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mardi 12 janvier 2021

#PLIB2021 Les Aînés

 

 🐉🖤🖤🖤🖤🖤🐲

Les Aînés, tome 1 : Les cycles corrompus

Serenya Howell

Plume Blanche

mars 2020

612 p.

#ISBN9791094786680 

#PLIB2021 

 Le contexte de lecture

Relecture dans le cadre de la sélection des 26 de le plib 2021 et d'une lecture commune. 



La petite histoire

 Assister à la naissance d'un dragon : quelle aubaine ! Mais Denorh déchante vite quand il est choisi par le dragon naissant qui n'est autre que Asroth, Mort, le dragon maudit. S'enchaîne alors un maelstrom d'émotions et de péripéties pour les deux compagnons liés (malgré eux ?). Aymeric, l'ami de Denorh, l'éternel aspirant restera loyal jusqu'au bout et connaîtra lui aussi un destin extraordinaire.

Mon avis 

 7 royaumes, 8 dragons une guerre fratricide, un lien humain-dragon. de l'action, des émotions, des personnages inoubliables et un univers à couper le souffle. Une immersion dès les premières pages, une écriture maîtrisée et une tension tout du long pour un plaisir de lecture intense. Un fantasy réussi !

L'univers
Trois cycles qui permettent de découvrir l'imagination débordante de l'autrice et la richesse du monde qu'elle a créé.
Les deux premiers cycles se répondent suivant deux aspirants Denorh dans un premier temps qui va devenir le maître de Asroth, le dragon de la Mort, le dragon maudit par ses frères et soeurs puis Aymeric, son ami qui va connaître un destin tout aussi extraordinaire. le dernier cycle permet de comprendre la genèse de cet univers et la naissance des dragons et leurs interactions répondant à des questions soulevées dans les cycles lus antérieurement. 

Les personnages
Serenya Howell crée des personnages très attachants et dont on suit le parcours avec émotions et empathie. le personnage le plus charismatique est sans conteste Asroth, le dragon ténébreux rejeté par tous. L'amitié très forte qui lie Aymeric et Denorh est éprouvée tout du long mais ne perd rien de son authenticité. La relation Asroth et Denorh est en perpétuelle évolution et joue avec nos émotions pour devenir fusionnelle et exceptionnelle. 

La plume
L'autrice opte pour une écriture au passé, qui demande une petite adaptation avant une immersion délicieuse. Elle alterne chapitres courts et chroniques de maître dosant savamment l'action du récit et les informations nécessaires à la compréhension de cet univers inédit. L'alternance des points de vue lors du changement de cycle apporte un éclairage complet sur les intentions de chacun.
La suite des aventures d'Asroth devrait nous plonger dans le passé de ce dernier avec la fameuse Talya la furie évoquée mainte fois dans ce premier opus. Un nouveau personnage intrigant que j'ai hâte de découvrir, tout en ambiguïté.


Une pépite fantasy à ne pas rater !

dimanche 8 mars 2020

La Forêt des Gardiens

Editions du 38
🌲❄🔮🌲❄🌲❄🔮🌲❄🌲❄🔮🌲❄🌲❄🔮🌲❄
La Forêt des Gardiens
Marie-Catherine Daniel
Editions du 38
collection du Fou 
septembre 2019
302 p.

La petite histoire

Dans la forêt de fin d’automne de la planète PèreMère, Méi, 15 ans, est initiée à la télépathie. Est-elle vraiment assez responsable pour l’assumer ?
Dael s’inquiète que son amie de toujours devienne adulte avant lui. Et si le changement creusait un fossé entre eux, et si elle se moquait des nouveaux sentiments qu’elle provoque en lui ?

À 10 ans, Nori est déjà un excellent forestier. Si les horribles mentaloups ne l’obligeaient pas à rester sous la protection télépathique des adultes, il explorerait la forêt de fond en comble.

Arinou adore Dael et Nori, ses grands frères, et sa grande amie, Méi. Certes, ils exigent souvent qu’elle se lave les cheveux, mais ils la laissent éplucher les pomterres pour la soupe et lui apprennent à naviguer en canoë et à pêcher la truite.

Et puis, tout bascule...



Une maladie inconnue et mortelle se répand de village en village. Ils sont les seuls à ne pas être contaminés. Ils vont affronter l’hiver, les prédateurs mentaux et les renégats humains pour trouver les mythiques félis, Gardiens de la planète, et tenter de sauver leurs familles.

