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dimanche 8 mars 2020

La Forêt des Gardiens

Editions du 38
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La Forêt des Gardiens
Marie-Catherine Daniel
Editions du 38
collection du Fou 
septembre 2019
302 p.

La petite histoire

Dans la forêt de fin d’automne de la planète PèreMère, Méi, 15 ans, est initiée à la télépathie. Est-elle vraiment assez responsable pour l’assumer ?
Dael s’inquiète que son amie de toujours devienne adulte avant lui. Et si le changement creusait un fossé entre eux, et si elle se moquait des nouveaux sentiments qu’elle provoque en lui ?

À 10 ans, Nori est déjà un excellent forestier. Si les horribles mentaloups ne l’obligeaient pas à rester sous la protection télépathique des adultes, il explorerait la forêt de fond en comble.

Arinou adore Dael et Nori, ses grands frères, et sa grande amie, Méi. Certes, ils exigent souvent qu’elle se lave les cheveux, mais ils la laissent éplucher les pomterres pour la soupe et lui apprennent à naviguer en canoë et à pêcher la truite.

Et puis, tout bascule...



Une maladie inconnue et mortelle se répand de village en village. Ils sont les seuls à ne pas être contaminés. Ils vont affronter l’hiver, les prédateurs mentaux et les renégats humains pour trouver les mythiques félis, Gardiens de la planète, et tenter de sauver leurs familles.

 Ce que je retiens de cette lecture...

 Le récit se divise en trois parties qui vont jalonner l'évolution des enfants livrés à eux-mêmes depuis qu'une épidémie mortelle et très contagieuse à toucher les villages des humains. 
Un rythme soutenu nous maintient en haleine dans ce récit de survie dans une nature de plus en plus hostile en raison de la venue de l'hiver. Les humains vivent dans un monde dépourvu de technologie au plus proche de la nature comme les peuples inuits mais dans cet univers de fantasy les humains sont dotés à l'adolescence d'une crête télépathique qui leur permet de mieux se défendre contre les mentaloups notamment dévoreurs d'énergie psychique. Il existe également les Félis, les Gardiens de la forêt très mystérieux. 
 J'aime beaucoup l'ambiance créée avec le rapport étroit à la nature, aux saisons.
C'est un récit initiatique pleins de rebondissements avec un quatuor attachant composé d'une jeune télépathe adolescente Méi courageuse et au fort pouvoir psychique, Dael un jeune adolescent non initié (non encore télépathe) protecteur et amoureux de Méi, et enfin le petit frère de Dael,  Nori débrouillard et au sens pratique fort développé et enfin la petite soeur de Dael, la benjamine du groupe, Ari joyeuse et au caractère bien affirmé pour son jeune âge. 

Un bon roman jeunesse de fantasy avec une trame initiatique assez classique et des personnages bien construits dans un univers lui aussi bien structuré. J'ai passé un très bon moment de lecture avec Méi, Dael, Nori et Ari.

mercredi 14 août 2019

La Tour

Crédits : Voy'[el]
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La Tour
Cécile Duquenne
Voy'[el]
septembre 2015
157 p.

La petite histoire

Jessica est une jeune fille de 16 ans qui se réveille dans un marigot infesté de crocodiles et qui n'a qu'une option : courir, courir vite et grimper toujours sans relâche pour survivre... Pourquoi elle est là ? Elle n'en sait rien.Son instinct lui crie simplement de courir.

Ce que je retiens de ce roman...

 Le contexte de lecture

Ce petit roman est dans ma PAL depuis deux ans, je suis contente de le voir en sortir. J'ai apprécié cette fuite en avant et cette plongée dans les méandres de l'esprit.  

La construction du récit

L'autrice nous plonge d'emblée dans une ambiance nauséabonde et tendue, lugubre et inquiétante. Les sensations et le ressenti de l'héroïne sont très bien décrits et nous font vivre les événements à l'intérieur du corps et de l'esprit de cette jeune fille plus forte mentalement qu'elle n'y paraît. 

J'aime beaucoup le découpage en petits livrets suivant la géographie du lieu : avec des étapes bien marquées, des épreuves qui s'intensifient et les souvenirs qui apparaissent progressivement pour reconstituer un puzzle (métaphore du cheminement personnel).

