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mardi 7 juillet 2020

#plib2020 La Cité des chimères


Snag


🗝❤🔮🗝

La Cité des chimères
Vania Prates
Snag
Nouvelle ère
448 p.
octobre 2019
#ISBN:9782490151219


La petite histoire

Nous suivons Céleste, une jeune fille vivant à Lowdon Fields et travaillant pour ses frères dans une boutique de trouvailles en tout genre venant pour la plupart de l'Ancien Monde. Elle va rencontrer par pur hasard Calissa; une contrebandière qui n'a pas froid aux yeux. Cette dernière va remarquer que Céleste est une immergeante, elle peut entrer littéralement dans un livre et vivre l'action auprès des personnages. Cette faculté, appelée chi va conduire la jeune femme à Septentria; un lieu chargé de mystères; au coeur même de Lowdon Fields...

Le contexte de lecture 

Ce roman fait partie des cinq finalistes du Plib 2020 et de ma sélection finale. Ce roman a toute sa place ici. C'est un roman de fantasy post-apocalyptique très réussi.


@leplib

Je ne connaissais pas l'autrice avant cette lecture, mais je n'hésiterai pas à découvrir sa trilogie Terre d'ombre et Comme l'obsidienne chez Rebelle éditions, en attendant l'écriture de la suite de la Cité des chimères.

L'objet-livre

Magnifique travail d'édition chez Snag, j'adore la qualité du papier et l'illustration de couverture est signée Aurélien Police : une merveille onirique qui donne déjà à rêver.

L'univers

Lowdon Fields est un Londres alternatif, où les habitants ne connaissent pas leur passé, ou seulement par bribes.Septentria est un lieu à part : la magie y est maîtresse des lieux avec les Gardiens, les Alchimistes, les Inventeurs et les Immergeants. Ces différentes guildes cultivent  leur chi un penchant naturel pour la magie, une sorte de don. Woods est le gouverneur de ce territoire qu'est Lowdon Fields, il dirige avec à ses côtés des magistrats. Mais il soupçonne un complot et décide de demander les services d'une confrérie clandestine les Sans-Loi. Céleste, bien innocente et naïve va côtoyer ce beau monde et trouver son chemin; sa voie dans le labyrinthique Septentria. Un univers plaisant à découvrir et très énigmatique. Septentria est un lieu protégé et excentrique avec des salles fantaisistes et pleines d'illusions.

Les personnages

Une galerie de personnages très soignée et riche : j'ai adoré les Gardiens et les duos improbables humains/animaux, Daniel, le Septentrionien autochtone, chaque acteur de la confrérie des Sans-loi (Calissa en tête, Alexian, Leire, Vénicia et Dao (l'espiègle furet)), la famille de Céleste (une mère poule, des frères méprisants et distants), une Céleste curieuse et têtue, et j'en passe notamment l'intrigant Woods au regard changeant. L'autrice a su avec brio nous attacher à chacun d'entre-eux.

La plume de l'autrice

Une écriture immersive pleine d'actions et avec des dialogues succulents. J'adore le bracelet sarcastique qui met beaucoup d'humour dans le récit tout comme Alexian, l'illusionniste de talent. Pleins de petits détails, d'objets rendent ce monde riche et intéressant à explorer. C'est fluide et entraînant, un vrai plaisir de lecture. 

Ce que je retiens de cette lecture...

Une très agréable surprise avec cette lecture dont j'ai apprécié l'univers créé, Septentria surtout, le contexte post-apocalyptique original, les personnages très attachants avec une préférence pour la contrebandière Cal, la chimériste. Un vrai plaisir de lecture et une immersion totale. Je n'ai qu'une hâte replonger dans le labyrinthique Septentria ou suivre Céleste l'immergeante dans un livre ou encore découvrir les chimères et leur rôle dans ce monde en reconstruction...

jeudi 30 avril 2020

#plib2019 Les Prières de sang

 
Crédits : taurnada

 👻👻👻👻
Les  Prières de sang
Jean-Marc Dhaignaut
Taurnada
juillet 2018
218 p.
#plib2019
#ISBN:9782372580441

Chronique à quatre mains avec Corinne Bertrand sur  Les Prières de sang de Jean-Marc Dhainaut publié par Taurnada à la suite du défi lectures duo lancé par Jean-Yves Loisy, une lecture commune à deux (pour ceux qui n'auraient pas suivi).

