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jeudi 30 avril 2020

#plib2019 Les Prières de sang

 
Crédits : taurnada

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Les  Prières de sang
Jean-Marc Dhaignaut
Taurnada
juillet 2018
218 p.
#plib2019
#ISBN:9782372580441

Chronique à quatre mains avec Corinne Bertrand sur  Les Prières de sang de Jean-Marc Dhainaut publié par Taurnada à la suite du défi lectures duo lancé par Jean-Yves Loisy, une lecture commune à deux (pour ceux qui n'auraient pas suivi).

Deuxième volume des aventures d'Alan Lambin et Mina Arletti, "détectives de l'étrange". Ce livre est cependant indépendant et peut se lire sans problème, même si l'on n'a pas lu le premier tome La Maison bleu horizon. Les personnages sont en effet brièvement, mais efficacement présentés, si bien que l'on a l'impression de les connaître.

Nous suivons donc Alan Lambin et Mina Arletti dans une nouvelle enquête paranormale. Céline, une jeune femme enceinte contacte Alan et Mina afin qu'ils l'aident. Elle est désespérée : des voix, des bruits se matérialisent dans sa maison, même les objets volent depuis qu'elle a acheté une armoire datant du Moyen Age.
Après quelques hésitations, Alan et Mina décident de rejoindre la Normandie et de découvrir ce que cachent ces phénomènes inexpliqués.



Et si on parlait des personnages pour commencer ?

Corinne Bertrand :
Alain Lambin et son assistante Mina enquêtent sur tout ce qui est phénomène paranormal et travaillent ensemble depuis trois ans. Mina est médium et ressent très fortement les choses. Alain a lui aussi un don, qui s’éveille petit à petit mais qu’il refuse. C’est en outre quelqu’un de généreux et qui a les pieds sur terre. Lorsqu’il commence une enquête, il cherche avant tout une explication rationnelle et ce côté que j’aime beaucoup chez lui. Il ne va pas foncer tête baissée dans des histoires de revenants et c’est ce qui amène une certaine crédibilité à l’histoire. Ces deux-là, sans se l’avouer, ressentent une attirance mutuelle. Leur côté « adolescent » dans cette relation apportent une note de fraîcheur et fait même sourire.


Moi : Les personnages ne sont pas communs : ils ont tous deux la quarantaine passée, ils sont timides, un peu empotés surtout Alan ; ce sont de vrais adulescents, mais pas seulement. Ils ont par ailleurs des dons médiumniques. Leur relation va évoluer à tout petits pas mais une chose après l'autre ils se rapprochent. Un binôme d'enquêteurs qui fonctionne bien.

Corinne Bertrand

Et qu'as-tu pensé de l’ambiance, de l'intrigue ?


Moi : L'auteur installe très vite l'époque (années 80 bien réussies en passant), puis il nous entraîne dans le monde des "chasseurs de fantômes" tranquillement et au fur et à mesure que l'on progresse dans le récit, la tension monte, monte. Les éléments inexpliqués s'accumulent .

Corinne Bertrand : J'ai beaucoup apprécié qu'on rentre tout de suite dans l'histoire. C'est très accrocheur dès le début , l'ambiance s'installe tranquillement , la tension monte au fil des pages.

Moi : Pour l'intrigue, elle fonctionne comme dans un roman policier pas de grosse surprise mais une construction où Alan procède comme un détective il avance des hypothèses et essaie de justifier les faits par des arguments concrets, factuels avant de se tourner vers le paranormal. Le fantastique est omniprésent et à un moment l'on bascule vraiment de l'autre côté du réel. 

Pour ce qui est de l'écriture et du ressenti global, quel est ton avis ?

Corinne Bertrand : Pour l'écriture, elle est fluide et agréable à lire... Le style est accrocheur. Chaque fin de chapitre te donne envie de tourner la page pour en savoir plus. En ressenti global : un bon moment de lecture. Comme le livre n'est pas très long, je pense qu'il vaut mieux le lire d'une traite pour rester dans l'ambiance. 

Et toi , ton avis ?

Moi : Un roman qui se lit très vite, pas de temps mort. J'ai passé un bon moment et j'ai pris plaisir à suivre Alan dans cette enquête où le diable n'est pas loin. C'était divertissant.

