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mercredi 8 mai 2019

Noces d'écailles

Crédits : éditions du Chat Noir
🐉🐲♠🐉🐲

Noces d'écailles 
Artbook 
Anthelme Hauchecorne
Loïc Canavaggia 
Editions du Chat Noir
mars 2019
104 p.

Quatrième de couverture
 
Octobre 1345, Comté de Bourgogne.
Fuyant la colère du baron, Aymeric Jodelet, peintre et coureur de jupons, doit s'exiler de son village. L'artiste trouve refuge dans la forêt voisine, au mépris des superstitions. Selon les paysans, un monstre y rôderait : la Vouivre, dont les griffes déchireraient les intrus.
Une fable, rien de plus ?
À l'automne, les sentiers sylvestres mènent n'importe où.
Parfois jusqu'à l'inconnu.

Ce que j'ai pensé de cet ouvrage...

De la belle ouvrage, bien ciselée que cet artbook. 
Je pense encore le feuilleter pour admirer les détails des illustrations. 
 J'ai beaucoup aimé découvrir cette légende de la vouivre à travers des lettres qui rendent compte de l'état d'esprit du personnage principal mais également les lettres plus factuelles du procès qui par leur ton neutre contraste bien avec l'émotion des lettres du héros maudit, qui a pactisé avec un diable féminin, sauvage et possessif.
La solitude supplante l'amour dans ce récit macabre et sanglant.
Magnifique œuvre fantastique avec des créatures dont la différence fait peur. La métamorphose et l'hybridation sont maudits mais magnifiées dans ce récit. La notion de monstruosité est traitée sous toutes ses facettes : la laideur physique n'égale aucunement celle du coeur et de l'âme. 
Nous sommes en présence de damnés, torturés pour l'éternité

L'écriture est comme les dessins ciselée, à la fois délicate, précieuse comme de la dentelle de soie et rude, texturée comme la peau des dragons. 
J'aime la variété des dessins parfois des crayonnés, des monochromes et des portraits aux couleurs soignées, veloutées. Le bestiaire fantastique et reptilien emprunte à la réalité : tête de murène, ailes de chauve-souris avec un réalisme saisissant et pourtant donne à créer un imaginaire foisonnant. Les portraits d'"humains" si l'on puis dire, sont très expressifs, avec des regards éloquents, des expressions corporelles qui dévoilent l'âme sans parole.


Magnifique artbook autant pour les dessins que pour les lettres à l'écriture envoûtante. Une plongée dans les légendes serpentines, les métamorphoses et les amours interdites, sublime ! 

mardi 23 avril 2019

Rouille #PLIB2019




 ⏳🌙⏳🌒

Rouille 
Floriane Soulas
Scrineo
mai 2018
384 p.
#ISBN:9782367406060 


 Le texte d'éditeur

 Paris, 1897. Les plus grandes puissances européennes se sont lancées à l’assaut de la Lune et de nouveaux matériaux découverts sur le satellite envahissent peu à peu la Terre. Ces grandes avancées scientifiques révolutionnent l’industrie et la médecine, mais pas pour tout le monde. Et dans les faubourgs, loin de l’hyper-centre protégé par le dôme sous lequel vivent les puissants, le petit peuple de Paris survit tant bien que mal. Violante est une prostituée sans mémoire, ignorant jusqu’à son âge réel. Dans un monde où son désir de vérité passe après celui de ses clients et de ses patrons, la jeune fille tente de retrouver la trace de ses origines perdues. Alors qu’une vague de meurtres particulièrement horribles ensanglante la capitale, Satine, son amie et seul soutien, disparait dans d’étranges circonstances. Violante, elle, se voit offrir une porte de sortie à ce demi-monde violent qui la retient prisonnière, mais décide malgré tout de prendre part aux investigations.



La petite histoire

L'histoire sombre d'une jeune prostituée amnésique, Violante, vivant dans un Paris Steampunk à la fin du 19ème siècle. Elle va à travers sa recherche d'identité découvrir une macabre machination. 


Ce que j'ai pensé de ce roman steampunk...