" La confiance, ce n’est pas « un peu », c’est « tout ou rien », c’est absolu. Ça se donne et jamais ne se reprend. Quand l’autre la trahit, elle est brisée et on ne peut plus rien en faire. Elle ne se reconstruit pas, elle ne peut être réparée."

Les personnages

Le personnage principal est Jessica, une héroïne qui suit son instinct, forte, et de plus en plus déterminée au fil des pages. 
James, le beau ténébreux mystérieux et inquiétant à la fois qui la suit sans discuter.
Jonathan, une autre énigme, coriace et loyal. 
Melvin, exécrable, impulsif qui constitue très vite un autre groupe de survivants. 
Les relations et les liens qui les unit à la tour seront dévoiler tardivement pour plus de surprise. L'autrice accomplit cependant la prouesse en très peu de pages à nous les faire aimer ou détester. 

Un thriller de SF trépidant où l'on suit l'ascension vertigineuse de Jessica, une battante dans une mystérieuse tour pleine de dangers mortels. C'est prenant, haletant : la tension est soutenue dans cette course la montre pour la survie de l'âme.


dimanche 11 août 2019

La Tour sans fin


Crédits : Scrineo
🤖🗿🍃✂
La Tour sans fin
Pascal Brissy
Scrineo
avril 2019
127 p.

La petite histoire

Titus Prime, jeune garçon doué en informatique, vient d'avoir 13 ans et est promu jeune ambassadeur de Babel 232. Mais à peine est-il arrivé au niveau supérieur que son protecteur le consul Jasper est empoisonné et qu'il est accusé du crime. Commence alors pour lui une descente vertigineuse dans la tour où il fait la connaissance de Rukia, une rebelle clandestine du lieu. Titus n'aura alors de cesse de prouver son innocence. 

Ce que je retiens de cette histoire...

L'auteur nous happe d'entrée de jeu et on n'a pas le temps de souffler dans cette course-poursuite plongeante dans les entrailles de Babel 232, une des tours vertigineuses de la planète Terre polluée il y a de cela des lustres et dont l'air est irrespirable pour les humains et animaux. 

Titus Prime ne doit sa survie qu'à sa vivacité et son intrépidité mais aussi à une sauveteuse inattendue Rukia, jeune fille volontaire, hargneuse et très futée. Lors de cette descente nous allons rencontrer des personnages hauts en couleur : un cyborg colossal Atlas plus que déterminé à attraper Titus, un gamin des égouts,Flip accompagné d'un rat Slime, Mama Zonga,  raffolant des énigmes chef d'un réseau  clandestin. 

En quelques pages, l'auteur réussit la prouesse de nous faire aimer ses personnages, d'être accro à son récit où complots, amitiés et trahisons se succèdent et c'est là que je me dis que j'aurai bien pris quelques pages de plus pour ne pas quitter si vite les personnages et les voir explorer un peu plus ce monde futuriste. 

 Une aventure à découvrir à mettre en parallèle avec les clefs de Babel de Carina Rozenfeld ou encore la citadelle du vertige de Grousset ou bien Les Filles de la pluie de Jérôme Leroy.

Un régal donc que je conseille à tous les aventuriers et joueurs de "shifumi"  dès 9 ans.


samedi 22 juin 2019

#PLIB2019 Le Dieu oiseau



 🥚🥚🥚🥚
Le Dieu oiseau
Aurélie Wellenstein
Scrineo
mars 2018
352 p.
#ISBN9782367405827

Le texte d'éditeur

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

La petite histoire

Nous suivons le destin tragique de Faolan, esclave d'un clan violent et cannibale et surtout de Torok, l'héritier du clan du Bras de Fer. Faolan va vivre une véritable quête pour se libérer de ses démons intérieurs et survivre lors d'épreuves plus éprouvantes et violentes les unes que les autres.

Ce que je retiens de ce roman...

 La couverture 

Je m'arrête un instant sur cette couverture qui à la fin de la lecture prend tout son sens. Aurélien Police réalise une illustration symbolique et narrative à la fois. Les couleurs qui dominent noir et rouge donnent le ton de l'ambiance sanglante et empreinte de noirceur de ce récit.

L'univers créé

L'autrice Aurélie Wellenstein a mêlé une légende de l'Île de Pâques avec un dieu oiseau et la recherche d'un œuf régie par des épreuves aux sacrifices humains aztèques. L'atmosphère est suffocante, sombre et ensanglantée tout du long. Elle excelle à nous plonger dans une ambiance angoissante et hallucinatoire trouble. 