Deuxième volume des aventures d'Alan Lambin et Mina Arletti, "détectives de l'étrange". Ce livre est cependant indépendant et peut se lire sans problème, même si l'on n'a pas lu le premier tome La Maison bleu horizon. Les personnages sont en effet brièvement, mais efficacement présentés, si bien que l'on a l'impression de les connaître.

Nous suivons donc Alan Lambin et Mina Arletti dans une nouvelle enquête paranormale. Céline, une jeune femme enceinte contacte Alan et Mina afin qu'ils l'aident. Elle est désespérée : des voix, des bruits se matérialisent dans sa maison, même les objets volent depuis qu'elle a acheté une armoire datant du Moyen Age.
Après quelques hésitations, Alan et Mina décident de rejoindre la Normandie et de découvrir ce que cachent ces phénomènes inexpliqués.



Et si on parlait des personnages pour commencer ?

Corinne Bertrand :
Alain Lambin et son assistante Mina enquêtent sur tout ce qui est phénomène paranormal et travaillent ensemble depuis trois ans. Mina est médium et ressent très fortement les choses. Alain a lui aussi un don, qui s’éveille petit à petit mais qu’il refuse. C’est en outre quelqu’un de généreux et qui a les pieds sur terre. Lorsqu’il commence une enquête, il cherche avant tout une explication rationnelle et ce côté que j’aime beaucoup chez lui. Il ne va pas foncer tête baissée dans des histoires de revenants et c’est ce qui amène une certaine crédibilité à l’histoire. Ces deux-là, sans se l’avouer, ressentent une attirance mutuelle. Leur côté « adolescent » dans cette relation apportent une note de fraîcheur et fait même sourire.


Moi : Les personnages ne sont pas communs : ils ont tous deux la quarantaine passée, ils sont timides, un peu empotés surtout Alan ; ce sont de vrais adulescents, mais pas seulement. Ils ont par ailleurs des dons médiumniques. Leur relation va évoluer à tout petits pas mais une chose après l'autre ils se rapprochent. Un binôme d'enquêteurs qui fonctionne bien.

Corinne Bertrand

Et qu'as-tu pensé de l’ambiance, de l'intrigue ?


Moi : L'auteur installe très vite l'époque (années 80 bien réussies en passant), puis il nous entraîne dans le monde des "chasseurs de fantômes" tranquillement et au fur et à mesure que l'on progresse dans le récit, la tension monte, monte. Les éléments inexpliqués s'accumulent .

Corinne Bertrand : J'ai beaucoup apprécié qu'on rentre tout de suite dans l'histoire. C'est très accrocheur dès le début , l'ambiance s'installe tranquillement , la tension monte au fil des pages.

Moi : Pour l'intrigue, elle fonctionne comme dans un roman policier pas de grosse surprise mais une construction où Alan procède comme un détective il avance des hypothèses et essaie de justifier les faits par des arguments concrets, factuels avant de se tourner vers le paranormal. Le fantastique est omniprésent et à un moment l'on bascule vraiment de l'autre côté du réel. 

Pour ce qui est de l'écriture et du ressenti global, quel est ton avis ?

Corinne Bertrand : Pour l'écriture, elle est fluide et agréable à lire... Le style est accrocheur. Chaque fin de chapitre te donne envie de tourner la page pour en savoir plus. En ressenti global : un bon moment de lecture. Comme le livre n'est pas très long, je pense qu'il vaut mieux le lire d'une traite pour rester dans l'ambiance. 

Et toi , ton avis ?

Moi : Un roman qui se lit très vite, pas de temps mort. J'ai passé un bon moment et j'ai pris plaisir à suivre Alan dans cette enquête où le diable n'est pas loin. C'était divertissant.

Une expérience de co-chronique enrichissante. J'ai pris plaisir à l'échange. Merci Corinne.

samedi 23 novembre 2019

Les Aventures occultes de Lady Bradsley #PLIB2020

Editions du 38
👻👻💀👻👻

Les Aventures occultes de Lady Bradsley
Olivier Saraja
Editions du 38
avril 2019
344 p.
#ISBN:9782374536743


Le texte d'éditeur

 Lady Bradsley est une jeune veuve douée de talents particuliers : elle parle aux morts, elle décrypte les souvenirs qui imprègnent les lieux qu’elle visite. Que ce soit au service de la Couronne britannique, du British Museum ou encore pour ses intérêts personnels, elle sillonne le monde du début du XXe siècle, en proie aux rivalités coloniales entre l’Angleterre, la Belgique et la France, pour résoudre les mystères occultes qui s’offrent à elle. Mais tandis que le spectre de la première guerre mondiale se profile, comment gérera-t-elle sa malédiction personnelle ? En effet, Lady Bradsley est elle-même hantée par Henry, le fantôme de son mari, dont l’amour est si fort qu’il transcende les frontières entre les mondes.