 Un Paris très obscur et sanglant qui n'est pas sans rappeler le Londres de Jack l'éventreur ou encore l'atmosphère de Docteur Jekyll et Mister Hyde avec un soupçon de roman gothique à la Frankenstein de Mary Shelley. C'est sombre et cela se passe en grande partie dans les bas-fonds de Paris, pour ne pas dire dans les catacombes et autres égouts nauséabonds et souvent de nuit. L'univers nocturne est très bien décrits avec celui des prostituées. L'on découvre les Jardins Mécaniques, une maison close régie comme un harem avec des rivalités, des coups bas, un souteneur et une maquerelle. Le quotidien de ces femmes de petite vertu est décrit par le menu. L'autrice nous présente tous les miséreux de Paris : les orphelins notamment qui vivent dans la Ferraille, une décharge, véritable labyrinthe. 

 C'est un univers steampunk peuplé d'automates mais aussi de personnes aux prothèses plus ou moins élaborées suivant la condition sociale. Dans ce monde la lune a été colonisée, exploitée pour extraire des métaux aux propriétés étonnantes. Des alchimistes fous tel des docteurs Frankenstein essaient de créer des animaux hybrides défiant la science et l'éthique. C'est dans ce monde de métal et de sang que va apparaître une nouvelle drogue : la rouille. La chair humaine a peu de poids face à l'argent et la corruption qui gangrène Paris et les meurtres atroces se multiplient. 

Les différents portraits sont ciselés et précis et permettent d'éprouver des sentiments et émotions fortes  à l'encontre des personnages. 

Violante, l'héroïne, se construit une identité pour survivre dans ce monde impitoyable de la prostitution en se composant le masque de Duchesse (femme sûre d'elle, mutine, hautaine). Elle retrouve au petit matin, sa véritable identité amputée de toute une vie et une colère qui ne la quitte jamais avec une soif insatiable de savoir qui elle est. C'est le point de départ de toute cette aventure, cette envie irrépressible de recouvrer la mémoire, restaurer son héritage. 

La galerie de portraits qui gravitent autour de Violante est impressionnante, riche, inquiétante et très diversifiées : prostituées, miséreux, souteneurs, saltimbanques, hauts dignitaires, policiers...

La violence est présente partout et sous toutes ses formes : violences physiques (viol, bagarres, tortures), les corps souffrent à l'extrême ; violences morales (chantages, harcèlements, ...) et Violante subit continuellement ces différentes formes d'agressions. 

L'autrice nous propose une histoire au rythme effrénée, tendue à l'extrême dans une ambiance sombre et très violente avec des personnages qui par leur volonté seule cherchent à retourner une situation inextricable, nauséeuse et macabre. 

J'ai beaucoup aimé cette lecture aux sensations fortes, aux personnages bien profilés et à l'atmosphère d'un noir d'encre, glaciale et teinte de rouge sang sentant la putréfaction et suscitant l'effroi.  
Une aventure menée de main de maîtresse, de bout en bout, par une jeune plume prometteuse. Hâte de retrouver son écriture à travers d'autres récits. A suivre chez la même maison d'édition : les noces de la renarde. 




mercredi 3 janvier 2018

Cinder

👠🔧🌘❤


Chroniques lunaires 1
Cinder

Marissa MEYER
Pocket Jeunesse
mars 2013
414 p.

Nous rencontrons Cinder à Néo- Beijing, la capitale de la Communauté orientale, elle est mécano et répare aussi bien l'électro-ménager que les androïdes. Cinder a la particularité d'être mi-cyborg, mi-humaine et son destin va être remis en cause par un secret qui la dépasse...


Ma chronique

 Contexte de lecture


Ce livre me tentait depuis un bout de temps déjà et je ne regrette pas d'avoir franchi la page de titre, mon seul regret : ne pas avoir la suite ! (ça attendra, je dois baisser ma PAL avant). 

 De l'auteur est sorti en fin d'année 2017 : Heartless revisite d'Alice au Pays des Merveilles, à noter dans les envies de lecture...


On peut dire que cette lecture a été une belle découverte tant sur le plan de la revisite, que de l'intrigue et des personnages. 

L'objet-livre

 La 1ère de couverture et la 4ème de couverture ont suffi à me donner envie de découvrir la saga des Chroniques lunaires : un résumé alléchant avec cyborg, pandémie, invasion planétaire, revisite de conte. De l'originalité en perspective ...et le livre tient ses promesses. 