L'intrigue

Les chapitres nous entraînent crescendo et de façon spiralaire dans les Enfers (dignes de ceux de Dante) à chaque étape, une fascination horrifique nous pousse à tourner les pages à la suite de Faolan s'enfonçant dans le labyrinthe de son esprit.

Les personnages

Faolan est un jeune homme meurtri, traumatisé par dix ans de tortures morales et physiques et un désir de vengeance qui le dépasse. Son esprit est rongé par la folie. On le suit ne sachant pas quelles vont être ses actions. Il est fragile, fébrile, halluciné, à fleur de peau, écorché.

Torok, le tortionnaire est représenté à travers le regard de sa  victime comme étant une force brute, calculateur, il  fascine et écœure tout à la fois Faolan. 

L'écriture

Aurélie Wellenstein donne à voir l'impensable, l'indicible et surtout elle décortique l'esprit malade et massacré de Faolan. Elle propose de plonger dans les méandres des pulsions, émotions et raisonnements d'un être privé de liberté, d'amour et elle montre les conséquences désastreuses de la barbarie subie. Elle le fait avec un style fluide et une construction qui nous happe.

Descente aux Enfers avec ce roman fantasy qui me laisse à chaque chapitre tendue, pantelante, la gorge sèche. Violences et traumatismes jalonnent le récit jusqu'à l'étourdissement. J'ai "apprécié" (pas le terme qui convient) me retrouver dans la tête de Faolan pour visualiser les mécanismes qui régissent son cerveau meurtri. La torture morale a laissé des séquelles irréversibles. Hallucinant...

vendredi 1 mars 2019

Saga, tome 2

 
Source : Urban comics
 🚀🚀🚀🚀🚀
Saga, tome 2
Brian K.Vaughan 
Fiona Staples 
Urban comics (Urban Indies)
Septembre 2013
144 p. 
 
La petite histoire
 
Loin dans l'espace , dans un vaisseau-plante nous retrouvons Alana, Marco et Hazel qui viennent tout juste de faire une rencontre fracassante avec les parents de Marco. L'action va vite prendre le dessus.  On va découvrir le passé de nos deux amoureux et de nouveaux personnages hauts en couleur.
 
Ce que je retiens de ce tome...
 
J'ai adoré retrouver cette famille atypique rejointe par les grand-parents qui bataillent pour survivre et des mercenaires en plein doute existentiel. De la violence, certes, mais une richesse de mondes, de créatures que je trouve hallucinante et un tourbillon de couleurs magique. Ça secoue, ça ébranle et ça fait du bien.

samedi 27 octobre 2018

L'Appel de la forêt de Jack London

©Gallimard jeunesse

 🌰🍄🍎🍁

L'Appel de la forêt (ou l'appel sauvage)
Jack London
Gallimard jeunesse (Folio junior)
1986 (1903) 
192 p.

La petite histoire

Admiré par tous et choyé par son maître, le chien Buck n'a vraiment pas de raison de se méfier des humains. Un homme va pourtant l'arracher à son foyer ; un autre va lui enseigner la dure loi du plus fort. Devenu chien de traîneau, Buck découvre la violence, le goût du sang. Des rivalités déchirent la meute dont il fait maintenant partie. Alors que Buck s'éloigne de la civilisation, une voix venue de la forêt éveille dans sa mémoire l'appel de la nature, puissant, irrésistible...

 Contexte de lecture

Relecture avec mon fils à deux voix. Je l'ai inclus dans le Pumpkin Autumn challenge, menu douceur de vivre : pomme au four (rappel de l'enfance).

Ce que j'ai pensé de cette relecture...