Une expérience de co-chronique enrichissante. J'ai pris plaisir à l'échange. Merci Corinne.

dimanche 9 février 2020

Rouge sang et Noir corbeau, tome 1 : l'apprentie faucheuse #PLIB2020


Crédits : éditions Le Héron d'Argent
💀💔👻🐺
Rouge sang et Noir corbeau, tome 1 : l'apprentie faucheuse
Justine Robin
Editions Le Héron d'Argent
mars 2019
273 p.
#ISBN:9791094173374

 Le texte d'éditeur
 
« Aujourd’hui, je suis morte. »
Amélia Pratt était une simple domestique, pauvre et sans avenir. Mais par une froide nuit d’hiver de l’année 1850, un homme la précipite dans la mort.
Elle renaît alors sous les traits de Red Death, l’une des sept petites faucheuses. Désormais, son rôle est de pourchasser les esprits errants et les fantômes. Et à ce petit jeu-là, elle est la meilleure !
Pourtant, elle n’a pas choisi l’Ankou le plus docile pour la seconder dans sa tâche. En effet, le beau Rain n’est autre que son propre meurtrier, désormais contraint de lui obéir pour l’éternité…
Entre complots, dangers et trahisons, parviendra t-elle à accomplir son rêve : devenir la prochaine Grande Faucheuse du Sanctuaire de la Mort ?

Le contexte de lecture

Découverte de ce roman grâce à ma participation en tant que juré au #PLIB2020. Merci à la maison d'édition pour l'envoi du ebook. Je me suis quand même procurée le tome 1 en papier pour un confort de lecture et je ne regrette absolument pas cette acquisition. Le tome 2 rejoindra rapidement mon butin livresque.



Crédits : le plib

Ce tome 1 fait partie des 20 sélectionnés du PLIB 2020 et il ne démérite en aucun cas de ce trouver ici. J'ai été ravie de voir une petite maison d'édition gravir cette marche, c'est toujours un plaisir et une curiosité de lire une nouvelle plume et appréhender une nouvelle démarche éditoriale.

La petite histoire

Amelia travaille pour une riche famille dans les plantations du Colorado quand sa mort survient. Elle va alors devenir Faucheuse et entraîner avec elle le ténébreux Rain. S'ensuivent des centaines d'années de conflits entre eux et d'âmes récoltées non sans peine, mais... les événements vont bousculer les certitudes autour du Sanctuaire de la Mort.



Ce que je retiens de cette lecture...

 Le travail éditorial autour de ce livre est impressionnant autant pour la qualité et le soin apportés à la couverture et aux illustrations centrales que pour tous les détails autour des chapitres et des paragraphes avec les miniatures en noir et blanc et les fioritures précieuses en accord avec le récit. Quelques coquilles dans le texte cependant (oubli de déterminant et autres anicroches surtout sur le dernier tiers). Mais l'harmonie de l'ensemble est vraiment à souligner.

Parlons maintenant de l'intrigue et des personnages sans trop en dire.
Justine Robin nous présente d'abord deux personnages antagonistes, foncièrement différents dans leurs caractères : Amelia Pratt une jeune fille gauche et naïve assez mièvre de prime abord et Gabriel Hauwnkins, un jeune homme diablement beau mais prétentieux, voleur et sournois,... et même meurtrier, ne le cachons pas. Deux personnages détestables : l'un par son insignifiance l'autre par son mépris.
J'avoue que je ne savais pas trop quoi penser de ce début... jusqu'à ce que la Mort intervienne d'abord bien réellement puis sous diverses personnalités.

Et là encore, l'autrice décide de donner à Amelia et Gabriel de nouvelles identités très figées et une relation de dominant-dominé qui les enferment dans un cercle vicieux de conflits de plusieurs décennies (la vengeance a la dent dure!). Cette relation crée une distance avec les personnages pendant une grande partie du récit. J'ai réellement eu de l'empathie pour eux que dans le dernier tiers du livre. Heureusement, que les carapaces de ces personnages présentent quelques fissures. Un peu d'humanité est bien venue.

L'autrice a décidé de faire alterner le point de vue de Gabriel/Black Rainbow et celui d'Amelia/Red Death. J'aime bien cette approche mais j'aurai apprécié d'entrer un peu plus dans leurs "âmes" respectives ce que ce procédé aurait permis, mais on reste en surface, face à un mur qui nous cache les émotions, les ressentis réels et complexes des anti-héros qui nous font face. Je suis une lectrice qui aime vibrer avec ses personnages faire corps avec eux et là... j'avoue que je n'ai pas pu (une petite frustration). J'ai de l'espoir cependant pour la suite (le tome 2 ), il semblerait au vu des derniers événements que les personnages évoluent, s'ouvrent (hâte! hâte de voir ça...)