 Ce que je retiens de cette lecture...

 Le récit se divise en trois parties qui vont jalonner l'évolution des enfants livrés à eux-mêmes depuis qu'une épidémie mortelle et très contagieuse à toucher les villages des humains. 
Un rythme soutenu nous maintient en haleine dans ce récit de survie dans une nature de plus en plus hostile en raison de la venue de l'hiver. Les humains vivent dans un monde dépourvu de technologie au plus proche de la nature comme les peuples inuits mais dans cet univers de fantasy les humains sont dotés à l'adolescence d'une crête télépathique qui leur permet de mieux se défendre contre les mentaloups notamment dévoreurs d'énergie psychique. Il existe également les Félis, les Gardiens de la forêt très mystérieux. 
 J'aime beaucoup l'ambiance créée avec le rapport étroit à la nature, aux saisons.
C'est un récit initiatique pleins de rebondissements avec un quatuor attachant composé d'une jeune télépathe adolescente Méi courageuse et au fort pouvoir psychique, Dael un jeune adolescent non initié (non encore télépathe) protecteur et amoureux de Méi, et enfin le petit frère de Dael,  Nori débrouillard et au sens pratique fort développé et enfin la petite soeur de Dael, la benjamine du groupe, Ari joyeuse et au caractère bien affirmé pour son jeune âge. 

Un bon roman jeunesse de fantasy avec une trame initiatique assez classique et des personnages bien construits dans un univers lui aussi bien structuré. J'ai passé un très bon moment de lecture avec Méi, Dael, Nori et Ari.

mercredi 22 janvier 2020

Love, be loved, leave, be left de Io Sakisaka




Love, be loved, leave, be left
Io SAKISAKA
Kana
environ 190 pages

tome 1

sorti en juillet 2016
mon avis :
tome 2
sorti en octobre 2016
mon avis : Yuna et Rio sont ici mis en avant et Yuna est ici en plein questionnement sur ses sentiments, sa confiance en elle. c'est un personnage assez naïf mais sincère. Toujours aussi mignon ce manga.

tome 3
sorti en janvier 2017
mon avis : Les relations se croisent et se complexifient un peu plus. J'aime voir les incertitudes envahir le coeur d'Akari qui est ici touchante. Le dessin est parfait, j'adore les regards et les inserts.

tome 4
sorti en juillet 2017
mon avis : L'amitié entre Yuna et Akari est solide et se construit malgré ou plutôt grâce à leurs différences. Des quiproquos rendent les situations (presque)inextricables pour ces cœurs sensibles. C'est toujours aussi kawaï.




tome 5
sorti en novembre 2017
mon avis : Entre les prises de conscience, les avancées de certains : tout devient confusion des sentiments dans ce tome fort charmant !

tome 6
sorti en mai 2018
mon avis : Les garçons de cette série évoluent dans leurs sentiments : Rio ouvre enfin les yeux et sort de sa boucle quand Kazu, plus discret privilégie l'amitié à l'amour. C'est tendre à souhait !

tome 7
sorti en novembre 2018
mon avis : La fête du lycée une bonne occasion d'emmêler les coeurs ! Un tome réussi et qui va être révélateur et accélérateur pour certains dans leur rapprochement. J'aime toujours autant les personnages auxquels je m'attache à chaque tome un peu plus.

tome 8
sorti en mai 2019
mon avis : Arrivé d'un nouveau garçon dans l'histoire qui ajoute un peu de tension et des questions à tous ces cœurs palpitants. Toujours aussi mimi !

tome 9
sorti en novembre 2019
mon avis : La Saint-Valentin et son lot de doute, de joie et de déception ! Un tome qui nous laisse dans l'attente d'une réaction de Kazu (mon personnage préféré). Il va être long d'attendre le tome suivant.





