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mardi 12 mai 2020

#PLIB2020 Le Garçon & la ville qui ne souriait plus


Lynks/ Pocket
❁❁🗡❁❁
Le Garçon & la ville qui ne souriait plus
David Bry
Lynks
janvier 2019 
352 p.
#ISBN9791097434229 

La petite histoire

 Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.
Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et échapper aux terribles Lames Noires, à la solde de l’archevêque de Paris.
Dans un monde assombri par la peur et l’intolérance, le salut peut-il venir de quelques adolescents en quête d’amour et de liberté ?
 

Le contexte de lecture

Lecture dans le cadre du #bingoduplib avec découverte d'un roman de la sélection du #plib2020. Cela fait un moment que je veux découvrir la plume de David Bry et son autre roman Que passe l'hiver me tente beaucoup.

Ce que je retiens de cette lecture...  

L'univers créé

David Bry nous propose de plonger dans le Second Empire mais avec un nouvel Empereur Nicéphore IIIème et une Police de la Norme sous l'égide de l'Eglise qui placarde des interdits et obligations dans toute la ville de Paris en cette année trouble de 1858. 
C'est une sorte d'uchronie qui permet de plonger dans une époque où les inégalités sociales sont criantes dans un Paris de complots et d'illusions. 
Nous suivons Romain, jeune garçon de 15 ans, bourgeois qui, tel un papillon de nuit est attiré vers les lumières et la musique de l'île où se trouve la Cour des Miracles, une foule bigarrée d'estropiés, de marginaux, d'anormaux relégués là par la société.  
Une ambiance de fête semble animer les lieux en totale opposition avec la vie monotone rythmée au métronome dans les quartiers de la haute société parisienne, guindée et frileuse. 

Les thèmes abordés

" je suis convaincu que la différence est justement le fondement de la société. Elle nous enrichit, nous ouvre, des horizons sans limites. Elle nous permet d'envisager plusieurs chemins, de les jauger et d'ensuite prendre le meilleur. Sans différence, la société stagne, n'évolue plus. C'est la mort assurée."

Le thème fil rouge de ce récit est la différence, refoulée, assumée, rejetée, recherchée. Elle s'exprime pleinement dans cette Cour des Miracles sur un îlot de fortune alors qu'elle est volontairement gommée ailleurs dans la capitale. 
Comme le demande Gaspard de Mirieu : 

" - Aimeriez-vous n'être entourés que de personnes complètement identiques à vous ? demande-t-il.
(...)
- Ce serait terrifiant, acquiesce le prince. Il n'y aurait plus d'inconnu. Plus de surprise. Plus d'incertitudes. Plus rien pour nous déranger, nous changer. Nous n'aurions plus besoin de défendre nos avis : nous aurions tous les mêmes. Nous n'aurions même plus besoin d'avoir des avis, d'ailleurs ! Ce serait la fin de ce qui rend chacun de nous unique... et donc absolument indispensables aux autres. "


La composition du récit
 Le récit est entrecoupé de décrets, lettres, extraits d'essai qui apportent judicieusement un éclairage sur les arcanes du pouvoir en 1858, sur le ressenti de certains membres de la famille de Romain notamment.

Les personnages

Nous suivons Romain dans ses agissements, ses choix, ses questionnement. C'est un jeune homme sensible, courageux
et en manque d'affection, en mal être dans la société étriquée qui l'étouffe.
 
"- Je comprends pas qu'tu parles de chez toi comme l'enfer, continue le garçon à la peau d'ébène. T'as tout c'que nous on rêverait d'avoir. T'as un lit, des p'tits pains, des gens qui s'occupent de toi. T'as rien à voler pour le lendemain. Tu dors au chaud quand y caille ou quand le ciel y nous pisse dessus.
Romain se tourne et plonge ses yeux dans les siens.
- Tu as raison, Akou. Mais il me manque une chose. Une seule qui gâche toutes les autres, que vous avez et que moi je n'ai pas.
- Et c'est quoi, ce fameux trésor?
- La liberté."


Son amitié avec Ambroise, le fils du préfet est solide. Ce dernier est un garçon  déterminé, frondeur aussi. 

