reporter et fouineur incontesté souhaiteraient interroger le pilote de l'abîme, ce vaisseau spatial sauveteur. L'accès à la cabine de pilotage leur est interdit. Commence alors pour Sandiane une enquête qui va la conduire sur la planète-océan. Elle va se lier d'amitié avec des habitants et découvrir leur secret. Peuvent-ils lui faire confiance au vu de sa recherche de notoriété ?

Le contexte de lecture
 

J'ai fait cette lecture pour découvrir l'autrice jeunesse Danielle Martinigol dont je n'avais lu aucun roman. Elle sera présente aux Aventuriales fin septembre et je souhaitais lire au moins un de ses ouvrages avant ce salon. Je l'ai découvert cet été : la couverture étant de bon temps avec la saison et mon envie du moment.

J'ai choisi de découvrir la trilogie  Les Abîmes d'Autremer,  regroupant les Abîmes d'Autremer renommée  l'Elue, suivi de l'Envol et de l'Appel anciennement l'Envol de l'Abîme et l'Appel des Abîmes, additionnée d'une nouvelle préquelle l'Enfant et l'Abîme. 

 
Ce que je retiens de cette lecture...


Je parle ici principalement de la première période pour éviter les spoils. (les deux autres périodes et la nouvelle en fin d'articles)

L'univers créé et les thématiques abordées
C'est un space opera voire plutôt un planet opera pour la première partie avec la découverte de la planète-océan Autremer. Une planète recouverte d'eau constellée de millions d'îles et aux deux lunes. On découvre avec l'héroïne la flore et surtout la faune de cette planète paradisiaque du moins dans le circuit touristique.

L'autrice dans ce cadre de science-fiction va parler surtout des rapports humains : de la confiance principalement. Elle est interroge son lecteur sur la notion de vérité : est-ce que toute vérité est bonne à dire ? Quelle conséquences peuvent  engendrer des révélations à l'échelle d'une famille, d'une planète, d'un système solaire ? Elle aborde les thèmes du secret, de l'entraide et de l'amitié.
Elle nous parle de préservation des espèces, de biodiversité.
Elle avance également une critique vis-à-vis de la médiatisation à outrance, de la déconnexion avec la nature pour une sur connexion au virtuel.

Les personnages
Enfin elle crée un récit initiatique qui amène Sandiane à renouer avec sa nature profonde, à trouver son identité dans le cosmos, à répondre à un manque, un vide dans sa vie.
 On découvre également les Autremeriens, leur façon de vivre à travers une famille soudée : Mel, Madery, Paul.
Le père et la mère de Sandiane ont des personnalités diamétralement opposées : le père est en quête de scoop et de notoriété assez imbu de lui-même alors que la mère aspire au calme et est férue d'objets qui ont une histoire, un vécu.
Et enfin, on apprend à connaître petit à petit les Abîmes, vaisseaux ô combien fascinants.


 La petite histoire (Deuxième époque : l'Envol)

15 ans après la révélation sur les Abîmes, Corian, un jeune homme d'une planète hostile devient un des participants du show de téléréalité  : les Vainqueurs de l'Impossible. Show qui filme l'osmose entre Abîme et Perl. Nous retournons donc sur Autremer pour retrouver Sandiane et sa famille ainsi que les Abîmes, ces vaisseaux organiques qui peuvent passer en hypervitesse par stase.



 La petite histoire (Troisième époque : l'Appel)

Corian, Aëla et Djem se retrouvent quelques années plus tard jeunes adultes. Aëla est toujours aussi rebelle et fascinante tout comme son Abîme noir, Jang-al.  Un nouveau personnage Chaddy va faire son entrée dans cette aventure qui va aller au-delà de la galaxie à la poursuite des Abîmes.


 La petite histoire (La nouvelle : l'Enfant et l'Abîme)

La première rencontre d'un Abîme et d'un Autremerien. 

En bref


 La lecture de cette trilogie a été un véritable plaisir. J'ai adoré suivre Sandiane, Mel, Corian, Aëla, Chaddy  et les Abîmes. Les événements s'enchaînent l'on suit l'évolution du récit au même rythme que l'évolution des personnages. 
Un space opera doublé d'une saga familiale à mettre entre toutes les mains. 

Un vrai dépaysement et de belles réflexions positives et constructives qui font écho à notre monde.

dimanche 28 avril 2019

Kushi



crédits : Fei éditions

 🐺🐟🐟🐺
Kushi, tome 1 : le lac sacré
Patrick Marty 
Golo Zhao
Fei éditions
janvier 2017
94 p.