Le titre

 L'héroïne n'aura jamais aussi bien porté ce nom de Cinder qui signifie Cendres

[SPOILER]

En effet, elle cauchemarde un feu, une chaleur insoutenable et une souffrance atroce. Elle a des bribes de souvenir de son soi-disant accident où son corps a disparu en partie en cendres. 

La couleur grise de la cendre rappelle également la couleur de la Lune... 

[fin SPOILER]

Le contenu

 Les thématiques abordées : les tractations politiques, l'épidémie, la différence, l'asservissement... donnent de l'étoffe à ce conte futuriste où l'amour n'est qu'en toile de fond. 

L'intrigue est très bien menée : une visite de la ville, un focus sur l'héroïne et très vite l'enchaînement des événements dû à l'épidémie qui va précipiter Cinder dans l'action.
Pour bien garder ce rythme haletant, l'auteur favorise des chapitres courts, n'épargne pas les héros qui voient mourir des proches victimes de l'épidémie.
Les dialogues ajoutent à la fluidité de l'action et donnent à sentir les caractères des protagonistes.
L'univers créé par l'auteur est cohérent, futuriste mais juste avec ce qu'il faut de technologie, des androïdes, une technologie cyborg avancée, et surtout une supériorité technologique de la Lune et de ses habitants.


 Ecriture et style de l'auteur

Je ne jugerai pas trop du style de l'auteur vu que c'est une traduction. Je parlerai surtout de fluidité, de cohérence et d'écriture addictive qui font que l'on dévore le livre en quelques heures, sans effort, sans temps mort.

 Les personnages

Cinder est un personnage attachant avec un caractère fort et donc une héroïne parfaite avec un passé flou, une vie  difficile auprès d'une belle-mère qui la méprise pour ce qu'elle est : une cyborg. Elle s'affirme au fil du roman et ne m'a pas déçue une seconde.

Kay, le prince est un personnage plus nuancé que Cinder moins frontal, réfléchi, intelligent, stratège également. il a toutes les qualités requises pour être un roi bienveillant. J'attends de lire la suite pour me déterminer sur son caractère.

J'ai beaucoup apprécié le Docteur Erland, Iko, l'androïde et le personnage de Peony, demi-sœur de Cinder.

Linh Adri est au même niveau que la Reine Levana dans ce premier opus, sur le plan de la cruauté, l'aigreur, la rancœur et le souci de vengeance. Levana a en plus le pouvoir, ce qui la rend plus néfaste et funeste.

Le personnage le plus intrigant est Cress qui communique avec Cinder depuis la Lune et l'aide à révéler la vraie motivation de la reine Levana.

Des personnages somme toute bien fouillés, nuancés et que l'on a envie de retrouver très vite.

Ressenti et bilan

Un roman SFFF plein de surprises,  une revisite de conte trépidente, une lecture addictive et des personnages aux caractères bien trempés, un très bon début de saga.

 Mise en réseau : les couvertures


Pour finir j'ai référencé ici quelques couvertures de ce roman que je trouve intéressantes à étudier dans leurs différences pour bien voir les us et coutumes de chaque pays qui publie le livre. 
J'ai d'abord été intriguée par la réédition du livre en France avec une nouvelle couverture très différente et je vous donne mon ressenti . 

Couverture originale calquée sur l'américaine



 Soulier rouge, mécanisme cyborg en transparence et éclairage lunaire tout est dit et le titre suffit à deviner le
lien avec le conte classique de Cendrillon. 




 Sur cette couverture, l'on retrouve le carrosse de    

Cendrillon mais l'on ne voit absolument pas que Cinder

est une cyborg. C'est très romantique comme 

représentation de ce conte pourtant futuriste. 

Je préfère nettement la première couverture : seul 

bémol la couleur rouge de la chaussure qui ne colle pas 

au personnage.


Pour le plaisir des yeux d'autres couvertures à travers

le monde : 

Corée
Italie / RP Tchèque


Vietnam
Portugal
  
Espagne
Hongrie
Taïwan
Japon
Russie

Turquie
Thaïlande





Suède




Espagne
Allemagne





Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...