 Yuna et Akari sont deux lycéennes aux caractères fort différents (l'une timide, l'autre confiante, en apparence). Leur amitié va se renforcer et les faire évoluer au fil de leurs rencontres amoureuses et de leur confidences. L'amour et le sentiment amoureux sont au centre de leurs préoccupations. Les quiproquos, les non-dits vont se succéder et provoquer des situations embarrassantes, problématiques et empêcher les relations de s'épanouir sereinement. Ce manga est aussi l'occasion de parler des relations jeunes/parents, du divorce, de l'orientation, des choix de vie et bien sûr des moments forts de la vie lycéenne. Le dessin est très doux et expressif. Le point fort de cette série reste la relation des personnages entre eux, leur questionnement et leur évolution au contact des autres. Une série toute mignonne et sensible, idéale pour les fleurs bleues comme moi. 

plus que trois tomes pour conclure cette saga shojo bien mignonne.

samedi 4 janvier 2020

L'Aube sera grandiose


Crédits : Gallimard jeunesse
🚗🧡💗💙🏡
L'Aube sera grandiose
Anne-Laure Bondoux
Coline Peyrony (illustratrice et "accessoirement" fille de l'autrice)
Gallimard jeunesse
septembre 2017
ISBN:9782070665433

 Le texte d'éditeur
 Titania emmène sa fille, Nine, seize ans, dans une mystérieuse cabane au bord d'un lac. Il est temps pour elle de lui dévoiler des événements de sa vie qu'elle lui a cachés jusqu'alors. Nine écoute, suspendue aux paroles de sa mère. Flash-back, anecdotes, personnages flamboyants, récits en eaux troubles, souvenirs souvent drôles et parfois tragiques, bouleversants, fascinants secrets... Peu à peu jaillit un étonnant roman familial, qui va prendre, pour Nine, un nouveau tour au matin..

" Le monde, cette année-là, n'allait pas très bien, comme d'habitude.(...)Nous avions perdu Jean-Paul Sartre et Joe Dassin ainsi que le championnat d'Europe..."


La petite histoire

Titania embarque sa fille sans explication vers un lieu perdu dans la nature, une cabane, la cabane de sa famille. Elle va passer toute la nuit à révéler ses souvenirs d'enfance et d'adolescence à sa fille Nine. Une aube nouvelle va  éclairer la mère et la fille pour un nouveau départ.

Ce que je retiens de cette lecture...

 Anne-Laure Bondoux excelle dans la construction des personnages qu'elle nous cheville au coeur : avec une Rose-Aimée, échassier sauvage toujours en partance, un Orion, vélocipède obsessionnel, un Octo, poulpe mélomane et célébrité anonyme, une Conso-Titania, héronne solaire et raconteuse d'histoires, une Nine, poisson naïade révoltée. Une famille construite de bric et de broc comme leur cabane refuge mais où il fait bon vivre. 

 " -Ici, c'est toujours comme ça. On dirait que le jour ne va jamais revenir, dit Titania. Mais tu verras, l'aube sera grandiose."

J'ai adoré découvrir au fil des mots chaque membre de cette smala bringuebalée par la vie et ses bouleversements. Les personnages secondaires ne sont pas en reste Jean-Ba, Vadim, Lulu apportent une planche à l'édifice et même les absents laissent un vide immense qui façonne les cœurs et les âmes. 

" - Personne n'est jamais prêt à entendre la vérité. Je peux te le dire par expérience, il n'y a pas de bon moment pour ça. Il arrive, et on n'y peut rien."

Les secrets de famille sont révélés les uns derrière les autres pour expliquer  les choix, les décisions de Titania. Anne-Laure Bondoux est une conteuse hors pair, elle nous tient en haleine comme Titania avec sa fille annonçant les événements par bribes pour ne rien laisser au hasard. 

" Rose-Aimée lui a fait remarquer qu'on ne sait pas toujours où commence une histoire.
- Dans certaines, on entre par la porte principale. Dans d'autres, on entre par l'arrière. Par des portes dérobées. "


  A travers ces révélations l'on perçoit la relation tendue mère-fille et les moments de complicité, l'amour qui les unit. 

Un magnifique roman qui bouleverse. L'émotion affleure la surface de ce lac, écrin d'un secret trop lourd à garder. Une pépite !

Et quand le soleil a franchi la ligne d'horizon, là-bas, j'ai su que j'avais envie de t'offrir ça.
- Le lever du soleil?
- Oui, le rougeoiement de l'aube. Et les oiseaux, l'eau, la brume, les grenouilles...
- Et les moustiques, complète Nine en écrasant une bestiole sur son bras.
- Oui, même les moustiques, murmure Titania assez émue. Le monde tel qu'il est: avec son infinie beauté, et son lot d'emmerdements. Tu comprends ce que je veux dire ? "

samedi 16 novembre 2019

Thorngrove #PLIB2020


Lynks




Cécile Guillot
Lynks
octobre 2019
269 p.
#ISBN:9791097434373




Thorngrove. Sa forêt d'épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. Ses jumelles maudites.
Lorsque Madeline débarque à Oakgrove et s'intéresse d'un peu trop près à Thorngrove, elle déclenche une série d'événements de plus en plus inquiétants. Et lorsque sa sœur est touchée, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller...