" Tu es mon ami parce qu’avec toi, il n’y a pas de limite à ce qu’on peut vivre, à ce qu’on peut essayer d’être. Je comprends aujourd’hui pourquoi. Mais ça n’enlève rien. Au contraire. Ça t’ajoute le courage. Alors, pour tout ça, tu es et tu resteras mon ami. Quoi que tu sois."

Lion est un jeune homme de l'île, défiguré mais énergique et d'humeur joviale.
Akou, un noir est le frère de coeur de Lion, un brin froussard, en colère, il soulèverait des montagnes.

Joséphine est un personnage féminin au caractère et aux rondeurs assumés. Elle est une amoureuse de la vitesse et des jolis garçons.
Une galerie riche et diversifiée compose  la Cour des Miracles : du vieux revanchard à la vieille folle, en passant par les gros bras et les chétifs Guenillards, du curé médecin au chasseur énigmatique et dangereux.

La famille de Romain
Adélaïde, la sœur de Romain est un artiste de talent mais non reconnue par ses parents. Elle est assez proche de son frère. 

Isabelle de Sens, aristocrate déchue est une femme en recherche constante de considération et souvent amère. 

Rodéric de Sens, chef de la police de la Norme se réfugie dans son travail et délaisse ses enfants alors qu'il présente une sensibilité à l'art, notamment la poésie.

Les Lames Noires vs Les 30 Opposants
 Dans ce récit deux sociétés secrètes s'affrontent dans les Nuits parisiennes et n'hésitent pas à faire couler le sang. Les Lames Noires servent l’Archevêque dans sa soif "d'épuration". Mais il existe une faction d'érudits et de bourgeois rebelles qui luttent dans l'ombre pour saper le pouvoir grandissant de l'Eglise extrémiste. 

La Police de la Norme applique la loi comme son nom l'indique mais sans zêle particulier. 

La plume de l'auteur

J'ai apprécié la construction du récit avec des chapitres courts qui créent un bon rythme et les illustrations et textes qui donnent de l'épaisseur à l'intrigue. L'auteur nous laisse nous installer tranquillement dans l'ambiance et le contexte historique et puis au fur et à mesure de l'avancée dans le récit la tension monte, les péripéties sont plus nombreuses et périlleuses. Une plume alerte et sensible fort agréable et fluide.

En bref

 Un récit faisant la part belle à la différence et à la farouche envie de la défendre. Une intrigue avec complots, actions, coups bas et moments de grâce et enfin une plume à découvrir à la fois douce et précise, addictive et réflexive. Rejoignez la Cour des miracles révélatrice des hommes et de leurs intentions en cette année 1858 régie par la Norme, pour rallier les Guenillards et les anormaux.






mercredi 5 février 2020

La Street, tome 1 : en mode bolide


Crédits : Magnard jeunesse
🐑🛹🐑🦽
La Street, tome 1 : en mode bolide
Cécile Alix
Illustrations de Dimitri Zegboro
Magnard jeunesse
février 2020
160 p.
ISBN : 9782210968363

Le texte d'éditeur

Moi, c’est Carl, j’ai 11 ans. Dans la vie, y a ceux qui marchent et ceux qui courent. Moi, je roule : grâce à Bernard, mon fauteuil de warrior !
Un jour, ma mère décide qu'on doit déménager pour aller vivre à Paris. C'est la GROSSE PANIQUE !
La ville, ça me paraît trop trop hostile… Heureusement, dans notre nouvel immeuble, il y a Miel et Orel.
Eux aussi, ils roulent : en rollers et en skate. En deux minutes, on devient potes. Et à nous trois, malgré les parents qui nous collent un peu trop et les galères du collège, on devient vite... LES ROIS DE LA STREET !

Le contexte de lecture

Je remercie la maison d'édition Magnard jeunesse pour l'envoi de ce service presse.  




La petite histoire

Carl est un garçon d'une dizaine d'années qui vit avec sa mère à la campagne. Il passe son temps à dessiner ou à vadrouiller dans la nature avec Bernard (son fauteuil roulant) et Oumtiti (son mouton noir). Sa vie sociale est assez réduite mise à part  les congénères de Oumtiti et le Père Morel, un grand-père affectueux qui vit dans la ferme à côté. Carl rend compte dans son journal de ses journées, de sa relation avec sa mère et son affreuse grand-mère Lilith. Mais voilà, sa mère a décidé de revenir dans la capitale pour son travail et "resociabiliser" Carl. 