Quelque part entre Adèle Blanc-Sec et la nièce imaginaire d’Indiana Jones, nous vous invitons à prendre place à ses côtés dans ces aventures qui la mèneront de Hong Kong à Londres, en passant par le Népal, Baghdad ou encore la colonie du Dahomey, en Afrique. Le monde et ses mystères occultes ne sont pas assez grands pour les talents médiumniques de Lady Bradsley !

Le contexte de lecture

Lu dans le cadre de l'épreuve contre la montre du 8 novembre au 15 novembre, du #PLIB2020.


PLIB
 Ce que je retiens de cette lecture...

 Le contexte historique

Nous avons là une intégrale des chroniques de la célèbre médium Lady Bradsley de 1904 à 1916.
Nous sommes à l'époque du colonialisme européen, fortement marqué dans les différents lieux traversés : Hong Kong et sa révolte des Boers, les hautes montagnes du Népal et sa légende du Yéti, le Dahomey africain et ses esprits animistes. L'on retrouve également l'attrait de l'époque pour l'archéologie avec les fouilles au Moyen-Orient, l'engouement pour les cabinets de curiosités et les séances d'hypnose ou d'occultisme à Londres.

 L'atmosphère fantastique

L'auteur nous entraîne dans les différentes croyances du monde des esprits fantômes asiatiques avec des objets envoûtés et des monstres spectraux maléfiques, des entités puissantes enfermés dans des urnes funéraires comme les djinns des lampes magiques, des fantômes de lion et de reine maudite et guerrière, le spectre frappeur d'une jeune fille sacrifiée, des êtres de légende comme le yéti...

 Les personnages

J'ai adoré voyager d'énigmes en résolutions à travers ce monde désuet et suranné avec une Lady loin d'être précieuse, érudite et aventurière au fil de ses rencontres avec l'au-delà spirite. J'aime le sang froid de cette héroïne qui pourtant  est de feu lorsque sa famille est en danger et lorsqu'elle est fasse au fantôme de son mari très tôt disparu.
Elle est un mélange d'Indiana Jones avec ses aventures rocambolesques et dangereuses mais aussi de Sherlock Holmes par la méthode et la tenacité, toujours accompagné de son fidèle Watson, Xiao, son associé,  ici un érudit en sciences occultes et fin connaisseur de la culture asiatique.

L'écriture

J'ai trouvé que l'approche sous forme de chroniques dynamise le récit et laisse des ellipses qui sont des respirations bienvenues entre chaque aventure. On ne s'ennuie pas une seconde et l'on plonge facilement dans chaque enquête avec le fil rouge de la relation de Lady Bradsley avec son mari défunt Henry. C'est intrigant et pleins de rebondissement avec une écriture qui dose à la perfection les éléments fantastiques.

Lady Bradsley est une aventurière sensible aux pouvoirs médiumniques particuliers dont elle use pour libérer les fantômes et braver les esprits maléfiques. Elle traverse le monde entier, telle une Indiana Jones au féminin avec témérité, enquêtant avec sang froid au milieu de flux spirites. Des mésaventures dépaysantes avec un léger accent suranné, addictives et bien menées.

samedi 16 novembre 2019

Thorngrove #PLIB2020


Lynks




Cécile Guillot
Lynks
octobre 2019
269 p.
#ISBN:9791097434373




Thorngrove. Sa forêt d'épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. Ses jumelles maudites.
Lorsque Madeline débarque à Oakgrove et s'intéresse d'un peu trop près à Thorngrove, elle déclenche une série d'événements de plus en plus inquiétants. Et lorsque sa sœur est touchée, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller...

Thorngrove. Sa forêt d'épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. On raconte que jadis, des jumelles y ont vécu. Que l'une d'elles est devenue la proie du Malin et a tué sa propre sœur... Qu'elles hantent toujours les lieux.