Le texte d'éditeur

Au début des années 80 en Chine, dans un petit village reculé de Mongolie Intérieure, Kushi vit en harmonie avec la steppe et ses belles étendues généreuses, mais au fragile équilibre. Kushi est orpheline. Apparue mystérieusement dans le village alors qu’elle n’était qu’un bébé, elle est considérée comme le mouton noir de sa communauté. Trop turbulente, cette surdouée recueillie et élevée par une vieille chamane, agace et attise la méfiance des villageois qui la traitent de petite sorcière. Quand elle découvre les agissements de Bold, un bandit local prêt à tous les crimes pour s’enrichir au détriment du fragile équilibre de la steppe et de ceux qui y vivent depuis des millénaires, une lutte sans merci s’engage entre la jeune fille, cet escroc sans foi ni loi et les tenants d’une certaine idée du progrès.


crédits : Fei éditions


🐺🐺🐺🐺
Kushi, tome 2 : la tanière des loups
Patrick Marty 
Golo Zhao
Fei éditions
mai 2017
95 p.

Le texte d'éditeur

Kushi est en fugue, traquée par le grand méchant Bold et ses hommes. À l’aide de Khulan et d’une meute de loup, elle va se débarrasser de ses poursuivants. Pendant ce temps, au village, tout le monde s’agite et prépare la grande fête du Naadam. Tilik, trop malheureux sans son amie, va rejoindre Kushi et les deux enfants vont découvrir le secret de Bold... mais c’est se jeter dans la gueule du loup, car leur ennemi est impitoyable...

crédits : Fei éditions
🐺💰💰🐺

Kushi, tome 3 : le château sous la terre
Patrick Marty 
Golo Zhao
Fei éditions
septembre 2017
94 p.

Le texte d'éditeur

 Une épopée dans les steppes mongoles, où l'aventure et la magie se mêlent à la poésie des grands espaces.



Kushi, tome 4 : la fille du vent
 Patrick Marty 
Golo Zhao
Fei éditions
janvier 2018
94 p.

Le texte d'éditeur

 Kushi n'a pas l'intention de rester prisonnière de ce château pétrifié sous la terre à cause de la sauvagerie de Bold. Elle l'a juré à Tilik, ils reverront le soleil se lever sur la steppe ! La jeune fille va tout mettre en oeuvre pour sortir de ce qui pourrait être leur tombeau, et revenir au village pour dénoncer les agissements criminels du bandit...


Ce que je retiens de cette saga...

Une bande dessinée petit format très bien dessinée et construite : on suit les aventures de Kushi, une fille de la steppe, recueillie par une chamane dans un village mongol.  Elle va être contrainte de fuir sa tribu après avoir découvert les manigances de Bold, un homme avide de richesse qui ne respecte aucunement la nature et les hommes. 

Le chamanisme et le conte , les hallucinations et une certaine magie côtoient le modernisme dans des paysages à couper le souffle. La Mongolie est magnifiée par les dessins ainsi que sa culture.

L'action est primordiale dans cette bande-dessinée aux multiples rebondissements. Kushi est un personnage fort avec des convictions bien marquées et qui ne s'en laisse pas conter. Le contre-point est donné au troisième tome avec le point de vue scientifique du jeune vétérinaire qui apprend la défense de Kushi pour la justice et non pour les croyances populaires auxquelles il ne veut pas s'initer. Une réflexion autour des notions de progrès et de traditions se met en place au fil des pages. 
Une bonne surprise pour cette bande-dessinée que je pensais enfantine et qui porte haut des messages autour de l'identité,de l'importance de la culture et des traditions pour ce construire mais sans manichéisme car il montre l'intérêt du progrès dans les domaines de la médecine et du confort.
 

Un dernier opus qui rend justice à Kushi et ses valeurs et clôt une saga bande-dessinée bien menée. La fin présage d'une nouvelle série avec Kushi loin de ses steppes.


crédits : Fei éditions

lundi 2 avril 2018

Autre-Monde, tome 1 : l'Alliance des Trois

©Le livre de poche
❤❤❤❤
Autre-Monde 1 : L'Alliance des Trois, Maxime CHATTAM, Le livre de poche, septembre 2015 (2008), 451 p.
 
La petite histoire

Nous sommes le lendemain de Noël et une tempête terrible se prépare...  Depuis plusieurs mois déjà, le temps se détraque...
Mais personne ne se serait douté des conséquences de cette catastrophe surnaturelle. 
Puis vient le moment de la survie pour les rescapés. 
Quitter la ville, va être la première étape pour Matt et son ami Tobias.... la première étape d'un voyage périlleux dans un monde en mutation, pourchassés par des créatures inconnues et malveillantes.