J'aime sinon beaucoup les personnages secondaires Guerre, Alice, Agathe, les différents Ankous.  Heaven, Graal et plus particulièrement le charisme de la Santa Muerte. Là, rien à dire, la galerie de portraits est impressionnante et j'ai envie de les retrouver rapidement pour voir leurs interactions.

Justine Robin excelle dans la création d'un monde de la Mort cohérent et riche qui regroupe plusieurs mythologies et croyances. L'agencement de ce petit monde est bien retranscrit et se visualise aisément. Beaucoup d'interrogations restent en suspens quant aux semeurs de Vie, le pendant des émissaires de la Mort et à leurs réelles motivations. Et la Mort dans tout ça...

Je trouve que les moments de combats et d'"aventures" sont très bien menés. J'ai aimé l'atmosphère du bateau fantôme ou du manoir hanté. L'autrice nous embarque avec elle à chaque fois.

Ce qui pêche à mon sens dans ce récit c'est le rythme et l'enchaînement des événements, cela manque de fluidité par moment. J'ai décroché de ma lecture à certains passages sans trop savoir pourquoi, c'est dommage.

Ce n'est donc pas un coup de coeur mais j'ai passé un bon moment, c'est indéniable.

Malgré quelques maladresses dans le rythme de l'histoire, j'ai plutôt bien aimé l'univers créé autour de la Mort avec les Faucheuses, les Ankous, les Fossoyeuses et autres Cavaliers de l'Apocalypse. La deuxième partie palpitante m'a réconcilié avec les personnages principaux d'abord antipathiques et me donne grandement envie de poursuivre Amelia et Rain vers une quête sulfureusement périlleuse.

samedi 25 janvier 2020

Les Noces de la renarde #PLIB2020



Crédits : Scrineo
🩸❤🩸❤ Les Noces de la renarde #PLIB2020
Floriane Soulas
Scrinéo
mai 2019
586 p.

#ISBN9782367407043

Le texte d'éditeur

1461, Japon.
Hikari, une mystérieuse jeune femme, vit avec ses sœurs dans une forêt peuplée de petits Dieux de la province d'Izumi. Fascinée depuis toujours par les humains, elle s'intéresse de près aux villageois installés au pied de la montagne, et plus particulièrement à Jun, l'un des bûcherons. Mais le contact avec les hommes est formellement interdit par son clan...

2016, Tokyo.
Depuis toujours, Mina a le pouvoir de voir et de côtoyer les yokaï, esprits et monstres du folklore japonais. Solitaire à cause de ce don qu'elle doit cacher à tous, la jeune fille ne se sent pas à sa place dans la société.
Jusqu'au jour où un esprit tente de s'introduire dans ses rêves et que Natsume, une fille de sa classe, l'entraîne dans une chasse au démon à travers la capitale...

Deux univers qui se croisent, deux destins qui s'entremêlent, entre quête d'identité et désir d'émancipation.

Le contexte de lecture

Lu dans le cadre  d'un challenge le Tournoi des élites et l'épreuve des stratèges pour la team guérisseurs du PLIB.  J'avais déjà découvert l'année dernière Rouille de Floriane Soulas dont j'avais apprécié la plume et le sens du rythme.



Crédits : PLIB

La petite histoire

 Deux histoires s'alternent une dans le Japon médiéval merveilleux avec magie et esprits Yokaï notamment l'envoûtante Hikari , l'autre avec une adolescente Mina dans un Japon contemporain à l'ambiance fantastique souvent oppressante. Deux époques et pourtant un fil conducteur, un lien rouge sang.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La couverture


La couverture du livre, d'abord, elle est signée Aurélien Police dont le travail est toujours aussi soigné et empreint d'émotion, de poésie, de mélancolie. Une très belle interprétation de cette histoire.

" Un craquement retentit dans le ciel moucheté d'étoiles. Mina leva la tête, juste à temps pour voir la lune se fendre en deux comme une mâchoire toute en dents déchiquetées."