De nos jours, Madeline débarque à Oakgrove suite à la séparation de ses parents. Quand on lui demande de faire un dossier sur la ville, la jeune fille, curieuse d'en apprendre plus, pense tout de suite à la légende urbaine de Thorngrove. Mais son enquête pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées,menaçant la santé mentale déjà fragile de sa cadette, Meadow. Lorsque celle-ci se met à agir de manière de plus en plus inquiétante, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller... et si les fantômes ne seraient pas réels.

 
Je me suis procuré le livre en avant-première aux Aventuriales où j'ai rencontré pour la deuxième fois l'autrice toujours aussi réservée et sensible. Je la remercie pour sa dédicace délicate et attentionnée.

Une lecture effectuée dans le cadre du #tournoideselites et de sa première épreuve, l'épreuve des audacieux du #PLIB2020. Seules lectures autorisées : SFFF ou Thriller/Polar. J'ai choisi de découvrir un présélectionné du PLIB2020 et j'ai fait une très bonne lecture. 

PLIB


Il est, de plus, sélectionné dans les 20 et passe donc à l'étape suivante. Souhaitons à son autrice qu'il continue dans l'aventure du PLIB2020.

 

Madeline et Meadow débarquent avec leur mère dans un trou pluvieux du Wisconsin, loin de la ville et de leur père. 
Madeline ne décolère pas depuis que son père est parti avec une nouvelle femme. Elle est à fleur de peau, bagarreuse. 
Meadow est égale à elle-même, elle présente des troubles autistiques qui la pointe comme étant différente au regard des autres. Mais elle semble bien s'intégrer au lycée. 
Madeline va faire la connaissance d'un garçon de sa classe, un peu marginal, Baine, qui va devenir son ami et son partenaire pour un exposé qui les amène à travailler sur le manoir lugubre de Thorngrove. Une atmosphère délétère plane sur ce lieu et elle va contaminer l'humeur des deux jeunes filles, sujettes à des émotions exacerbées, quasi incontrôlables.




 L'objet-livre

Je voulais d'abord souligner le magnifique travail d'édition, avec le soin porté à la couverture par le biais de la magnifique illustration de Fernanda Suarez (@fdasuarez sur Insta), ainsi que de la police de caractère fort bien choisie du titre. La mise en page est elle aussi très raccord avec cet ensauvagement, ce roncier qui avale les pages, jusque sur la tranche qu'il noircit.  



 

L'atmosphère et l'agencement de l'intrigue

Parlons d'abord de l'ambiance créée par l'autrice : le mystère est de mise dans ce roman fantastique où l'on avance avec l'héroïne Madeline d'abord sereinement, sans appréhension et puis l'angoisse pointe, enfle, s'affermit au fil des pages. 
Cécile Guillot construit son intrigue comme une enquête avec des indices qui s'ajoutent au fur et à mesure pour reconstituer un puzzle macabre où à la fin c'est le visage de la mort que l'on finit par apercevoir. 
Mais ce que j'aime dans ce roman, ce sont les respirations et les moments feelgood qui sont distillés de ci de là notamment quand Madeline et Blaine se retrouve. Ce personnage masculin est un catalyseur de mauvaises ondes, il est pacificateur. 

Le lieu antinomique de Thorngrove et dont je rêverai pousser la porte est ce petit salon de thé bric à broc où Blaine amène Madeline afin qu'elle goûte à une tarte au potiron. 

Pour ajouter à l'atmosphère déjà frissonnante, l'autrice nous situe à la période d'Halloween et du jour des morts, en octobre et novembre, mois pluvieux par excellence. 

Le manoir de Thorngrove est comme retourné à l'état sauvage, sans propriétaire véritable, abandonné et entouré d'une légende amérindienne reprenant l'idée du sacrifice du frère, du double pour une renaissance, un équilibre entre le bien et le mal. 

Je ne résiste pas à l'envie de partager cette légende signifiante et poétique, symbolique et tragique. 

 
"  Quand le déluge inonda le monde, Moqwaio envoya son corbeau pour trouver un bout de terre. Survolant la surface des eaux, l'oiseau aperçut la cime d'arbres dépassant des flots. Moqwaio s'y posa et restaura le monde, faisant reculer les eaux. Il devint un héros aux yeux du peuple. Mais Anamaqkiu, l'esprit malfaisant de la forêt, était furieux : il décida de tuer Manabush, le frère jumeau de Moqwaio. Il planta l'épine de la discorde dans le coeur du jeune homme, et quand les frères se disputèrent, en venant aux mains, Manabush glissa malencontreusement dans le lac. (...) Moqwaio voulut le sauver, mais Anamaqkiu gela la surface de l'eau, de sorte que le frère resta prisonnier du lac et se noya sous les yeux du héros. L'esprit l'emporta ensuite avec lui dans le Monde du Dessous.