" La première fois que Matt Carter fut confronté à une sensation d'anormal, c'était juste avant les vacances de Noël. Ce jour-là, il aurait dû se douter que le monde ne tournait plus rond, qu'il allait se produire quelque chose de grave
Mais quand bien même il aurait pris ce phénomène au sérieux, qu'aurait-il pu faire ? Pouvait-il imaginer à quel point tout allait changer ? Aurait-il pu l'en empêcher ? Certainement pas.
Il n'aurait rien pu faire, sauf prendre peur, ce qui aurait été pire."


Le contexte de lecture

Lecture de ce premier tome de saga dans le cadre du Printemps de l'imaginaire et pour découvrir la plume de Maxime Chattam.  

 
L'auteur

Maxime Chattam est connu pour ses thrillers, qui ne sont pas ma tasse de thé préférée au niveau lecture. 


J'ai plutôt voulu me pencher sur cette saga dystopique : Autre-Monde. Cette série de romans comprend 7 tomes et un préquel qui sort en mai 2018 .

©Albin Michel

©Albin Michel/©Le livre de poche


L'objet-livre
 Les couvertures de l'édition Albin Michel représentent une Terre à chaque fois avec des éléments comme une carte vieillissante, un scarabée,... des éléments qui renforcent l'idée que cette aventure est une énigme. 
La couverture du livre de poche pour ce premier tome est plus inquiétante avec ses couleurs de nuit (noire et bleue). Cette couverture montre trois personnages (l'alliance des trois), mais ils ne sont que des silhouettes, tournant le dos et marchant dans la nuit vers une aube nouvelle. Dans le haut de l'image, l'on voit une ville plongée dans la brume, sans lumière, sans vie.
 
 Le choix du titre nous plonge dans le fantastique, aux frontières du réel : Autre-Monde, il parle d'altérité mais également de pacte, d'amitié avec L'Alliance des Trois.

 "S'il ne croisait aucun de ses voisins, alors il patrouillerait à la recherche de survivants. Pas ce mot, "survivant" voudrait dire que tous les autres étaient morts, et ça je n'en sais rien, peut-être qu'ils sont... ailleurs."

 L'intrigue, les thématiques abordées, l'univers créé

Les premiers chapitres sont pleins de suspens et nous placent d'entrée dans une ambiance de doute, de questionnement. Nous sommes d'abord plongés dans une atmosphère fantastique où nos héros doutent de ce qu'ils voient pour basculer de l'autre côté du miroir dans un monde irréversible : un Autre-Monde où le surnaturel est omniprésent. 

La Terre opère une mutation rapide, la végétation change, foisonne, les objets technologiquement évolués disparaissent... 

Un nouveau monde s'ouvre à chaque pas pour nos deux héros survivants qui sentent sur eux une menace et plus particulièrement Matt. Dans ce roman l'intuition, l'instinct de survie sont primordiaux. 
La réactivité est de mise. 

C'est haletant souvent mais l'auteur nous ménage des pauses pour  expliquer les ressentis, développer les hypothèses. 


"Quand un problème vous semble insoluble, alors prenez de la hauteur. Ne regardez plus ce qui est petit, regardez l'ensemble, passez du micro au macro.
Car si vous n'avez pas trouvé la solution de l'intérieur, vous la trouverez de l'extérieur !"


Ce roman se scinde en deux grandes parties : la fuite et le refuge sur l'île de Carmichaël.  
 On est d'abord dans un voyage dans un monde inconnu aux prises avec la nature, les éléments, les créatures puis c'est la survie en groupe, l'organisation dans une robinsonnade où les alliances et les complots, les secrets et les tensions dominent. 


 On aborde la question de l'impact néfaste de l'homme sur sa planète qui expliquerait ce bouleversement mondial, il y est question du non respect de l'environnement,  de l'exploitation à outrance des ressource naturelles. 

 "Savez-vous ce qu'est la symbiose?
C'est quand deux organismes s'associent pour vivre et perdurer ensemble.
C'est ce que l'humanité et la Terre ont fait pendant longtemps. Jusqu'à ce que nous décidions de la piller, de la polluer, de ne plus la respecter."


Un monde se réveille avec une population amputée de ses adultes disparus ou transformés en Gloutons ou encore en Cyniks où les jeunes semblent être épargnés, mais pourquoi et pour combien de temps ? 

" La Terre vous a offert une autre chance, elle a redonné au monde, aux enfants, leur innocence, et ces guerriers sont venus la souiller."