"C'est vrai que je n'ai pas de potes et que les seuls humains  que je fréquente c'est ma mère et le père Morel. Moyenne d'âge, cinquante-trois ans... A ce rythme-là, pour les anniv', le budget bougies va bientôt dépasser le budget gâteau."

Une nouvelle qui ne plaît pas du tout, mais du tout au garçon en question. Plus de balades en forêt, plus de câlins à Oumtiti mais surtout le regard des autres...



 Ce que je retiens de ce roman graphique...

Carl est un petit bonhomme attachant, spontané, curieux. L'autrice et l'illustrateur croquent des personnages plein de vie, de travers, c'est ce qui fait le croustillant de ce graphique. En peu de mots et de dessins,  on découvre Pauline, une mère affectueuse et impulsive, Lilith, une grand-mère dragon casse-pied, Miel et Oriel, des amis en or, rebelles et francs, un Père Morel  direct et tendre et toute une flopée de personnages divers des gosses de la banlieue, aux professeurs du collège, en passant par les habitants du quartiers parfois rigolos, parfois grinçants. Ce joyeux monde grouille, blablate, gronde des bips et nous font sourire.  



 Une galerie de portraits parfois tendre parfois caricaturale pour rendre compte de relations d'amitié, de tension. 
Une année introductive avec Carl pour passer de la campagne à la ville, du calme de la nature à la frénésie de la Street, de l'école au collège.
Un roman graphique drôle, frais et pétillant avec la plume irrésistible de Cécile Alix et les dessins pêchus de Dimitri Zegboro. 
A suivre. En effet deux autres tomes sont à venir pour retrouver Carl, Oriel et Miel dans de nouvelles aventures urbaines et collégiennes. Une suite que je découvrirai avec grand plaisir.


mercredi 6 novembre 2019

Félines #PLIB2020


Le Rouergue
 💛💙💛💙💛
Félines
Stéphane Servant
Le Rouergue
Epik
août 2019
384 p. 
Fantastique
#ISBN:9782812618291 

Pré-sélectionné du #PLIB2020 et coup de coeur 💛💙💛💙


Le Plib
" Réfléchir, c'est commencer à désobéir.
Lire, c'est se préparer à livrer bataille."  

Le texte d'éditeur

 Personne ne sait exactement comment ça a commencé. Ni où ni quand d'ailleurs. Louise pas plus que les autres. Ce qui est sûr, c'est quand les premiers cas sont apparus, personne n'était prêt et ça a été la panique. Des adolescentes qui changeaient d'un coup. Des filles dont la peau se recouvrait de... dont les sens étaient plus... et les capacités... Inimaginable... Cela n'a pas plu à tout le monde. Oh non ! C'est alors qu'elles ont dû se révolter, être des Félines fières et ne rien lâcher !

" Depuis que le monde est monde, il a toujours la même tête et elle n'est pas très jolie. D'autres que moi diraient même qu'il a franchement une sale gueule."

La petite histoire

Nous écoutons le récit de Louise, vivant dans la clandestinité,  qui va relater quelques mois de sa vie mais aussi celles d'autres adolescentes qui ont connu dans leur chair la Grande Mutation. Un changement si brutal qu'il va provoquer la haine, la peur, la persécution et diviser la population. Louise va raconter comment elle va apprivoiser son corps, l'accepter et affronter le regard des autres. 

" Comme si la nuit était suspendue. Et la lame de la lune, là-haut dans le ciel, étincelait comme une griffe. "

Ce que je retiens de cette lecture...


Le contexte de lecture


Une lecture commune dans le cadre du Tournoi des élites et de l'épreuve des audacieux organisé par le staff du PLIB. J'ai donc fait cette lecture auprès des Guérisseurs.


J'ai adoré retrouver la plume de Stéphane Servant que j'avais savouré, il y a deux ans avec Sirius, une autre écriture bouleversante. 


Un petit mot sur la couverture en bleu et jaune de Patrick Connan, dont je conseille la  découverte de son site où l'on retrouve d'autres magnifiques couvertures de Rouergue éditions ou des pastiches d'affiches de film très réussis.