 L'univers proposé 

Alternance de deux périodes : le Japon contemporain avec Mina et ses visions de fantômes et êtres surnaturels et un Japon médiéval empreint de légendes et de sacré où les petits dieux enchantent et/ou enchaînent de leurs sortilèges les hommes qui les aperçoivent.
J'aime ce chassé-croisé entre passé et présent pour petit à petit reconstruire deux histoires qui s'appellent, se font écho. 

Le Japon médiéval magnifie les saisons et la nature, l'instinct et le sacré. J'ai beaucoup aimé l'atmosphère feutrée et magique de ce temps suspendu à la frontière du réel. 

Le Japon contemporain, par contraste, est très peuplé, foisonnant, toujours saturé de bruits, de personnes, d'odeurs et de couleurs ; il est en accord avec le ressenti confus de Mina, toujours happée par les appels des fantômes. La nature y est quasi absente. 

Les personnages

Hikari est une kitsune, un yokaï renard, c'est-à-dire un esprit métamorphe sorte de petit dieu vivant dans la nature et dans des lieux sacrés vénérés et craints par les hommes. Nous suivons cette chasseresse qui vit en clan. Ce clan est exclusivement composé de femmes aux pouvoirs enchanteurs. Ces esprits vivent dans les forêts reculées loin des hommes. Hikari n'est pas sujette aux affres du temps pourtant elle s'émerveille de petits moments offerts par la beauté de la nature et elle se pique de découvrir les humains qui l'intriguent et la fascinent. Elle fait montre d'une curiosité avide de connaître l'humanité.Une distance doit être gardée entre hommes et dieux que Hikari va franchir au grand dam de son clan et pour le malheur d'un village.  Elle est attirée par Jun, un jeune bûcheron, un rien intrépide. Mais Hikari est jalousée par plusieurs femmes du clan notamment Ino, la cheffe et Morio. De ces envies vont naître une rivalité qui va bouleverser le destin d'Hikari. 
 Indépendante, Hikari n'en ai pas moins sensible. 
Par ce dernier trait, elle se rapproche de sa sœur Akane qui est douceur et compréhension, sagesse et intelligence.  Akane respecte le besoin de liberté de sa sœur a contrario du reste du clan qui réagit en meute, très possessif. 
L'instinct animal prédateur n'est jamais bien loin, gare aux hommes imprudents qui s'approchent de trop près !

Nous découvrons également Mina, une lycéenne, sujette à des visions quasi permanentes de fantômes et entités surnaturelles. C'est une jeune fille qui nous apparaît d'abord comme apeurée, acculée et ployant sous le poids d'un pouvoir qui est pour elle une malédiction. Elle subit des cauchemars récurrents et énigmatiques qui la laisse épuisée. Ce personnage va beaucoup évoluer au fil de ses découvertes et des révélations qui vont être levées sur son père et la nature de ses dons. Elle va pouvoir avancer grâce à sa rencontre avec une apprentie chasseuse d'esprit Natsume. Toutes deux vont se lancer à la poursuite d'un tueur en série qui s'attaque essentiellement à des Yokaïs dans un Tokyo nocturne et inquiétant.

On avance à tâtons dans cette histoire, les tenants et aboutissants sont dévoilés par bribes, lentement  et l'on s'attache progressivement à chaque personnage. 

Patte de l'autrice

J'aime beaucoup le rythme de ce double récit qui prend son temps et pourtant ne ménage pas nos émotions et sait être tendu par moment voire haletant. Une atmosphère d'insécurité, de menace, de tension plane constamment sur les personnages. Le lecteur n'est jamais serein.



"Le chant des oiseaux dans les arbres redoubla d’intensité et une pluie fine et miroitante se mit à tomber d’un ciel sans nuages.
- Je n’ai pas pris de parapluie, se lamenta Mina en regardant le ciel d’un bleu limpide qui pleurait pourtant des larmes fraîches.
- Ça ne va pas durer. C’est le kitsune no yomeiri, les noces de la renarde, dit Reika avec un sourire.
- Les noces de la renarde ? Qu’est-ce que c’est ? demanda Mina, intriguée.
- Une vieille légende qui dit que lorsqu’il pleut par beau temps, un kitsune se marie quelque part dans la montagne, répondit Natsume en fronçant les sourcils.
- C’est un présage, il faut prêter attention à ce qui nous entoure, renchérit la nourrice."


