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jeudi 29 août 2019

Gardien du temple


Crédits : Antidata

Gardien du temple 
Hervé Mestron
Antidata
juin 2019 
64 p.

Le texte d'éditeur

 Nous retrouvons Ziz, le jeune dealer entreprenant de Cendres de Marbella, à sa sortie de prison.
Physiquement amoché, moralement changé, Ziz retourne dans sa cité, où plus rien n'est vraiment comme avant : le cannabis a été légalisé, bouleversant les habitudes et l'économie locale. Pour continuer son chemin dans ce monde sans pitié, Ziz va devoir trouver autre chose...


 Le contexte de lecture

Merci à la maison d'édition Antidata pour l'envoi de cette nouvelle que j'ai reçu tout récemment. 

Je joins ici mon avis succinct sur la nouvelle qui précède et où l'on retrouve le protagoniste principal : Ziz. Cendres de Marbella : La vie ne fait pas de cadeau à Ziz qui lorgne vers les sirènes andalouses et la blanche pour s'évader de sa banlieue clivante. Un ado en perdition qui se cherche, expérimente. Une écriture alerte. Cette concision sied parfaitement au propos et au personnage.

La petite histoire 

Je retrouve Ziz sortant de prison après 10 ans. Il est détruit par toutes ses années enfermé, maltraité, violé. Il n'a personne vers qui se tourner, pas de famille. Il va échouer dans l'appart de Dick, le dealer local sans boulot depuis la légalisation de l'herbe. 






Ce que je retiens de cette histoire... 


  Beaucoup de violence, un regard désabusé sur le monde, sur la banlieue qui est une prison également. Aucun réconfort pour Ziz n'est envisageable. Il se réinsère professionnellement mais son âme est morte depuis longtemps. 

C'est percutant. Hervé Mestron nous fait suivre cette descente aux enfers d'un jeune homme meurtri, marqué avec un ton cinglant et un cynisme vis-à-vis de la société. La couverture est rouge sang et le propos noir d'encre.



mercredi 14 août 2019

La Tour

Crédits : Voy'[el]
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La Tour
Cécile Duquenne
Voy'[el]
septembre 2015
157 p.

La petite histoire

Jessica est une jeune fille de 16 ans qui se réveille dans un marigot infesté de crocodiles et qui n'a qu'une option : courir, courir vite et grimper toujours sans relâche pour survivre... Pourquoi elle est là ? Elle n'en sait rien.Son instinct lui crie simplement de courir.

Ce que je retiens de ce roman...

 Le contexte de lecture

Ce petit roman est dans ma PAL depuis deux ans, je suis contente de le voir en sortir. J'ai apprécié cette fuite en avant et cette plongée dans les méandres de l'esprit.  

La construction du récit

L'autrice nous plonge d'emblée dans une ambiance nauséabonde et tendue, lugubre et inquiétante. Les sensations et le ressenti de l'héroïne sont très bien décrits et nous font vivre les événements à l'intérieur du corps et de l'esprit de cette jeune fille plus forte mentalement qu'elle n'y paraît. 

J'aime beaucoup le découpage en petits livrets suivant la géographie du lieu : avec des étapes bien marquées, des épreuves qui s'intensifient et les souvenirs qui apparaissent progressivement pour reconstituer un puzzle (métaphore du cheminement personnel).

" La confiance, ce n’est pas « un peu », c’est « tout ou rien », c’est absolu. Ça se donne et jamais ne se reprend. Quand l’autre la trahit, elle est brisée et on ne peut plus rien en faire. Elle ne se reconstruit pas, elle ne peut être réparée."

Les personnages

Le personnage principal est Jessica, une héroïne qui suit son instinct, forte, et de plus en plus déterminée au fil des pages. 
James, le beau ténébreux mystérieux et inquiétant à la fois qui la suit sans discuter.
Jonathan, une autre énigme, coriace et loyal. 
Melvin, exécrable, impulsif qui constitue très vite un autre groupe de survivants. 
Les relations et les liens qui les unit à la tour seront dévoiler tardivement pour plus de surprise. L'autrice accomplit cependant la prouesse en très peu de pages à nous les faire aimer ou détester. 

Un thriller de SF trépidant où l'on suit l'ascension vertigineuse de Jessica, une battante dans une mystérieuse tour pleine de dangers mortels. C'est prenant, haletant : la tension est soutenue dans cette course la montre pour la survie de l'âme.


lundi 25 février 2019

La Fille qui tressait des nuages #PLIB2019


©Editions du Chat Noir
☁ ☁ ☁ ☁
 
La Fille qui tressait les nuages
Céline Chevet
 Les Éditions du Chat Noir
Neko
juin 2018
288 p.
#ISBN9782375680797


La petite histoire

Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
 
Contexte de lecture

Une lecture du#PLIB2019 : une découverte inattendue, surprenante et lancinante.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La plume de l'autrice est soignée, avec de magnifiques envolées poétiques dans une histoire tragique. De plus, l'autrice construit son intrigue et nous plonge dans une spirale infernale de plus en plus sombre avec des rebondissements qui réorientent le point de vue du lecteur à chaque fois sur une nouvelle piste. J'aime le traitement de l'atmosphère qui entoure les personnages, toujours en accord avec leurs émotions. L'auteure file les métaphores dans son texte ciselé.

"Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées."

[spoiler]
Elle aborde une thématique lourde celle du viol d'une enfant qui a des répercussions sur les générations suivantes. C'est l'histoire de Yuki, une enfant abusée, puis abandonnée qui engendre une succession de malheurs pour venger sa misérable vie. 
Et c''est Julian, un personnage qui n'appartient  pas à la famille maudite qui partage ses émotions, ressentis et visions avec le lecteur. Par le prisme de ses yeux, la réalité est distordue et il recrée tout un univers autour de lui où les éléments, les objets ont une vie propre et participent de l'atmosphère pesante de l'histoire. 

https://www.editionsduchatnoir.fr/


J'ai du mal à cerner Akiko, personnage insaisissable dans le récit, comme pour le lecteur. Elle semble ne pas avoir de consistance, de réalité propre. Elle semble n'exister que par et pour Julian, et encore avec difficulté pour lui aussi. Elle l'aide pourtant à lever le voile de ce secret familial macabre.

 "Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps."


Haru est l'autre pendant féminin qui gravite autour de Julian et tresse les nuages et  caresse les chats, évoluant tel un rayon lumineux, tentateur, boudeur autour du jeune homme.

Les deux autres jeunes de l'histoire sont Souichiro et sa sœur. Souichiro est très charnel et désinvolte en apparence. Il est trop mature pour son âge à la recherche d'un contact physique pour exister et être aimé. 
Sa petite sœur apparaît  sous plusieurs facettes lumineuses ou très sombres avant que la réalité éclate en mille morceaux telle une porcelaine translucide et claire qui se casse sur un sol noir, dur et mat.

Les adultes sont tous très négatifs dans cette histoire : lâches, veules, possessifs, cruels, incestueux. Ils ne véhiculent aucun espoir. Seule la mère de Julian présente une figure positive et saine, mais elle a peu de poids dans ce récit. Melle Ikeda est une femme blasée par son travail et désenchantée dans sa vie sentimentale.


" Mais l'on n'est jamais aussi égoïste que lorsqu'on est amoureux. "


Une histoire de possession, de malédiction onirique et à l'atmosphère suffocante qui laisse un goût d'amertume et de tristesse, la dernière page tournée.

samedi 12 janvier 2019

#PLIB2019 La Fille qui tressait les nuages


©Editions du Chat Noir
☁ ☁ ☁ ☁
 
La Fille qui tressait les nuages
Céline Chevet
 Les Éditions du Chat Noir
Neko
juin 2018
288 p.
#ISBN9782375680797


La petite histoire

Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
 
Contexte de lecture

Une lecture du#PLIB2019 : une découverte inattendue, surprenante et lancinante.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La plume de l'autrice est soignée, avec de magnifiques envolées poétiques dans une histoire tragique. De plus, l'autrice construit son intrigue et nous plonge dans une spirale infernale de plus en plus sombre avec des rebondissements qui réorientent le point de vue du lecteur à chaque fois sur une nouvelle piste. J'aime le traitement de l'atmosphère qui entoure les personnages, toujours en accord avec leurs émotions. L'auteure file les métaphores dans son texte ciselé.

"Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées."

[spoiler]
Elle aborde une thématique lourde celle du viol d'une enfant qui a des répercussions sur les générations suivantes. C'est l'histoire de Yuki, une enfant abusée, puis abandonnée qui engendre une succession de malheurs pour venger sa misérable vie. 
Et c''est Julian, un personnage qui n'appartient  pas à la famille maudite qui partage ses émotions, ressentis et visions avec le lecteur. Par le prisme de ses yeux, la réalité est distordue et il recrée tout un univers autour de lui où les éléments, les objets ont une vie propre et participent de l'atmosphère pesante de l'histoire. 

https://www.editionsduchatnoir.fr/


J'ai du mal à cerner Akiko, personnage insaisissable dans le récit, comme pour le lecteur. Elle semble ne pas avoir de consistance, de réalité propre. Elle semble n'exister que par et pour Julian, et encore avec difficulté pour lui aussi. Elle l'aide pourtant à lever le voile de ce secret familial macabre.

 "Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps."


Haru est l'autre pendant féminin qui gravite autour de Julian et tresse les nuages et  caresse les chats, évoluant tel un rayon lumineux, tentateur, boudeur autour du jeune homme.

Les deux autres jeunes de l'histoire sont Souichiro et sa sœur. Souichiro est très charnel et désinvolte en apparence. Il est trop mature pour son âge à la recherche d'un contact physique pour exister et être aimé. 
Sa petite sœur apparaît  sous plusieurs facettes lumineuses ou très sombres avant que la réalité éclate en mille morceaux telle une porcelaine translucide et claire qui se casse sur un sol noir, dur et mat.

Les adultes sont tous très négatifs dans cette histoire : lâches, veules, possessifs, cruels, incestueux. Ils ne véhiculent aucun espoir. Seule la mère de Julian présente une figure positive et saine, mais elle a peu de poids dans ce récit. Melle Ikeda est une femme blasée par son travail et désenchantée dans sa vie sentimentale.


" Mais l'on n'est jamais aussi égoïste que lorsqu'on est amoureux. "


Une histoire de possession, de malédiction onirique et à l'atmosphère suffocante qui laisse un goût d'amertume et de tristesse, la dernière page tournée.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...