" La ville ressemblait à un chaudron où bouillonnaient l'ennui et les ragots. "

Je m'excuse pour l'effet brouillon de cette chronique : j'ai jeté mon ressenti au fur et à mesure. 

L'atmosphère du livre

Nous sommes d'emblée plongés dans le récit avec le "je" de Louise qui nous fait vivre toutes ses émotions, ses réflexions, son évolution, sa métamorphose physique mais surtout mentale. De l'adolescente à la femme, du doute à la détermination. 
La tension monte crescendo, prend son temps et l'atmosphère délétère s'étend progressivement mais sûrement. 
Pas de chapitres, pas de pause, pas de temps mort, on avance inexorablement avec Louise ballotés par les événements, pas de répit. 

Je ne cacherai pas que j'adore la plume de l'auteur : il écrit fabuleusement bien et ici il a une façon d'aborder la féminité qui me touche profondément et je suis émue de voir ce sujet traité avec tant de justesse par un homme. Il semble bien cerner les problèmes qui préoccupent les adolescentes d'aujourd'hui et de toujours aussi. L'auteur écrit pour et sur les femmes avec un ton juste et une connaissance sensible.


"Nous étions douze. Douze adolescentes, douze corps trop maigres, trop épais, trop tordus, douze corps imparfaits que nous tentions de dompter comme on l'aurait fait avec des chevaux sauvages. Nos chevaux étaient rebelles, mauvais et têtus.Nous mordions la poussière en essayant de les domestiquer. tout partait dans tous les sens, rien ne nous obéissait. Nos corps nous malmenaient, ils nous épuisaient." 

C'est une quête identitaire essentielle, vitale à laquelle nous assistons. Par le biais du fantastique, il dénonce les travers de notre société urbaine détachée de la nature, obnubilée par la performance et le paraître. 

Les personnages

Louise ne se plaint jamais et pourtant elle n'est pas toute blanche, elle a su être superficielle, lâche mais elle ne renonce jamais. Cette force est née des épreuves de la vie, la perte de sa mère, sa culpabilité, ses blessures physiques...

" Voilà le genre de fille que j'étais. Une enfant qui jouait à la femme fatale. Une Alice grimée en Reine de coeur sans pitié. Une Narcisse troublée par son reflet. Une adolescente, ni pire ni meilleure que les autres, je crois."

 Tom, l'ami, l'amant
Il est sensible, doux, à l'écoute et plus complexe que son allure ne le suggère. Il sait qui il aime et pourquoi. 

" Avec lui, j'avais compris que les gens ne sont pas que ce qu'ils montrent. Chacun possède un monde intérieur. Celui de Tom était étrange, décalé, mais aussi extrêmement créatif et sensible. Presque féminin, auraient pu dire certains."

le père de Louise et Satie, le petit frère 

 La famille est très soudée. C'est un pilier qui donne de la force et de l'équilibre à l'héroïne. Le père se révèle dans l'adversité et Satie réagit avec le coeur sans préjugés et a-priori. L'enfance qui ne juge pas, ignore les différences. 


Les filles

L'auteur a su cerner les problèmes de jeunes adolescentes perdues dans leurs corps et bombardées par les clichés ( dans les deux sens du termes) que notre société nous renvoient.

Fatia, Morgane, Sara, La Rouquine, la Blanche, Alexia, Camille et j'en oublie sans doute que Louise n'oublie pas.  

" J'aimerais que tu fasses tes propres choix. Pas ceux qu'on te dicte. "

 L'auteur met en avant le particulier, le singulier , l'unique par opposition à l'uniformisation, au standard, à l'anonyme revendiqué par les sectaires. Il prône un "je" conscient  qui s'unit à l'autre pour faire un "nous" riche, diversifié, complémentaire, complexe.

" Pour l'administration, le foulard comme le short étaient sacrilèges."

" Nos corps faisaient débat. 
Encore une fois. "

" Pour lui, nous incarnions la dégénérescence, nous étions la première tache sur le corps moribond de l'humanité, les signes de la catastrophe imminente, l'annonce de l'Apocalypse. "

 Je  remercie l'auteur pour son écriture poétique et coup de poing, je le remercie d'éveiller les consciences, d'en appeler à la vigilance, de responsabiliser son lecteur face à la différence, au déni des réalités.