J'avais oublié que le roman était aussi violent et triste. 
 Un livre édifiant sur la cruauté des hommes et l'âpreté de la vie pour les chiens à l'âge de la ruée vers l'or. Un magnifique hymne à la nature sauvage belle mais hostile. La violence et la survie sont les maîtres-mots de cette histoire. Buck est un survivant du Klondike.



dimanche 19 août 2018

Métro Z


©Rageot
💀💀💀💀
 Titre : Métro Z
Auteur : Fabien CLAVEL
Maison d'édition : Rageot (thriller)
Date d'édition : juin 2014
Nombre de pages : 215

Lecture effectuée dans le cadre de la sélection pour le deuxième Prix Les Imaginaires. 
Voir ici l'organisation de ce prix qui s'adresse aux adolescents :  http://blogsenclasse.fr/23-benevent-college-les-imaginaires/

 La petite histoire


Emma est excédée quand son métro reste bloqué à la station Châtelet. Déjà qu'elle doit s’occuper de Natan, son petit frère autiste... Quand une explosion retentit dans le wagon voisin, elle se rue, paniquée, dans les couloirs envahis par une épaisse fumée jaunâtre. Emma réalise que tous les accès sont condamnés et que Natan n’est plus avec elle ! Partant à sa recherche, elle observe le comportement étrange et terrifiant des autres passagers : indolents, marmonnant, les yeux dans le vague…
 Ce que j'ai pensé de ce roman...

  Je ne suis pas une adepte du genre Z. Les morts-vivants et le cannibalisme et la violence qui accompagnent ces créatures n'est pas trop ma tasse de thé. Mais j'ai réussi à passer mon dégoût grâce à une action prenante avec des thématiques qui m'ont intéressées : tractations politiques pour étouffer l'affaire, manipulation du public par la désinformation, traitement du terrorisme.

Un peu de frissons, de l'action, des personnages attachants avec Emma, Natan, son frère autiste et C'byl, une graffeuse qui n'a pas froid aux yeux. Du suspense et de l'émotion grâce à une intrigue bien amenée, rien de mieux pour cette histoire de zombies s'adressant à  un public ado, amateur de sensations glaçantes.

 Nous assistons à une virée aux enfers (métro parisien, huis clos cauchemardesque et glauque) qui permettra au final à un frère et une sœur que tout oppose de se retrouver.
Claustrophobes et zombiphobes s'abstenir ! L'hémoglobine et l'adrénaline font bon ménage dans ce thriller flippant où l'instinct de survie est le seul moyen de rester en vie.

Petit bonus : l'on retrouve , adulte l'héroïne de Décollage immédiat, Nuit blanche au lycée et Captive , Lana Blum, ici personnage providentiel qui va donner un coup de pouce à nos jeunes survivants de cette contagion zombie.

" D'abord une lumière. Ensuite un bruit épouvantable.
Puis, tout le monde est jeté par terre. Quilles de bowling renversées par une boule invisible.
Emma ne maitrise plus rien. Son corps réagit à sa place. Elle voit ses mains se tendre pour amortir le choc avec le sol. Mais il est déjà semé d'individus enchevêtres, sorte de tas informe d'où émergent des bras et des jambes. Curieusement, elle ne distingue aucune tête.
C'est peut être un cauchemar..."


lundi 13 août 2018

Moana 1 : la saveur des figues


©Castelmore

 ❤❤❤❤



Titre : Moana, tome 1 : la saveur des figues 
Autrice : Silène EDGAR
Maison d'édition : Castelmore
Date de publication : février 2018 (1ère édition : 2010)
Nombre de pages : 281 p. 


La petite histoire

La Polynésie où vit Moana est désormais couverte de neige.
Et le monde, en proie à un terrible refroidissement, doit être repeuplé de toute urgence. C'est pour cela que Moana devra bientôt se marier et avoir des enfants. Mais Moana a un secret, son arrière grand-mère, Mémine, qui reste cachée à la maison pour ne pas être envoyée comme tous les anciens dans une maison du souvenir. Mémine raconte à Moana sa jeunesse, et comment était le monde, avant la terrible catastrophe.
C'est probablement ce secret qui donnera la force à Moana de refuser sa vie toute tracée et de partir à l'aventure...



 L'intrigue et les thèmes abordés

Moana est un récit post-apocalyptique : de milliards, les hommes sont passés à une population de quelques millions : la cause ? Elle n'est pas très bien explicitée, elle reste flou : changement climatique brutal... Il est ici question de survie dans un monde ravagé, froid ou l'agriculture vivrière est sommaire. Par ailleurs, la rareté de la nourriture augmente la corruption, les confiscations et les restrictions et impose un eugénisme ignoble des personnes de plus de soixante ans, détentrice de la mémoire de l'ancien monde.  Enfin, le gouvernement mondial impose aux filles en âge de procréer de se consacrer au plus tôt à cette tâche pour repeupler les terres au risque de pénaliser alimentairement parlant leur famille. 
Tout cet univers créé par l'autrice nous jette d'emblée dans une ambiance glaciale alors que le titre et la couverture nous promettait chaleur et soleil. Mais cette chaleur et ce côté solaire nous allons le retrouver avec les personnages de Moana et de sa grand-mère Mémine.