Thorngrove. Sa forêt d'épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. On raconte que jadis, des jumelles y ont vécu. Que l'une d'elles est devenue la proie du Malin et a tué sa propre sœur... Qu'elles hantent toujours les lieux.

De nos jours, Madeline débarque à Oakgrove suite à la séparation de ses parents. Quand on lui demande de faire un dossier sur la ville, la jeune fille, curieuse d'en apprendre plus, pense tout de suite à la légende urbaine de Thorngrove. Mais son enquête pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées,menaçant la santé mentale déjà fragile de sa cadette, Meadow. Lorsque celle-ci se met à agir de manière de plus en plus inquiétante, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller... et si les fantômes ne seraient pas réels.

 
Je me suis procuré le livre en avant-première aux Aventuriales où j'ai rencontré pour la deuxième fois l'autrice toujours aussi réservée et sensible. Je la remercie pour sa dédicace délicate et attentionnée.

Une lecture effectuée dans le cadre du #tournoideselites et de sa première épreuve, l'épreuve des audacieux du #PLIB2020. Seules lectures autorisées : SFFF ou Thriller/Polar. J'ai choisi de découvrir un présélectionné du PLIB2020 et j'ai fait une très bonne lecture. 

PLIB


Il est, de plus, sélectionné dans les 20 et passe donc à l'étape suivante. Souhaitons à son autrice qu'il continue dans l'aventure du PLIB2020.

 

Madeline et Meadow débarquent avec leur mère dans un trou pluvieux du Wisconsin, loin de la ville et de leur père. 
Madeline ne décolère pas depuis que son père est parti avec une nouvelle femme. Elle est à fleur de peau, bagarreuse. 
Meadow est égale à elle-même, elle présente des troubles autistiques qui la pointe comme étant différente au regard des autres. Mais elle semble bien s'intégrer au lycée. 
Madeline va faire la connaissance d'un garçon de sa classe, un peu marginal, Baine, qui va devenir son ami et son partenaire pour un exposé qui les amène à travailler sur le manoir lugubre de Thorngrove. Une atmosphère délétère plane sur ce lieu et elle va contaminer l'humeur des deux jeunes filles, sujettes à des émotions exacerbées, quasi incontrôlables.




 L'objet-livre

Je voulais d'abord souligner le magnifique travail d'édition, avec le soin porté à la couverture par le biais de la magnifique illustration de Fernanda Suarez (@fdasuarez sur Insta), ainsi que de la police de caractère fort bien choisie du titre. La mise en page est elle aussi très raccord avec cet ensauvagement, ce roncier qui avale les pages, jusque sur la tranche qu'il noircit.  



 

L'atmosphère et l'agencement de l'intrigue

Parlons d'abord de l'ambiance créée par l'autrice : le mystère est de mise dans ce roman fantastique où l'on avance avec l'héroïne Madeline d'abord sereinement, sans appréhension et puis l'angoisse pointe, enfle, s'affermit au fil des pages. 
Cécile Guillot construit son intrigue comme une enquête avec des indices qui s'ajoutent au fur et à mesure pour reconstituer un puzzle macabre où à la fin c'est le visage de la mort que l'on finit par apercevoir. 
Mais ce que j'aime dans ce roman, ce sont les respirations et les moments feelgood qui sont distillés de ci de là notamment quand Madeline et Blaine se retrouve. Ce personnage masculin est un catalyseur de mauvaises ondes, il est pacificateur. 

Le lieu antinomique de Thorngrove et dont je rêverai pousser la porte est ce petit salon de thé bric à broc où Blaine amène Madeline afin qu'elle goûte à une tarte au potiron. 

Pour ajouter à l'atmosphère déjà frissonnante, l'autrice nous situe à la période d'Halloween et du jour des morts, en octobre et novembre, mois pluvieux par excellence. 

Le manoir de Thorngrove est comme retourné à l'état sauvage, sans propriétaire véritable, abandonné et entouré d'une légende amérindienne reprenant l'idée du sacrifice du frère, du double pour une renaissance, un équilibre entre le bien et le mal. 

Je ne résiste pas à l'envie de partager cette légende signifiante et poétique, symbolique et tragique. 