" ... ce que l'homme ne comprend pas, souvent il le détruit. "

 Roar !!! C'est un coup de coeur pour moi ! Une écriture qui est poésie et poignard à la fois.  Un très bon roman adolescent à mettre d'urgence entre toutes les mains.

" Vous savez, c'est ce qu'on demande souvent aux victimes de viol : est-ce que vous avez résisté ? Vraiment résisté ? Et c'est insupportable d'entendre ça. Fred a profité du fait que j'étais jeune, frêle et ivre. Il a attendu que je sois la plus vulnérable possible pour s'en prendre à moi. Il n'y a qu'un seul coupable et c'est lui. On ne se fait pas violer. On est violée. Le viol, c'est l'autre qui le fait. C'est l'autre qui impose sa violence. Une violence extrême et aveugle qui fait de vous un objet que l'autre veut soumettre et détruire. "  

 " C'est à ça que servent les livres. A ouvrir les yeux des hommes, et, avec un peu de chance, leur coeur."

samedi 10 août 2019

Saga, tome 3 et tome 4 (comics)



 💗💗💘💗💗

Saga, tome 3 et tome 4
Brian K. Vaughan et Fiona Staples
Urban comics
(Indies)
avril 2014
janvier 2015 
144 p. (chaque opus)

Les petites histoires

Dans le tome 3, la course-poursuite est de rigueur pour les chasseurs de prime et autres épouses esseulées. Mais les embûches sont de la partie. 

Dans le tome 4  : petit saut dans le temps : Hazel marche et le couple a trouvé refuge sur Jardinia, la maman bosse pendant que le papa pouponne. Mais cette accalmie va-t-être de courte durée, les poursuivants les talonnent et un danger autre se profile. 

Ce que je retiens de cette lecture...

C'est punchy, coloré, vif, drôle et j'adore tous les personnages qui gravitent autour des planètes et à la surface. A chaque tome :  ses questions, son suspens. Une saga prometteuse.   
Le trio familial est craquant, mais une nouvelle idylle va naître entre deux êtres que tout semble séparer.
Les auteurs ne nous lâchent pas une seconde, les rebondissements s'enchaînent et nous restons enchaînés au livre, presque en apnée pour ne pas en perdre une miette. Encore deux tomes dans ma PAL qui ne vont pas tarder à être dévorés.


mercredi 22 mai 2019

Les Guerriers de glace

❅❅❅❅
Les Guerriers de glace
Estelle FAYE
Nancy PEÑA, illustratrice
Nathan
mai 2018
107 p.
ISBN : 9782092576830

 
Le mot de l'éditeur
 
Dans le village de Rosheim, Alduin et Léna sont les meilleurs amis du monde. Pourtant tout les sépare : Alduin est le fils du chef; Léna est la fille de la guérisseuse. Un jour, ils découvrent que les Guerriers de Glace, ces êtres cruels qui vivent au-delà des montagnes, reviennent au village pour enlever une jeune fille.
Alduin surprend une discussion entre villageois : ils sont prêts à sacrifier son amie pour épargner leurs filles.
Léna décide de s'enfuir...


La petite histoire

Un fantasy jeunesse qui met en scène deux enfants Léna et Alduin en proie à la cruauté des adultes qui sont prêts à sacrifier la jeune fille pour éviter une razzia dans leur village perdu au milieu de la neige et de la glace. Tout ça parce qu'elle est la fille de la guérisseuse, une paria.
 Leur fuite va permettre une émouvante rencontre.


Ce que je retiens de ce roman jeunesse...

J'ai été heureuse de retrouver la plume d'Estelle Faye. Elle a un véritable talent de conteuse : elle pose d'emblée le décor et les personnages et immerge ainsi directement le lecteur dans ce monde de glace et de froid. 
Les dessins de  Nancy Peña permettent de voir les émotions des personnages et le doute et la peur qui les assaillent par moment. Le choix d'un minimum de couleurs permet de mettre l'accent sur des éléments précis. Le rouge (signe de vie,de vivacité) est surtout octroyé aux deux enfants alors que les autres personnages sont de glace (bleu) mis à part la guérisseuse vers la fin. 
Le personnage du jeune soldat reste mystérieux jusqu'aux dernières pages, mais son arrivée est déterminante pour les deux enfants. Il va permettre à Alduin de faire face à son père.
Un joli conte qui fait la part belle à l'émotion, l'action et la magie avec un trio d'enfants rebelles et déterminés face à un monde d'adultes blasés, résignés. Un récit sur la différence, l'importance du lien familial et sur l'amitié.