Les personnages

Cécile Guillot a su modeler des personnages attachants, malgré ou grâce à leurs défauts, leurs failles, leur fragilité. 
Je ne retiendrais ici que Madeline, Meadow et Blaine même si les autres personnages apportent de l'épaisseur et de la consistance à ces trois-là. 
L'autrice laisse s'exprimer les deux sœurs, chacune avec sa sensibilité, son caractère.  D'ailleurs, leurs voix s'alternent et se répondent comme des échos lancés au vide. Un amour fraternel les unit mais la parole entre elles est difficile. On le remarque à plusieurs reprises dans le récit. 
Elles ont une difficulté à communiquer, à formuler leur ressenti. 
Meadow semble posséder des troubles autistiques, une sorte de clairvoyance, aussi. Elle est étrange, au ses plein du terme, étrangère à l'autre (même sa sœur).  

J'aime beaucoup le traitement qui est fait de la différence, de l'importance du regard des autres sur soi, sur son entourage. 

J'en viens au personnage de Blaine, que j'aurai voulu voir développé un peu plus. Il possède une aura solaire et bienfaitrice, il est comme un baume sur les plaies à vif de Madeline qui n'est qu'émotions, explosions. J'aime ce duo. 

Je dirai que l'autrice excelle à rendre compte des relations entre les personnages, et les non-dits sont souvent plus puissants que les mots. 
Une ambiance fantastique réussie avec des histoires de familles et de malédiction. J'ai beaucoup aimé la légende amérindienne qui parcourt le récit. Madeline et Meadow sont très différentes mais elles se complètent et j'ai bien aimé aussi Blaine, un garçon attachant.


" N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent, 
Je suis le scintillement des cristaux de neige, 
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé, 
Je suis la douce pluie d'automne, 
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin, 
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort. "

dimanche 13 octobre 2019

Jefferson


Crédits : Gallimard jeunesse
 🦔🦔🦔🦔
Jefferson
Jean-Claude Mourlevat
Antoine Ronzon (illustrations)
Gallimard jeunesse
mars 2018
272 p.


Le texte d'éditeur
Crédits : Gallimard jeunesse

La petite histoire

Nous déboulons dans la vie plutôt très tranquille jusqu'à présent du jeune hérisson Jefferson, féru de lecture et adepte de petit coin du feu pépère. Mais voilà, c'est sans compter sur le meurtre de son coiffeur M. Edgar, le blaireau dont il découvre le corps. Malheureusement pour lui, vu les circonstances, il est l'assassin désigné. Pour lui, il ne reste qu'une solution : la fuite...

Ce que je retiens de ce roman jeunesse...

 Nous entrons dans un monde où les animaux sont personnifiés, celui-ci côtoie notre société où les animaux sont des êtres inférieurs domestiqués ou élevés pour la plupart. L'auteur nous propose par le prisme d'une enquête policière une critique partisane de notre mode de vie notamment vis-à-vis de la consommation de viande. Il dénonce principalement l’abatage industriel qui bafoue l'éthique de la cause animale sur de nombreux points. En s'adressant aux jeunes, il cherche à les sensibiliser à la cause animale et aux conditions parfois extrêmes que l'industrie alimentaire engendre. C'est un roman engagé que l'on trouve sous une forme plutôt "distractive". 

En effet, l'histoire est bien menée avec cette enquête engagée par deux amis qui deviennent des détectives en herbe. On les suit avec plaisir dans leurs raisonnements et leur périple. 
Les dessins d'Antoine Rozon  sont très doux et réconfortants avec un crayonné aux effets de flouté agréables à l’œil. Le texte n'est pas exempt d'humour, bien au contraire autant dans les situations que es dialogues et relations entre les personnages. On s'attache bien vite à cet anti-héros qu'est Jefferson, un petit hérisson sans histoire un peu frileux vis-à-vis de l'aventure. La galerie de portraits est cocasse et tendre. 
dessin d'Antoine Rozon

Une enquête policière pour défendre la condition animale avec comme thème principal la solidarité
Les illustrations apportent de la douceur à cette histoire qui a une tonalité plutôt grave. J'ai bien aimé le déroulé de l'histoire mais ce n'est pas un coup de coeur ou d'émotion comme souvent avec les livres de Jean-Claude Mourlevat.

mardi 3 septembre 2019

La Reine du Diable Rouge


Crédits : Pulp Factory
 🚀🤖💫🔫
La Reine du Diable Rouge
Jean-Christophe Gapdy
Pulp Factory
janvier 2019
203 p.