 
"  Quand le déluge inonda le monde, Moqwaio envoya son corbeau pour trouver un bout de terre. Survolant la surface des eaux, l'oiseau aperçut la cime d'arbres dépassant des flots. Moqwaio s'y posa et restaura le monde, faisant reculer les eaux. Il devint un héros aux yeux du peuple. Mais Anamaqkiu, l'esprit malfaisant de la forêt, était furieux : il décida de tuer Manabush, le frère jumeau de Moqwaio. Il planta l'épine de la discorde dans le coeur du jeune homme, et quand les frères se disputèrent, en venant aux mains, Manabush glissa malencontreusement dans le lac. (...) Moqwaio voulut le sauver, mais Anamaqkiu gela la surface de l'eau, de sorte que le frère resta prisonnier du lac et se noya sous les yeux du héros. L'esprit l'emporta ensuite avec lui dans le Monde du Dessous.

Les personnages

Cécile Guillot a su modeler des personnages attachants, malgré ou grâce à leurs défauts, leurs failles, leur fragilité. 
Je ne retiendrais ici que Madeline, Meadow et Blaine même si les autres personnages apportent de l'épaisseur et de la consistance à ces trois-là. 
L'autrice laisse s'exprimer les deux sœurs, chacune avec sa sensibilité, son caractère.  D'ailleurs, leurs voix s'alternent et se répondent comme des échos lancés au vide. Un amour fraternel les unit mais la parole entre elles est difficile. On le remarque à plusieurs reprises dans le récit. 
Elles ont une difficulté à communiquer, à formuler leur ressenti. 
Meadow semble posséder des troubles autistiques, une sorte de clairvoyance, aussi. Elle est étrange, au ses plein du terme, étrangère à l'autre (même sa sœur).  

J'aime beaucoup le traitement qui est fait de la différence, de l'importance du regard des autres sur soi, sur son entourage. 

J'en viens au personnage de Blaine, que j'aurai voulu voir développé un peu plus. Il possède une aura solaire et bienfaitrice, il est comme un baume sur les plaies à vif de Madeline qui n'est qu'émotions, explosions. J'aime ce duo. 

Je dirai que l'autrice excelle à rendre compte des relations entre les personnages, et les non-dits sont souvent plus puissants que les mots. 
Une ambiance fantastique réussie avec des histoires de familles et de malédiction. J'ai beaucoup aimé la légende amérindienne qui parcourt le récit. Madeline et Meadow sont très différentes mais elles se complètent et j'ai bien aimé aussi Blaine, un garçon attachant.


" N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent, 
Je suis le scintillement des cristaux de neige, 
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé, 
Je suis la douce pluie d'automne, 
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin, 
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort. "

lundi 12 août 2019

Mathieu Hidalf, tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf


Crédits : Gallimard jeunesse
😁 🧚👑🎂😜

 " Dehors, un vent houleux s'abattait sur l'auguste façade du manoir Hidalf. Au loin, un chêne qui se moquait d'un roseau se rompit le dos dans un craquement sonore. "


Mathieu Hidalf, tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf
Christophe Mauri
Gallimard jeunesse
août 2011
255 p.

" Il déchira le paquet d'un geste théâtral, et demeura un instant perplexe en découvrant quelque chose qui ressemblait vaguement au pire cadeau qu'on puisse offrir à un enfant normal, c'est-à-dire... un livre! C'était presque déraisonnable, car il y en avait trois piles, trois piles de livres épais comme des dictionnaires, garnis d'une reliure de cuir. "

La petite histoire

Mathieu Hidalf fête ses 10 ans aujourd'hui, le même jour que l'anniversaire du roi.  Et la particularité de ce jeune garçon, c'est qu'il est farceur au plus haut degré. Tout le royaume a parié sur la bêtise qu'il doit vraisemblablement tramée depuis des jours et des jours, en fait depuis qu'il est  enfermé dans sa chambre suite à la précédente monumentale bêtise qu'il a fomentée. Dans ce monde de contes de fées, jamais rien ne se passe comme prévu... 

" Mathieu Hidalf se réveilla de très bonne humeur, parce que ce jour-là, pour la première fois, il fêtait ses dix ans. Bien sûr, dix ans, c'était trop peu pour être libre; c'était trop peu pour tomber fou amoureux; c'était trop peu pour devenir Prétendant élitien et trop peu encore pour déposséder son père du manoir de ses ancêtres.
Mathieu Hidalf se leva d'un air maussade, ayant complètement perdu sa bonne humeur, à cause de tout ce qu'il ne pouvait pas encore accomplir à dix ans. Avoir dix ans ne servait à rien, c'était un scandale ! "


Ce que je retiens de ce roman...