 

mercredi 8 mai 2019

Noces d'écailles

Crédits : éditions du Chat Noir
🐉🐲♠🐉🐲

Noces d'écailles 
Artbook 
Anthelme Hauchecorne
Loïc Canavaggia 
Editions du Chat Noir
mars 2019
104 p.

Quatrième de couverture
 
Octobre 1345, Comté de Bourgogne.
Fuyant la colère du baron, Aymeric Jodelet, peintre et coureur de jupons, doit s'exiler de son village. L'artiste trouve refuge dans la forêt voisine, au mépris des superstitions. Selon les paysans, un monstre y rôderait : la Vouivre, dont les griffes déchireraient les intrus.
Une fable, rien de plus ?
À l'automne, les sentiers sylvestres mènent n'importe où.
Parfois jusqu'à l'inconnu.

Ce que j'ai pensé de cet ouvrage...

De la belle ouvrage, bien ciselée que cet artbook. 
Je pense encore le feuilleter pour admirer les détails des illustrations. 
 J'ai beaucoup aimé découvrir cette légende de la vouivre à travers des lettres qui rendent compte de l'état d'esprit du personnage principal mais également les lettres plus factuelles du procès qui par leur ton neutre contraste bien avec l'émotion des lettres du héros maudit, qui a pactisé avec un diable féminin, sauvage et possessif.
La solitude supplante l'amour dans ce récit macabre et sanglant.
Magnifique œuvre fantastique avec des créatures dont la différence fait peur. La métamorphose et l'hybridation sont maudits mais magnifiées dans ce récit. La notion de monstruosité est traitée sous toutes ses facettes : la laideur physique n'égale aucunement celle du coeur et de l'âme. 
Nous sommes en présence de damnés, torturés pour l'éternité

L'écriture est comme les dessins ciselée, à la fois délicate, précieuse comme de la dentelle de soie et rude, texturée comme la peau des dragons. 
J'aime la variété des dessins parfois des crayonnés, des monochromes et des portraits aux couleurs soignées, veloutées. Le bestiaire fantastique et reptilien emprunte à la réalité : tête de murène, ailes de chauve-souris avec un réalisme saisissant et pourtant donne à créer un imaginaire foisonnant. Les portraits d'"humains" si l'on puis dire, sont très expressifs, avec des regards éloquents, des expressions corporelles qui dévoilent l'âme sans parole.


Magnifique artbook autant pour les dessins que pour les lettres à l'écriture envoûtante. Une plongée dans les légendes serpentines, les métamorphoses et les amours interdites, sublime ! 

vendredi 1 mars 2019

Saga, tome 2

 
Source : Urban comics
 🚀🚀🚀🚀🚀
Saga, tome 2
Brian K.Vaughan 
Fiona Staples 
Urban comics (Urban Indies)
Septembre 2013
144 p. 
 
La petite histoire
 
Loin dans l'espace , dans un vaisseau-plante nous retrouvons Alana, Marco et Hazel qui viennent tout juste de faire une rencontre fracassante avec les parents de Marco. L'action va vite prendre le dessus.  On va découvrir le passé de nos deux amoureux et de nouveaux personnages hauts en couleur.
 
Ce que je retiens de ce tome...
 
J'ai adoré retrouver cette famille atypique rejointe par les grand-parents qui bataillent pour survivre et des mercenaires en plein doute existentiel. De la violence, certes, mais une richesse de mondes, de créatures que je trouve hallucinante et un tourbillon de couleurs magique. Ça secoue, ça ébranle et ça fait du bien.

mercredi 27 février 2019

On n'a rien vu venir


Source : Alice éditions
❤❤❤❤❤

On n'a rien vu venir
Anne-Gaëlle Balpe
Sandrine Beau
Clémentine Beauvais
Annelise Heurtier
Agnès Laroche
Fanny Robin
Séverine Vidal
Aurore Petit pour les illustrations
une préface de Stéphane Hessel
Alice ( Deuzio)
août 2012
111 p.
9782874261626