Le texte d'éditeur

 Gerulf, l’androïde, est le précepteur de Thomas. Lorsque le jeune garçon est enlevé, face à la lenteur des polices terrestres et malgré le peu d’indices dont il dispose, il se lance à sa recherche. Au cours de ses investigations, il découvrira une autre disparition qui lui semble inexplicablement liée : celle d’une jeune femme sur Mars.
Avec ténacité et pugnacité, il va enquêter, ce qui le conduira dans des situations de plus en plus périlleuses où se croisent intelligences artificielles, pirates et bellicistes des forces spatiales. Et, surtout, il fera la connaissance du Diable Rouge et de sa fascinante Reine.


Quand les coïncidences dépassent leurs probabilités, il ne s'agit plus de hasard, mais de manœuvres. "




La petite histoire

Nous sommes dans les pensées de Gerulf, le garde du corps de Thomas, le fils d'un magnat de l'industrie. Il rêve de devenir détective interplanétaire. La disparition du jeune homme, lui permet d'espionner, questionner et soulever un mystérieux complot qui concerne plusieurs entités : la Spatiale, l'autorité entendue, les pirates toujours à l'affût de butins et une organisation secrète dirigée par la reine du Diable Rouge. Ce que je ne vous ai pas dit c'est que Gerulf, féru de films noirs américains est un androïde sophistiqué qui n'a rien à envier à l'inspecteur gadgets.

Le contexte de lecture

Premier roman lu de cette maison d'édition qui favorise l'imaginaire et le mélange des genres avec une pointe de nostalgie pour la SF des années 70 semble-t-il.
C'est ma première lecture pour le #PumpkinAutumnChallenge 2019 dans le menu Automne Astral. Je valide ainsi la catégorie 2 "Rêverons-nous de moutons électriques ?" avec androïdes en guest star. 

Ce que je retiens de cette lecture...


Je dirai d'emblée que j'ai adoré cette enquête policière et futuriste avec un héros androïde à la personnalité atypique et attachante. Mais seulement pour les 150 premières pages ensuite c'est assez décousu et ne m'a pas apporté la fluidité et la satisfaction des premières pages. C'est bien dommage car on progresse bien dans ce space opera allant de planète en vaisseau à la poursuite d'indices de pistes et voies sans issue. 
 J'aime beaucoup le détective intelligence artificielle ainsi que Wu, l'IA vaisseau mais je n'ai pas beaucoup d'empathie pour les autres personnages. 
J'apprécie le mélange des genres : policier et SF, le cocktail est plutôt réussi.

 

Le Meurtre de Roger Ackroyd


Crédits : Le Masque
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Le Meurtre de Roger Ackroyd
Agatha Christie
Le Masque
mars 2002
222 p.

Le texte d'éditeur

Une mort étrange frappe Mr Ferrars puis sa veuve. Lorsque l'homme qui devait épouser Mrs Ferrars, un riche gentleman nommé Roger Ackroyd, est assassiné, Hercule Poirot se pose bien des questions. C'est que l'enquête est difficile, car tous - domestiques, famille, voisins - avaient une bonne raison de souhaiter la mort d'Ackroyd.


La petite histoire

Nous suivons un médecin de campagne qui nous livre ses impressions et déductions à la suite du décès d'une femme  de son village. Quelques jours après sa mort l'on retrouve Sir Roger Ackroyd poignardé. Il va mener son enquête mais la nièce de la victime va solliciter l'aide d'un certain Poirot, Hercule Poirot, détective à la retraite, son propre voisin qui adore autant fureter que jardiner. 

Ce que je retiens de cette lecture...

Le dernier Agatha Christie lu date de deux ans et c'était une excellente lecture : Dix petits nègres. J'avais envie de nouveau de retrouver la plume de cette grande romancière qui excelle dans le genre policier.  Maintenant que j'ai découvert cette nouvelle aventure d'Hercule Poirot, j'ai hâte de découvrir le Noël d'Hercule Poirot que je me garde pour le Cold Winter Challenge. 