Je me suis laissée enchanter par ce récit exotique. Le sortilège d'envoûtement m'a transportée d'un mot à une page, d'un chapitre à l'autre, avec délice et effroi. J'ai vibré avec les personnages, sursauté souvent, serré les dents aussi.  Comme pour Rouille, ce sont les sensations qui restent prégnantes encore, plusieurs jours après la lecture, des réminiscences d'un ressenti particulier et marquant pour un bon moment.

Une belle découverte : dans un Japon alternant entre époque contemporaine et Japon médiéval avec comme trait d'union la magie des Yokaïs.

mercredi 27 novembre 2019

Le Fantôme qui écrivait des romans


Balivernes Editions
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Le Fantôme qui écrivait des romans
Eric Sanvoisin
Balivernes
octobre 2016
223 p.
ISBN : 9782350671338

Le contexte de lecture

J'ai reçu ce livre grâce à l'opération Masse Critique de Babelio : 
Babelio

Je remercie à la fois les organisateurs de Babelio et la maison d'édition Balivernes pour cet envoi.

Le texte d'éditeur



La Petite Histoire

Nous faisons la connaissance dès le début de ce roman avec un fantôme, Antonin qui se retrouve prisonnier dans la maison où il a été tué puis abandonné à l'oubli. il va réussir à sortir de son isolement grâce à un ordinateur et ainsi se mettre a écrire une histoire qu'il va proposer à plusieurs maisons d'édition. 

Son livre va être publié et une lectrice à l'autre bout du monde va prendre contact avec lui. 

Ces deux âmes perdues vont se comprendre, communiquer...


Ce que je retiens de cette lecture...

J'avoue avoir été surprise d'entrée de jeu par le point de vue choisi pour raconter cette histoire de spectre et par le fond assez sombre de ce récit. 

Nos jeune héros Antonin, Emilia, mais aussi Leï, tous les trois des êtres de papier sont des écorchés de la vie. Leur mal-être et leur détresse ne sont pas feints, ils nous troublent et nous questionnent. 

Antonin nous raconte assez rapidement ce qu'il a conduit à sa condition d'esprit en peine, privé de liberté entre la vie et la mort. Il est le personnage le plus attachant. Emilia est souvent exaspérante, loin de la fille parfaite et délicate, elle est assez égoïste, toujours angoissée. Et pourtant, elle arrive à nous communiquer ses ressentis, ses états d'âme que l'on finit par comprendre. 
L'on ne peut pas dire que cela soit une lecture joyeuse mais la fin apporte une touche positive dans ce récit amer et sans concession. 

La plume d'Eric Sanvoisin est toujours aussi alerte et un brin poétique. C'est un conteur, comme le chien, il enchâsse les histoires qui sont des miroirs les unes pour les autres avec maestria. J'ai beaucoup aimé d'ailleurs les inserts de petites fables au milieu du roman, lui-même à l'intérieur du roman. Cette mise en abîme est en adéquation avec le vertige angoissant que les héros connaissent à l'intérieur de leur âme. 

J'ai apprécié de découvrir ce récit fantastique où la relation des personnages et leur ressentis sont mis en valeur et questionnent le lecteur, ne le laissent pas indemne.


samedi 23 novembre 2019

Les Aventures occultes de Lady Bradsley #PLIB2020

Editions du 38
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Les Aventures occultes de Lady Bradsley
Olivier Saraja
Editions du 38
avril 2019
344 p.
#ISBN:9782374536743


Le texte d'éditeur

 Lady Bradsley est une jeune veuve douée de talents particuliers : elle parle aux morts, elle décrypte les souvenirs qui imprègnent les lieux qu’elle visite. Que ce soit au service de la Couronne britannique, du British Museum ou encore pour ses intérêts personnels, elle sillonne le monde du début du XXe siècle, en proie aux rivalités coloniales entre l’Angleterre, la Belgique et la France, pour résoudre les mystères occultes qui s’offrent à elle. Mais tandis que le spectre de la première guerre mondiale se profile, comment gérera-t-elle sa malédiction personnelle ? En effet, Lady Bradsley est elle-même hantée par Henry, le fantôme de son mari, dont l’amour est si fort qu’il transcende les frontières entre les mondes.

Quelque part entre Adèle Blanc-Sec et la nièce imaginaire d’Indiana Jones, nous vous invitons à prendre place à ses côtés dans ces aventures qui la mèneront de Hong Kong à Londres, en passant par le Népal, Baghdad ou encore la colonie du Dahomey, en Afrique. Le monde et ses mystères occultes ne sont pas assez grands pour les talents médiumniques de Lady Bradsley !