Ce qui nous tient en haleine tout au long du récit ce sont ses questions.
 Les personnages

 L'Alliance des Trois

Matt est le héros par excellence, il rêve de devenir un guerrier du Seigneur des Anneaux, mais quand la réalité rattrape la fiction, le sang et la violence le dégoûtent.

 " Dans la réalité, la bravoure ne se prévoyait pas, elle ne se calculait pas, on était brave ou non, au moment d'agir."

 Il semble être investi d'une mission qui lui échappe dans ce premier opus.


Le suivant comme son ombre, nous découvrons Tobias, discret, organisé, fidèle et droit. Il prend sa place au fil des pages, il mûrit au contact des difficultés. 

 "- Bah, tu sais bien... Je suis... noir, et elle est blanche !
- oh ça. On est des êtres humains, non? C'est quoi la différence? Ah, oui, ta peau est de la couleur de la terre, la sienne celle du sable. C'est avec du sable et de la terre qu'on fait les continents, qu'on fait la Terre, non? Alors vous êtes faits pour vous mélanger. Il ne peut en naître que de bonnes choses."


Ambre vit sur l'île, on sait peu de choses de son passé, qu'elle tait volontairement mais c'est une fille observatrice, scientifique et aventurière, prête à devenir Longue Marcheuse. 

Les Pans et les habitants de l'île : un petit groupe organise la vie au quotidien sur une île aux manoirs intrigants portant des noms d'animaux mythologiques (Le centaure, le Minotaure, l'Hydre). Chacun a sa place et sa fonction ce qui va les conduire l'un après l'autre à développer des capacités hors norme. 

"Et, enfin nous les Pans. Pourquoi la terre nous a massivement épargnés ? Je pense que c'est parce qu'elle croit en nous. "

L'île est un personnage vivant avec son cimetière sinistre, sa végétation envahissante, sa rivière poissonneuse mais aux hôtes hostiles. 

Les Cyniks sont des adultes malveillants qui enlèvent les jeunes pour les emporter vers le Sud. 

" La majorité des adultes a disparu cette nuit- là. Quelques uns sont parvenus à en réchapper avec la jalousie et la haine qu'on leur connait à notre égard: les Cyniks."

 Les Gloutons sont des adultes mutants, cannibales qui n'ont plus rien d'humains.

" D'autres ont été génétiquement modifiés si brutalement qu'on peut supposer que le cerveau n'a pas pu tenir le coup, ils sont devenus des bêtes sauvages : les Gloutons."
 
Les Longs Marcheurs sont des adolescents solitaires qui rallient les différents refuges où se regroupent les enfants rescapés.

 "Les Longs Marcheurs prenaient des risques énormes pour relier les sites panesques, se dit Matt. Pour donner de l’espoir, transmettre les nouvelles et redonner un peu de force aux adolescents et aux enfants en les reliant entre eux. Il comprit alors le respect et la gratitude dont tous faisaient preuve à leur égard."



D'autres créatures ont surgi après la tempête, notamment les échassiers, des sortes de "machines" sur pieds télescopiques avec des phares en guise de vision. Elle sont à la recherche de Matt, tout comme le Raupéroden qui semble les diriger.

Les animaux aussi ont subi des transformations, revenant pour la plus part à l'état sauvage, de nouvelles espèces apparaissent. certains animaux semblent gigantesques comme Plume qui a gardé son attachement aux humains et accompagne Matt et Tobias.

Restent les scarabées qu'il est bon de suivre pour atteindre un havre de paix, fût-il temporaire...

" Il faut suivre les scarabées."


Le sytle et les références

L'auteur a une écriture addictive et bourrée de références culturelles à Tolkien, Peter Pan, la mythologie gréco-latine. La tour d'observation de Carmichaël me rappelle Jules Verne et le bureau de Nemo dans 20 000 lieues sous les mers.

 Ce que je retiens de cette lecture...

 C'est un premier tome plein de péripéties, addictif qui donne envie dans savoir plus sur ce qui se cache au Sud, sur la menace venant du Nord et pour côtoyer nos trois amis : Matt, Tobias et Ambre dans leurs nouvelles aventures. Je me suis bien attachée à ces personnages que je veux continuer à suivre.
Une saga que l'on peut découvrir dès 12 ans.

mardi 13 février 2018

Rural !




 Rural ! Chronique d'une collision politique
Etienne Davodeau
Delcourt
mai 2001
 139 p.