 Les personnages

Moana est solaire. C'est un personnage très positif, réchauffer par les histoires de sa grand-mère, elle est curieuse, pétillante, souriante et libre. Sa vivacité d'esprit la conduit à être une excellente élève. Ses qualités vont la conduire à des choix difficiles mais elle va assumer ses actions au fur et à mesure de son parcours à travers le monde, ce monde perverti qu'elle découvre d'abord sur son île, puis en bateau et à travers les terres qu'elle traverse. Ce road trip avec sa grand-mère est un véritable odyssée de Charybde en Scylla, du Sud vers le Nord : la Corse, en pleine zone glaciaire.   


 L'écriture

Silène Edgar enfile les chapitres comme des perles de Tahiti. On ne s'ennuie pas une seconde. C'est trépident, avec des rebondissements, des rencontres. On sort d'un huis clos étouffant avec l'île et la famille pour la mer et la liberté, mais là encore Moana et sa grand-mère connaissent l'enfermement, le confinement pour plonger ensuite dans une autre forme d'emprisonnement. Mais toutes ses contraintes renforcent leur révolte et leur soif de liberté.

Ce que je retiens de ce premier tome...

Moana est un tome qui se suffit à lui-même et peut être apprécié tel quel avec ce voyage initiatique à la recherche de ses racines pour Moana et les retrouvailles d'un amour perdu pour Mémine. C'est l'amour qui domine ce tome et est le moteur de cette aventure. La condition féminine est ici malmenée et amène réflexions et empathie.
Je lirai sans aucun doute la suite que je possède déjà pour voir vers quels horizons Moana va guider ses pas.

mercredi 4 avril 2018

La Sagesse de wombat

©Gautier-Languereau
❤❤❤❤❤

La Sagesse du wombat, Michaël MORPURGO, 

Christian BIRMINGHAM, Gautier-Languereau, 1999, 30 p.

La petite histoire

Nous suivons un jeune wombat dans son quotidien, très 

casanier et plan-plan. Pourtant, cet animal placide va se 

révéler sage et héroïque lorsqu’un incendie va ravagé la 

plaine.

 
 Le contexte de lecture


J’ai emprunté cet album à la bibliothèque pour découvrir le 

wombat, c’est animal australien méconnu.

 
Les auteurs


Michaël Morpurgo est un auteur de littérature jeunesse fort 

connu, qui aime introduire des animaux dans ses récits 

comme dans Cheval de guerre, Enfant de la jungle, Un aigle 

dans la neige

©Gallimard jeunesse
Christian Birmingham a un style bien à lui que j’apprécie tout

particulièrement et que l’on peut retrouver dans l'illustration

de contes. Il amène par ces illustrations toute une douceur et

une magie. Il maîtrise la lumière avec brio.

©GründKaléidoscope/ ©Walker


 L’objet-livre


Magnifique couverture aux couleurs travaillées avec des 

reflets de feu dans les nuages et sur ce wombat au regard

étincelant d’intelligence.
 
Les illustrations sont magnifiques. J'ai adoré parcourir les

pages et découvrir ces animaux.L'illustrateur alternent des 

crayonnés très réalistes et vifs avec des pleines pages à la

lumière hallucinante.


©Chrisitan Birmingham

©Chrisitan Birmingham

©Chrisitan Birmingham




L’intrigue
 

L’écriture de Michaël Morpurgo nous entraîne comme à

chaque fois. C’est un véritable conteur qui sait trouver les m

mots justes pour que l’on se laisse embarqué dans ces 

histoires. Il nous fait découvrir le wombat puis très vite nous 

plonge dans l’urgence de la survie.


Le ressort dramatique est bien tendu et les illustrations de 

Christian Birmingham font le reste. 


 Ce que je retiens de ce livre...