Le contexte de lecture

Lu dans le cadre de l'épreuve contre la montre du 8 novembre au 15 novembre, du #PLIB2020.


PLIB
 Ce que je retiens de cette lecture...

 Le contexte historique

Nous avons là une intégrale des chroniques de la célèbre médium Lady Bradsley de 1904 à 1916.
Nous sommes à l'époque du colonialisme européen, fortement marqué dans les différents lieux traversés : Hong Kong et sa révolte des Boers, les hautes montagnes du Népal et sa légende du Yéti, le Dahomey africain et ses esprits animistes. L'on retrouve également l'attrait de l'époque pour l'archéologie avec les fouilles au Moyen-Orient, l'engouement pour les cabinets de curiosités et les séances d'hypnose ou d'occultisme à Londres.

 L'atmosphère fantastique

L'auteur nous entraîne dans les différentes croyances du monde des esprits fantômes asiatiques avec des objets envoûtés et des monstres spectraux maléfiques, des entités puissantes enfermés dans des urnes funéraires comme les djinns des lampes magiques, des fantômes de lion et de reine maudite et guerrière, le spectre frappeur d'une jeune fille sacrifiée, des êtres de légende comme le yéti...

 Les personnages

J'ai adoré voyager d'énigmes en résolutions à travers ce monde désuet et suranné avec une Lady loin d'être précieuse, érudite et aventurière au fil de ses rencontres avec l'au-delà spirite. J'aime le sang froid de cette héroïne qui pourtant  est de feu lorsque sa famille est en danger et lorsqu'elle est fasse au fantôme de son mari très tôt disparu.
Elle est un mélange d'Indiana Jones avec ses aventures rocambolesques et dangereuses mais aussi de Sherlock Holmes par la méthode et la tenacité, toujours accompagné de son fidèle Watson, Xiao, son associé,  ici un érudit en sciences occultes et fin connaisseur de la culture asiatique.

L'écriture

J'ai trouvé que l'approche sous forme de chroniques dynamise le récit et laisse des ellipses qui sont des respirations bienvenues entre chaque aventure. On ne s'ennuie pas une seconde et l'on plonge facilement dans chaque enquête avec le fil rouge de la relation de Lady Bradsley avec son mari défunt Henry. C'est intrigant et pleins de rebondissement avec une écriture qui dose à la perfection les éléments fantastiques.

Lady Bradsley est une aventurière sensible aux pouvoirs médiumniques particuliers dont elle use pour libérer les fantômes et braver les esprits maléfiques. Elle traverse le monde entier, telle une Indiana Jones au féminin avec témérité, enquêtant avec sang froid au milieu de flux spirites. Des mésaventures dépaysantes avec un léger accent suranné, addictives et bien menées.

mardi 23 juillet 2019

Destins obscurs


Crédits : L'Ivre Book
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 Destins obscurs
Marielle Ranzini
L'Ivre Book poche
avril 2017
85 p. 


Le texte d'éditeur

Ce sont huit nouvelles qui vous attendent. Huit histoires aux destins troubles, énigmatiques. Des contes inquiétants, souvent tragiques, venus d’un autre ailleurs, d’un autre temps.


 Les petites histoires

Cache-cache : un Alice de l'autre côté du miroir cauchemardesque.

Eléonore l'Aveugle : une nouvelle fantasy sombre avec un combat avec des sorcières et métamorphes.

A chacun son enfer : dans la tête d'un fou ? Une histoire de mort.

Une histoire de naphtaline : dans la tête d'un chat qui comprend le langage des hommes et s'inquiète de la disparition d'humains et animaux du quartier, avons-nous à faire à un serial killer ? 

Zoom : un tour à la fête foraine aux stands des automates et des horreurs spectaculaires : qui a dit que la curiosité est un vilain défaut ? 

Extraction profane : ou quand le diable est là, ferme ta porte à double-tour... mais ne rêve pas trop, il arrive toujours à ses fins ! 

Funeste pénitence : une poésie macabre pour un combat meurtrier

Une âme grise : une histoire de fantôme errant, d'amour et de faucheuse.


Ce que je retiens de ces textes...