Le monde merveilleux créé par Christophe Mauri rassemble des éléments de contes classiques (nymphettes, mages, roi, grimoire magique, chien à quatre têtes...) mais tournés en dérision pour notre plus grand bonheur de lecteur. 

 " Je suis débordé comme un tonneau percé de trous. "

Nous avons d'abord un manoir lugubre avec une cave qui abrite un chien à quatre têtes Bougetou, ensuite un château aux innombrables étages et enfin une école d'élite mystérieuse où l'on ne peut entrer qu'après un examen difficile. Elle est fermée par une double grille verrouillée par la magie. 

L'auteur a su créer une galerie de portraits chamarrée et cocasse. Le bouffon de l'histoire aurait pu être Mathieu mais  c'est plutôt son père Rigor Hidalf, bien malgré lui. 

 " En un mot, votre père est un incapable. C'est ainsi, et il faut de tout pour faire un monde imparfait. "

 Ce personnage vaut un bourgeois gentilhomme par ses propos et attitudes. A contrario, Mme Hidalf est une femme digne et posée. Les trois sœurs de Mathieu Hidalf ont des caractères différents et bien trempés malgré leur prénom commun : Juliette. Juliette d'or l'aîné est d'une beauté renversante, sa cadette Juliette d'argent est la discrétion même et la sagesse supposée alors que la benjamine Juliette d'airain est une sorte d'Einstein qui a réponse à tout et pas les yeux dans sa poche quand Mathieu n'est pas loin. Pour clore le portrait de la famille il nous reste Mathieu à l'esprit vif toujours à l'affût de la moindre facétie. Ce trublion burlesque nous régale et précipite l'action. 

" Maître Barjaut Magimel logeait sous les toits de la tour de M. Hidalf, avec ses dossiers, ses grimoires et sa barbe plus poussiéreuse qu'une serpillière. Il était si vieux que personne ne l'avait connu enfant."


Les autres personnages sont à découvrir et pimentent chacun à leur façon ce récit distrayant. 

- Vous êtes formidable, maître Magimel.
- Non, non, je ne suis qu'un génie, voilà tout. "


Enfin, j'en viens à l'écriture que j'apprécie pour ses références et les jeux de mots, les noms des personnages qui parsèment ce conte espiègle. J'ai noté quelques tournures fort sympathiques que j'ai constellées dans ma chronique. 


" Mais Mathieu connaissait M. Rigor Hidalf mieux que son propre miroir, qui assumait pourtant la lourde tâche de le regarder tous les jours droit dans les yeux. "

Il peut se lire indépendamment de la série, mais on n'aurait tord de se priver de plusieurs bonnes tranches de rigolade. 

" La situation n'avait de cesse d'empirer. Mais il avait encore un tour dans son bonnet de nuit... "

Beaucoup d'humour donc dans ce fantasy jeunesse. J'ai adoré cette aventure rocambolesque de Mathieu Hidalf dans un monde fantasque où la bêtise est reine. L'auteur nous régale par les mots et le récit. C'est rafraîchissant et jubilatoire. Vite, la suite !

" Je suis aussi tourmenté que l'escalier d'une tour sans sommet, voire plus, confirma Mathieu. "

lundi 22 juillet 2019

Quatre soeurs, tome 4 : Geneviève


Crédits : Rue de Sèvres
Quatre sœurs, tome 4 : Geneviève 
Malika Ferdjoukh
Cati Baur
Rue de Sèvres


Le texte d'éditeur
 
Dans ce quatrième et dernier tome, tous les cœurs battent la chamade au rythme d'un été plutôt mouvementé ! Geneviève vend des glaces sur la plage, et fond pour Vigo, le beau ténébreux aux manières très singulières. Hortense et Enid jouent à Robinson sous les toits de Paris. Quant à Bettina, partie camper en compagnie de Denise et de Béhotéguy chez une cousine invisible, elle essaie d'oublier Merlin...
Charlie, elle, ne sait absolument plus où son coeur se pose...


Ce que je retiens de ce tome...

 J'ai choisi de lire ce tome en été en raison de sa couverture (plusieurs challenges validés) et il me permet de valider le Femini Book  de juillet avec un graphique.