Un album coup de coeur que j’aime pour la corrélation 

histoire-images et pour la découverte extraordinaire de cet 

animal tout particulier le wombat qui aurait bien sa place 

dans la maison Poufsouffle. 

mardi 3 avril 2018

#PLIB2018 Sirius de Stéphane SERVANT (rappel)


©

  🌟🌟🌟🌟🌟

Sirius

Stéphane SERVANT 

épik

Rouergue

août 2017

#ISBN:9782812614330


 "Un poète a écrit ça un jour : Il n'y a pas de chemin. Le chemin, ce sont les traces de tes pas. "


L'Histoire


 Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever Kid. Entre leurs expéditions pour trouver de la nourriture et les leçons données au petit garçon, le temps s'écoule doucement... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route. Il leur faut maintenant survivre sur une terre stérile pleine de dangers

" Kid avait alors compris que la beauté ne pouvait se départir de la liberté. Ce que l'on possède finit par perdre tout éclat. Comme si la liberté était l'essence même de la beauté."

Ma chronique 

 J'ai entendu beaucoup de bien de cette histoire que j'ai voulu découvrir très vite et je ne regrette absolument pas ce choix. C'est un coup de coeur. #PLIB2018 et 
#9782812614330

Un pas après l'autre, l'on suit Avril sur la route périlleuse qui va la conduire à une renaissance en harmonie avec la nature, loin de la violence des hommes. C'est une histoire pleine d'espoir malgré les épreuves douloureuses que traversent les héros de cette aventure, à savoir Avril et son petit frère Kid. 

"Les silences et le mensonge étaient un poison et les mots avaient le pouvoir de consoler."

La couverture et la typographie 

J'aime cette couverture où les deux personnages nous apparaissent tout deux, petits, sur ce chemin qui file vers la montagne, vers la Lune et le ciel sous la constellation du chien et l'étoile la plus brillante  : Sirius.  
Le choix d'une typographie aérée rend très confortable la lecture de ce pavé de plus de 450 pages.
Les chapitres sont courts et permettent eux aussi de découvrir cette aventure aux péripéties multiples, à rapprocher de l'Odyssée d'Ulysse, l'Odyssée de Pi et autres robinsonnades ou récits de survie, sans temps mort. 

" Elle est là, la vraie fin du monde, Avril. Sans amour, le monde est un désert."

Les thématiques et le contenu du livre

L'auteur nous plonge dans un monde qui se dévoile peu à peu et révèle toute sa noirceur. 
La noirceur de l'homme et de ses crimes. Un homme, destructeur de la nature (pollueur, exterminant les animaux,...), auto-destructeur (suicidaire, anthropophage...).  Au milieu de cette humanité déclinante, stérile à cause d'un virus, une poignée d'humains résistent à la folie. 

 " Autour d'eux, tout était blanc, moelleux et immaculé, calme et tranquille. La neige avait ce pouvoir-là. De réenchanter le monde, le plus cruel des mondes."

C'est un récit de survie intense, où les souffrances physiques ( de la faim, la soif et les blessures) ne sont pas épargnées aux divers protagonistes mais les souffrances morales cachées, secrètes, tabous ne sont pas moins dévastatrices. 

 " La violence des mâles humains était inconcevable. 
Quelle autre espèce tuait ses femelles ? "

La folie habite plusieurs personnages où les a habité un moment comme : Darius, Herik, le Conteur, Avril, Rosine. 


" - Mais à quoi ça sert d'être différent ? 
  - Si on était pareils, ce serait ennuyeux, non ? " 

Les animaux quant à eux sont porteurs de vie, d'espoir. C'est grâce à eux que les hommes qui leur font confiance, restent debout et avancent. 

L'univers dans lequel évoluent les héros est détraqué, au niveau du climat (été et froid intense se succèdent dans une même journée), il subit des tremblements de terre quasi quotidiennement, les chutes de météorites s'intensifient et embrasent la planète. Un véritable monde d'apocalypse. Nous sentons comme un compte à rebours enclenché que les numéros de chapitres soulignent, vers une fin du monde annoncée. 


" La Terre était pareille à un cheval rendu fou par un serpent."

 "Appuyé contre le chambranle, il contempla le monde pris sous une gangue de glace qui scintillait dans le soleil du matin. 
Les montagnes enturbannées de neige étaient toutes proches."

Et pourtant, on ne sombre pas dans le désespoir car Avril et Kid tiennent à la vie, s'y accroche viscéralement. 