Hercule Poirot à la retraite reprend du service pour notre plus grand plaisir au milieu de secrets de famille, de complots, toujours avec brio.  J'adore ce personnage fouineur qui ne paye pas de mine mais qui est un psychologue hors norme. Il prêche souvent le faux pour avoir le vrai. Je salue une fois encore le talent d'Agatha Christie qui est inventive et extrêmement pointilleuse et logique.
Excellente enquête policière, captivante et sans temps mort (l'autrice nous amène sur de fausses pistes et de nouveaux suspects)  même si je me doutais du coupable cette fois. Ces enquêtes sont l'occasion d'étudier les meorus de ses contemporains, véritable étude sociologique d'une bourgeoisie peu scrupuleuse et pleine de faux-semblants.


samedi 1 juin 2019

Aurore, les roses pourpres


Crédits : Au loup éditions
 🌹🌹🌹
Aurore, les roses pourpres
Dominique Durand
Au Loup
A travers mondes
mars 2019
240 p.
ISBN:9791093950679

Le texte d'éditeur

 Une rentrée au mois d’avril dans un lycée de province inconnu. C’est une journée difficile pour Aurore.
Entre sa confrontation avec le caïd du lycée, sa rencontre avec Charlotte et Cassy et l’intérêt que lui porte l’énigmatique Malec, il lui sera difficile de garder secrètes ses étranges facultés.
Les vrais problèmes surviennent lorsque le grand-père de Cassy se fait enlever sans raison apparente. C’est une course contre la montre qui commence alors. Et si tout était lié à la disparition d’un tableau aux origines inconnues ?
Les ravisseurs pensaient avoir tout prévu. Ils ignoraient que la mystérieuse Aurore n’était pas une jeune fille tout à fait comme les autres.
Mais ils allaient vite le comprendre…

  
La petite histoire

 Nous suivons deux récits à deux époques différentes. 
Jeanne vit à Paris à la fin du 19ème siècle, elle aide sa mère dans les tâches ménagères dans une pension de famille qui les héberge. 
Aurore, de nos jours, vient d'arriver dans un lycée loin de Paris. Elle va devoir affronter les harceleurs de l'établissement, mais va très vite se faire deux amies Cassy et Charlotte. Ces deux histoires vont être liées par un tableau méconnu du peintre Camille Pissarro, les Roses pourpres. Alors que l'on découvre comment le tableau échoue dans les mains de Jeanne à son époque, on le voit resurgir dans un trafic d’œuvres d'art au 20ème siècle. 

Ce que je retiens de ce roman jeunesse... 

L'autrice  auteur (pardon pour l'erreur) a décidé d'alterner les points de vue et les époques pour rapprocher petit à petit les différentes pièces du puzzle qui constituent le récit. Dans l'histoire de Jeanne, les événements s'enchaînent pour donner un récit de vie assez simple et extérieur aux personnages. On ne ressent pas l'empathie comme avec Aurore, la véritable héroïne du roman. Le premier récit est plutôt anecdotique et sert d'éclairage pour la toile de fond du deuxième récit et amène une respiration dans le déroulé de l'action somme toute classique du deuxième, qui se construit sur le modèle d'une enquête policière teintée de fantastique. 

Aurore a un tempérament de feu à l'image de sa chevelure dès son entrée dans le récit, on la remarque par sa détermination et son intransigeance.  C'est le point fort de ce roman. 
Les amies d'Aurore sont plus effacées : Cassy apparaît fragile et sensible alors que Charlotte est plus sereine. 
On se concentre sur Aurore à cause de ses "particularités" dont on comprendra l'origine au fil du récit. Cette dimension surnaturelle place d'emblée Aurore du côté des exclus, des parias ce qui explique son ressenti empreint de méfiance et de peur vis-à-vis de ses amies. L'autrice auteur a su rendre compte des états d'âme de l’héroïne avec justesse. 

L'intrigue m'a semblé quant à elle assez classique, pas de réelles surprises, mais ça fonctionne et je pense qu'un public adolescent peut tout à fait prendre plaisir à cette lecture fluide et divertissante.

Entre fantastique et enquête policière : un roman jeunesse prenant avec une héroïne, aux pouvoirs supranaturels, attachante.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...