C'est l'histoire d'un coin tranquille de campagne. Un couple achève d'y retaper une vieille bâtisse devenue en dix ans de travaux une agréable maison. Un peu plus loin, trois jeunes payasans, convaincus qu'une autre agriculture est possible, tentent le pari du bio. Un bien bel endroit, donc. Jusqu'au jour où la nouvelle tombe: une autoroute va bientôt passer ici.
Durant un an, de sa rencontre avec les agriculteurs à la phase finale de la construction de l'autoroute, Etienne Davodeau va les suivre quotidiennement, relater leur vie, leurs efforts pour imposer une autre manière de cultiver la terre et d'élever des animaux, et leur combat désespéré contre la construction de l'autoroute. Les découragements, la combativité qui vient et qui s'en va, et puis la vie qui continue, les bêtes qui n'attendent pas, les cultures non plus, et tous ces gestes qui font le quotidien d'un paysan et qui nous semblent tellement loin.



Mon avis 

Etienne Davodeau a suivi un groupe d'exploitants agricoles sur une année comme un reporter et pourtant il délivre une bande dessinée engagée, partisane, non objective comme il le dit lui-même. Il a pris son parti de dénoncer des travers politiques et économiques.

 "On raconte d'un point de vue. Raconter, c'est cadrer. Cadrer, c'est éluder. Éluder, c'est mentir. Alors non, l'objectivité n'est pas de ce livre."

Il donne à voir des témoignages poignants, des moments de vie quotidienne dans un GAEC, une lutte acharnée  et documentée de paperasses administratives. C'est édifiant et clarifiant. Une politique à double vitesse qui écrase les plus faibles et bouzille leurs idéaux de toute une vie. 

Pourtant ce n'est pas la rage qui soutient le propos mais une foi en des hommes réfléchis et travailleurs. Une amertume reste en bouche pour garder la lucidité de la réalité mais l'espoir est permis en un avenir meilleur et autre.

 Les portraits et les crayonnés de la ferme sont superbes et s'harmonisent au propos.

J'ai beaucoup aimé l'approche de cet auteur-illustrateur au plus près des gens, de leur vie. Ça sonne juste, vrai. Le propos est étayé et non fantaisiste, ni pro-bio, loin des extrêmes. C'est un constat amer de notre politique de faux semblants, d'arrangements.

 "...d'un côté s'invente une nouvelle approche de l'environnement, respectueuse, légère et durable.
de l'autre côté c'est une infrastructure lourde et polluante qui s'impose en force au nom de la rentabilité à court terme.
L'inconvénient de ce genre de barrière, c'est qu'il faut forcément se situer d'un côté ou de l'autre.
S'assoir dessus, c'est se piquer le cul."

Une lecture criante d'actualité même si les années ont passé depuis sa sortie. Je recommande lucidement cette lecture.

vendredi 29 décembre 2017

Sauvons les sapins !



❆❆❆


Sauvons les sapins !
Romain DRAC
Pawel PAWLAK
Milan poche cadet
Tranche de vie
2001
39 p.


Nous suivons un militaire à la retraite, nostalgique de l'organisation bien policée, qui se complaît dans le ballet du ramassage d'ordures devant chez lui. Nous sommes aux lendemains des fêtes de Noël et les rues sont jonchées de sapins jetés, abandonnés à leur triste sort. Papy fait de la résistance et passe à l'action !

 Lecture dans le cadre du Cold Winter Challenge, dans le menu Magie de Noël.

Petite fable écologique, Sauvons les sapins ! rappelle le peu de soin et l'esprit jetable de notre société de consommation. 

C'est un roman de première lecture facile à aborder avec un lecteur en herbe : les phrases sont courtes et bien aérées. 

Les images (plutôt narratives) qui accompagnent le récit complètent le propos sans être redondantes. Elles montrent notre monde contemporain avec une dominante verte (pour rappeler la couleur des agents d'assainissement, des sapins en bonne santé mais c'est surtout la couleur du recyclage : thématique principale de cette histoire). 

L'auteur a choisi comme "sauveur" des sapins un vieil homme (artefact du Père Noël) qui, têtu, et faisant fi du regard des autres prend partie pour les arbres laisser pour compte. 
Nous suivons également une petite fille sensible également au sort des arbustes. le modèle de son aîné va lui permettre d'agir à son tour. C'est donc ici un message de passation,  de chaîne de solidarité qui se met en place   qui est soulignée. C'est aux adultes de montrer l'exemple pour que les plus jeunes agissent. 

Une fable moderne qui dénonce la société de consommation et la responsabilité de chacun sans être moralisateur car le point de vue adopté est celui de l'action et non du jugement. 

A mettre dans les mains de jeunes lecteurs, acteurs de demain.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...