Des nouvelles à vous glacer le sang dans des univers différents de fantastique, de fantasy voire de science-fiction, de steampunk, de diablerie et de guerre. On se retrouve dans la tête d'une jeune fille effarée qui a voulu traverser le miroir, telle Alice, de celle d'une métamorphe au coeur d'un hiver glacial, d'un chat comprenant le langage humain, d'un homme acculé par des "extraterrestres", d'un journaliste un peu trop curieux, d'une femme à l'agonie, d'une âme noire, pour finalement être le lecteur témoin d'un amour impossible au-delà de la mort...

L'autrice  met le lecteur au coeur des émotions éprouvées par ses personnages (sauf dans la dernière nouvelle). Nous adoptons le point de vue du protagoniste, sans distance, ce qui décuple le ressenti.
L'écriture est fluide, souvent poétique et diablement retorse. L'autrice nous entraîne très facilement dans ses univers torturés, l'immersion est immédiate et souvent glaçante, parfois brûlante. L'émotion est là, vive, intense. Avec concision, elle nous enchaîne avec ses mots ensorcelants, prenez garde !

lundi 22 juillet 2019

Quatre soeurs, tome 4 : Geneviève


Crédits : Rue de Sèvres
Quatre sœurs, tome 4 : Geneviève 
Malika Ferdjoukh
Cati Baur
Rue de Sèvres


Le texte d'éditeur
 
Dans ce quatrième et dernier tome, tous les cœurs battent la chamade au rythme d'un été plutôt mouvementé ! Geneviève vend des glaces sur la plage, et fond pour Vigo, le beau ténébreux aux manières très singulières. Hortense et Enid jouent à Robinson sous les toits de Paris. Quant à Bettina, partie camper en compagnie de Denise et de Béhotéguy chez une cousine invisible, elle essaie d'oublier Merlin...
Charlie, elle, ne sait absolument plus où son coeur se pose...


Ce que je retiens de ce tome...

 J'ai choisi de lire ce tome en été en raison de sa couverture (plusieurs challenges validés) et il me permet de valider le Femini Book  de juillet avec un graphique.

Je suis ravie de découvrir Geneviève qui est somme toute assez discrète dans les tomes précédents. Elle est généreuse, travailleuse et aux petits soins pour ses sœurs.  Nous sommes en été, et elle travaille sur la plage à la vente de glace. Elle va alors rencontrer un garçon mystérieux. On suit également Charly à la villa, Bettina et ses amis en vacances à la ferme, Hortense et Eden à Paris. Tout ce joyeux monde finira les vacances ensemble avec quelques rustines en plus sous le regard bienveillant de leurs parents fantômes.

J'adore cette famille de frangines, on est toujours entre rires et larmes, dans l'émotion et j'adore avoir le coeur qui palpite pour ces bouts de femmes. Les dessins de Cati Baur servent magistralement le texte de Malika Ferdjoukh. Une lecture idéale pour l'été. 

Une saga que j'adore. Le personnage de Geneviève apparaît avec toute sa générosité. Les autres sœurs ne sont pas en reste et l'amour plane sur la bâtisse de de Vill'Hervé. Il semblerait que ce soit le dernier tome et Charly, alors ? Je suis triste de quitter cette famille déjantée et très attachante.

mardi 9 juillet 2019

L'Ombre de l'Ankou


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L'Ombre de l'Ankou
Jean Vigne
Editions du Chat Noir
Chatons hantés
février 2018
127 p.

Le texte d'éditeur

 Lotie, petite Parisienne de 11 ans, déménage pour la Bretagne. Une terre de légendes, lui disait-on. En guise de légende, la voilà dans un vieux manoir perché tout au bout du monde. Une bâtisse poussiéreuse, perdue sur une lande désertique. Pas de quoi enchanter la jeune fille. Elle va s’ennuyer ferme ici, sans ses amies, c’est certain. S’ennuyer ? C’est sans compter sur l’arrivée d’une étrange créature. Une silhouette encapuchonnée, armée de son immense faux, dressée sur ce bateau illuminé par cette seule lanterne. Qui est ce redoutable inconnu ? Pourquoi revient-il chaque nuit sur cette plage de galets ?

La petite histoire

Lotie, 11 ans, quitte Paris pour venir s'installer en Bretagne, dans un manoir à fleur de falaise. Rien de bien réjouissant pour la jeune fille. Mais il faut passer par là, si elle veut que sa maman retrouve des forces et lutte contre son cancer vampirique. Lotie va faire de mystérieuses rencontres dans ce petit bout de terre entre ciel et mer.