Je suis ravie de découvrir Geneviève qui est somme toute assez discrète dans les tomes précédents. Elle est généreuse, travailleuse et aux petits soins pour ses sœurs.  Nous sommes en été, et elle travaille sur la plage à la vente de glace. Elle va alors rencontrer un garçon mystérieux. On suit également Charly à la villa, Bettina et ses amis en vacances à la ferme, Hortense et Eden à Paris. Tout ce joyeux monde finira les vacances ensemble avec quelques rustines en plus sous le regard bienveillant de leurs parents fantômes.

J'adore cette famille de frangines, on est toujours entre rires et larmes, dans l'émotion et j'adore avoir le coeur qui palpite pour ces bouts de femmes. Les dessins de Cati Baur servent magistralement le texte de Malika Ferdjoukh. Une lecture idéale pour l'été. 

Une saga que j'adore. Le personnage de Geneviève apparaît avec toute sa générosité. Les autres sœurs ne sont pas en reste et l'amour plane sur la bâtisse de de Vill'Hervé. Il semblerait que ce soit le dernier tome et Charly, alors ? Je suis triste de quitter cette famille déjantée et très attachante.

samedi 15 juin 2019

Ses griffes et ses crocs

 

💙⛰💙⛰💙

Ses griffes et ses crocs
Mathieu Robin
Actes Sud junior
mai 2015
167 p.


Le texte d'éditeur

 Marcus a toutes sortes de tocs qui font de sa vie une suite de cauchemars. Lorsque sa famille part en vacances avec des amis dans un chalet perdu au fond de la forêt, ses repères sont complètement chamboulés. Et cela ne s’arrange pas lorsqu’il tombe sur un livre parlant de la montagne où ils se trouvent, une montagne que la légende dit maudite…

La petite histoire

Nous suivons Marcus un jeune garçon de 10 ans à peine qui part en vacances avec sa sœur Lia et ses parents dans un coin sauvage au milieu des montagnes dans le chalet des Brümmer. Marcus a de nombreuses peurs qui lui ont fait développer des tocs, des "manies" très contraignantes pour lui et sa famille. Ce séjour s'annonce très éprouvant pour Marcus qui perd vite ses repères ce qui agace sa sœur rebelle et en constante colère. Dans un contexte tendu, les adultes partent en randonnée pour la journée laissant les adolescents seuls au chalet.  

Ce que je retiens de ce roman...

 La couverture signée Laurent Rivelaygue est sublime et très narrative tout compte ou conte fait d'ailleurs.

L'ambiance et l'intrigue sont menées de main de maître : suspense et tension sont bien là. 
Le prologue et l'épilogue sont à la première personne comme pour mieux nous attacher à Marcus, ce petit bonhomme sensible. Puis l'on entre dans le récit teinté de fantastique, de légende indienne. On voit la tension monter crescendo au fil des chapitres. L'action se précipite vers la fin, jouant avec notre palpitant.
Les différents personnages sont posés chacun sur cet échiquier,  avec leurs zones d'ombre et de lumière.  L'auteur rend compte de leur état d'âme à chaque étape du récit. J'ai beaucoup apprécié le traitement des émotions et des ressentis des personnages adultes comme adolescents. On s'attache rapidement à eux. 
La relation fusionnelle des jumeaux Mary et Paul, leur rôle protecteur vis-à-vis de leur grand petit frère Sam, trisomique,  le mal-être profond de Lia et la fragilité de Marcus rendent ce récit divertissant, plus riche et conséquent.

L'auteur est un véritable conteur qui sait jouer avec les émotions de son lecteur. Il découpe brillamment son histoire pour mieux nous captiver.

 Un roman fantastique qui m'a tenu en haleine tout du long, même si la Bête est vite reconnaissable. J'ai beaucoup aimé la psychologie des personnages, cette bande d'adolescents livrés à eux-mêmes qui montrent leurs failles mais aussi leurs forces face au danger.




mercredi 22 mai 2019

Les Guerriers de glace

❅❅❅❅
Les Guerriers de glace
Estelle FAYE
Nancy PEÑA, illustratrice
Nathan
mai 2018
107 p.
ISBN : 9782092576830

 
Le mot de l'éditeur
 
Dans le village de Rosheim, Alduin et Léna sont les meilleurs amis du monde. Pourtant tout les sépare : Alduin est le fils du chef; Léna est la fille de la guérisseuse. Un jour, ils découvrent que les Guerriers de Glace, ces êtres cruels qui vivent au-delà des montagnes, reviennent au village pour enlever une jeune fille.
Alduin surprend une discussion entre villageois : ils sont prêts à sacrifier son amie pour épargner leurs filles.
Léna décide de s'enfuir...