" - Mais parce que la terre n'est pas comme l'homme.
Elle n'a pas cette conscience qui pousse parfois l'homme au suicide. 
Ce qui est vivant veut rester vivant. La survie est inscrite dans nos gènes."

Les personnages

Nous découvrons de nombreux personnages humains et animaux sans distinction qui sont tous très attachants ou terrifiants. 

Avril est une jeune fille avec la peur au ventre, mais farouche et déterminée. 

" Avril eut l'impression de dormir quelques secondes à peine, le temps d'un battement de paupières, de la chute d'une étoile, d'un baiser sur le front d'un enfant. " 

Kid, un enfant sauvage en harmonie avec la nature et ami des animaux qu'il comprend et avec qui il dialogue en pensée. 
Madame Mô, une vieille femme aveugle et bienveillante.
Sirius, un petit cochon intrépide et plein de vie
Darius le "garçon-mort", au visage à moitié brûlé fou, obsessionnel et destructeur  (chef des Etoiles Noires)
Artos, une ourse patiente et tenace
Jasper et Rosa perdus, affamés, anciennes étoiles noires (brigade de mort)
Esope est l'âne blanc, têtu et acharné

" Esope, dit-on, racontait des histoires où les animaux donnaient des leçons aux hommes. " 

"Esope, tu me dis : 
Le coeur est comme l'homme. Il a besoin de marcher sur les chemins. C'est en marchant qu'il trouve sa route."

Le Conteur, compagnon de route d'Esope, est un ancien écrivain, solitaire et sage


 " Je t'ai dit que les histoires étaient comme un bon bout de pain. Qu'elles pouvaient nous nourrir. Mais il arrive aussi que les mots s'entassent au fond de nous comme des pierres dans un sac. Ils nous entraînent alors vers le fond. " 

"Tu sais d'où vient la tristesse, Avril ? 
Elle vient des silences. Pas des mots."
Nolan et son père Herik ( sournois et fous)
Rafik : un garçon qui survit par les trafics au milieu des réfugiés. 
Un : un rat qui soulèvent ses semblables pour détruire la ville des hommes. 


 " La terre qui avait autrefois le goût des herbes et du lait.
L'odeur de la terre chaude et de la peau tiède." 
Rosine : une vieille femme rendue folle par la solitude
et des animaux toujours bienveillants avec Kid et Avril.

L'écriture de l'auteur


"Au matin, la pointe effilée du soleil trancha les liens du sommeil."

Véritable road trip qui mêle onirisme et réalité brute : un chamanisme à un réalisme sordide. Ce choix, ce mélange crée une atmosphère particulière, au seuil du réel
L'auteur instille des moments de partage autour de la lecture, de la littérature prohibée dans ce monde de peurs et de préjugés ; et on a l'impression que le conte s'invite à des moments dans l'histoire avec la ruée des rats dans la ville qui rappelle Le joueur de flûte de Hamelin ou encore dans la forêt irradiée avec la maison de Rosie qui sent le chocolat et ravive le souvenir de la sorcière d'Hansel et Gretel.  Et j'en passe certainement et des meilleurs...

Le style d'écriture est lui aussi très personnel et envoûtant. Voir les citations que j'ai semées deça, delà dans l'article.


"(...) ils tombèrent dans le sommeil comme on tombe d'une falaise."


" Maintenant le soleil sombrait par-delà la mer des arbres morts. Une énorme boule rouge, zébrée d'éclairs jaunes. Autrefois, Avril n'aurait pas prêté attention à tous ces détails. Elle ne se serait jamais émue d'un coucher de soleil, de la chanson d'une averse, de l'ombre élancée d'un pin."

 Choix de quelques livres de l'auteur à découvrir :  








A mettre en réseau avec Memory de Christine Féret-Fleury, lu récemment, road trip post-apocalyptique à découvrir.


"(...)Comment c'est, de mourir ? 
-  (...) On meurt un peu tous les jours, Kid. Sans s'en rendre compte. C'est pour ça que la vie est précieuse. Qu'il faut en profiter. 
- Alors mourir et vivre c'est la même chose ? 
- Les enfants ne meurent pas, frérot. ils grandissent. 
Kid se releva, il glissa sa petite main dans celle d'Avril. 
- Moi, en attendant d'être mort, j'espère qu'on sera vivants.Tous les deux. très longtemps. "

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...