Ce que je pense de cette lecture...

Nouvelle lecture de la collection "chatons hantés" que j'affectionne particulièrement.  Cette collection s'adresse plus particulièrement à un public 10-13 ans mais peut être appréciée bien au-delà. 

Première lecture de l'auteur SFFF Jean Vigne.

 Les illustrations oniriques de Mina M. proposent un supplément d'âme à ce petit fantastique autant avec la couverture mystérieuse et aux couleurs nuit qu'avec les médaillons et autres illustrations pleine page en noir et blanc intérieurs.
 Le récit est construit comme un journal intime tenu par la jeune Lotie. Ses digressions et autres remarques sur la vie quotidienne et sa famille apportent fraîcheur et sourire.
Légèreté, spontanéité adoucissent les sujets difficiles du deuil et de la maladie présent dans le récit. 
Enfin la touche fantastique est bien dosée entre rêve, imagination débordante et légende bretonne.

Une légende bretonne : l'Ankou, une jeune adolescente, un cancer, un fantôme : un petit cocktail pétillant comme son héroïne pleine de vie et d'imagination.

lundi 25 février 2019

La Fille qui tressait des nuages #PLIB2019


©Editions du Chat Noir
☁ ☁ ☁ ☁
 
La Fille qui tressait les nuages
Céline Chevet
 Les Éditions du Chat Noir
Neko
juin 2018
288 p.
#ISBN9782375680797


La petite histoire

Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
 
Contexte de lecture

Une lecture du#PLIB2019 : une découverte inattendue, surprenante et lancinante.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La plume de l'autrice est soignée, avec de magnifiques envolées poétiques dans une histoire tragique. De plus, l'autrice construit son intrigue et nous plonge dans une spirale infernale de plus en plus sombre avec des rebondissements qui réorientent le point de vue du lecteur à chaque fois sur une nouvelle piste. J'aime le traitement de l'atmosphère qui entoure les personnages, toujours en accord avec leurs émotions. L'auteure file les métaphores dans son texte ciselé.

"Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées."

[spoiler]
Elle aborde une thématique lourde celle du viol d'une enfant qui a des répercussions sur les générations suivantes. C'est l'histoire de Yuki, une enfant abusée, puis abandonnée qui engendre une succession de malheurs pour venger sa misérable vie. 
Et c''est Julian, un personnage qui n'appartient  pas à la famille maudite qui partage ses émotions, ressentis et visions avec le lecteur. Par le prisme de ses yeux, la réalité est distordue et il recrée tout un univers autour de lui où les éléments, les objets ont une vie propre et participent de l'atmosphère pesante de l'histoire. 

https://www.editionsduchatnoir.fr/


J'ai du mal à cerner Akiko, personnage insaisissable dans le récit, comme pour le lecteur. Elle semble ne pas avoir de consistance, de réalité propre. Elle semble n'exister que par et pour Julian, et encore avec difficulté pour lui aussi. Elle l'aide pourtant à lever le voile de ce secret familial macabre.

 "Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps."


Haru est l'autre pendant féminin qui gravite autour de Julian et tresse les nuages et  caresse les chats, évoluant tel un rayon lumineux, tentateur, boudeur autour du jeune homme.

Les deux autres jeunes de l'histoire sont Souichiro et sa sœur. Souichiro est très charnel et désinvolte en apparence. Il est trop mature pour son âge à la recherche d'un contact physique pour exister et être aimé. 
Sa petite sœur apparaît  sous plusieurs facettes lumineuses ou très sombres avant que la réalité éclate en mille morceaux telle une porcelaine translucide et claire qui se casse sur un sol noir, dur et mat.

Les adultes sont tous très négatifs dans cette histoire : lâches, veules, possessifs, cruels, incestueux. Ils ne véhiculent aucun espoir. Seule la mère de Julian présente une figure positive et saine, mais elle a peu de poids dans ce récit. Melle Ikeda est une femme blasée par son travail et désenchantée dans sa vie sentimentale.


" Mais l'on n'est jamais aussi égoïste que lorsqu'on est amoureux. "


Une histoire de possession, de malédiction onirique et à l'atmosphère suffocante qui laisse un goût d'amertume et de tristesse, la dernière page tournée.

Le Garçon de feu

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