La petite histoire

A chaque jour suffit sa peine. Un jour pour illustrer la montée du fascisme, d'un mouvement totalitaire avec ses interdits, ses injustices, ses persécutions qui frôlent l'absurde. Et à chaque fois un espoir, une étincelle de résistance, de liberté, de réflexion. Les petits héros de cette histoire sont des adolescents pris dans la tourmente d'un régime dictatorial. A chaque jour sa couleur, ses obligations et ses interdictions. Une déshumanisation se met en place, la peur s'immisce partout même chez soi.

 Mon avis

Un roman à plusieurs voix pour éveiller les consciences qui sonne juste, vibrant hommage à 1984 d'Orwell. Chaque point de vue apporte un éclairage qui a un  écho dans l'histoire humaine persécutée, privée de ses libertés. Dénonciation du racisme, de l'eugénisme, de l'homophobie, de la bêtise et de la barbarie des hommes avec des mots simples qui seront interpeller les plus jeunes, les questionner.

" N'attendez pas de devenir des adultes! Aujourd'hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire non à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d'esprit critique vis-à-vis de ce que vous lisez, de ce que l'on vous donne à regarder à la télévision. Vous avez un avis. Vous pouvez le partager, avec vos amis, vos parents, vos professeurs."

samedi 9 février 2019

#PLIB2019 Mes vies à l'envers


Crédit source : Gulf Stream éditeur

⏳⏳⏳⏳⏳
Mes vies à l'envers
Maxime Fontaine
Gulf Stream
Echos
 mai 2018
352 p.
#ISBN9782354886127

La petite histoire

Yohann Massart, jeune lycéen, rentre chez lui, quand il est froidement exécuté par un trio dont sa petite amie, Léa. Un cycle infernal est alors enclenché qui va le conduire à rebrousse temps d'une époque à l'autre, d'un corps à l'autre.  Cette expérience inédite va d'abord lui briser le coeur mais aussi lui ouvrir un nouvel horizon de possibles...


Le contexte de lecture

Une lecture pour la sélection du Prix des Imaginaires et de la pré-pré-sélection du PLIB 2019. 


Ce que j'ai pensé de cette lecture...

Une très belle découverte avec ce roman fantastique aux voyages temporels, véritable quête initiatique pour notre jeune héros. 

L'univers développé

L'auteur nous entraîne dans l'espace et le temps d'une région du monde à une époque donnée et à chaque fois dans un corps différent. Ces changements, cette mouvance  vont permettre de mettre en évidence des constantes qui régissent la vie humaine et amènent ainsi le héros à comprendre les valeurs essentielles de la vie. 


Les personnages

J'ai adoré découvrir les différents personnages qu'incarne le lycéen. Ces différents points de vue lui permettent d'avoir de l'empathie pour chacun et d'évoluer. Je me suis moi aussi attachée à un petit africain esclave au 17ème siècle, une vieille japonaise déterminée, mais mon personnage préféré est un ami providentiel de Yohann et non une réincarnation : Edmundo Faia. Ce personnage haut en couleurs apporte un contrepoint essentiel pour que le héros progresse et ne s'enlise pas dans une spirale temporaire répétitive. 
Le temps passé avec chaque protagoniste semble toujours trop court. On est frustré tel le héros de les quitter de façon abrupte et définitive.
Les "méchants" ne sont pas en reste et au fil des pages se nuancent. Le blanc et noir devient gris : chaque personnage présente alors sa part d'ombre.  


 "Au milieu du néant voilé où je venais d'atterrir, j'eus comme la désagréable impression d'avoir à moitié raté ma mort."

La plume de l'auteur

Le récit avance très vite et les rebondissements s'enchaînent tenant le lecteur en haleine. Les surprises scénaristiques se succèdent et font de ce récit une histoire originale et complexe mais fluide. 
J'ai beaucoup aimé l'écriture précise et réflexive. L'auteur mêle habilement aventure, action et introspection, réflexion.

Mise en réseau
Dans le même registre de réincarnation dans des corps différents je pense à l'excellent Orlando de Virginia Woolf ou encore de David Levithan à A comme aujourd'hui.









Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...