La petite histoire

Un fantasy jeunesse qui met en scène deux enfants Léna et Alduin en proie à la cruauté des adultes qui sont prêts à sacrifier la jeune fille pour éviter une razzia dans leur village perdu au milieu de la neige et de la glace. Tout ça parce qu'elle est la fille de la guérisseuse, une paria.
 Leur fuite va permettre une émouvante rencontre.


Ce que je retiens de ce roman jeunesse...

J'ai été heureuse de retrouver la plume d'Estelle Faye. Elle a un véritable talent de conteuse : elle pose d'emblée le décor et les personnages et immerge ainsi directement le lecteur dans ce monde de glace et de froid. 
Les dessins de  Nancy Peña permettent de voir les émotions des personnages et le doute et la peur qui les assaillent par moment. Le choix d'un minimum de couleurs permet de mettre l'accent sur des éléments précis. Le rouge (signe de vie,de vivacité) est surtout octroyé aux deux enfants alors que les autres personnages sont de glace (bleu) mis à part la guérisseuse vers la fin. 
Le personnage du jeune soldat reste mystérieux jusqu'aux dernières pages, mais son arrivée est déterminante pour les deux enfants. Il va permettre à Alduin de faire face à son père.
Un joli conte qui fait la part belle à l'émotion, l'action et la magie avec un trio d'enfants rebelles et déterminés face à un monde d'adultes blasés, résignés. Un récit sur la différence, l'importance du lien familial et sur l'amitié.


 

mercredi 8 mai 2019

Les Cerfs-volants de Kaboul (Roman graphique)



Les Cerfs-volants de Kaboul
Khaled Hosseini
Fabio Celoni
Mirka Andolfo
Belfond
novembre 2011
134 p.

Le texte d'éditeur

 Bien que frères de lait, Amir et Hassan ont grandi dans des mondes différents : le premier est le fils d'un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. Inséparables, liés par une même passion, les deux garçons se vouent une amitié indéfectible.
Mais ce lien va se briser à jamais. Alors que sous ses yeux Hassan subit une véritable ignominie, Amir reste pétrifié. Peur ? Lâcheté ? Honte ? Pris dans une terrible confusion des sentiments, il n'esquissera pas un geste pour sauver son ami.

Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Il existe un moyen de te racheter, lui annonce la voix au téléphone. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé.


Ce que je retiens de cette lecture ...

 Le contexte historique est celui de l'Afghanistan des années 70 aux années 2000. Un contexte de guerre qui voit l'invasion des Russes d'abord qui pousse à l'exil certains Afghans vers le Pakistan et les autres pays du monde,  puis c'est l'arrivée au pouvoir des Talibans et leur répression sanglante liée à un intégrisme forcené.

L'histoire dans l'histoire est celle de deux enfants Amir et Hassan, différents et pourtant amis. Un acte traumatisant va scinder cette amitié : un viol auquel Amir ne saura pas réagir. De cette inaction va n'être une culpabilité qui ne va jamais le quitter. 

C'est la découverte de l'importance de l'image du père et du poids des secrets. De l'absence de la mère, également. C'est une histoire de famille déchirée. Une histoire de filiation, de fratrie, de pactes tacites, d'honneur. On nous parle ici de construction de soi avec un héritage, des sentiments, des oppositions, des engagements. Une construction complexe.

Les illustrations baignent dans une atmosphère sombre dans les trois-quarts du livre, seuls les passages avec les cerfs-volants sont une ouverture vers l'espoir et la liberté, vers ce ciel vaste, vers l'insouciance de l'enfance. Le trait est épais et donne une tonalité rude et vive au dessin.
Très souvent l'illustrateur enferme les personnages dans des cases très serrées, comme si ils étaient étriqués par leurs traditions, leurs culpabilités.  Les portraits sont des gros plans sur leurs souffrances, souvent amputés (parties de visages). Les cadrages et angles de vue écrasent les personnages (plongée, inclinaison du cadre).

Une histoire poignante sur la fraternité, la famille, l'honneur, la filiation et sur l'Afghanistan avec une illustration aux traits très marqués et expressifs. Il y est question également de violence physique et sexuelle, de culpabilité.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...