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dimanche 2 février 2020

Les Nocturnes #Plib2020


Crédits : Lynks
 🦉🌑🌙🦉

Les Nocturnes  #Plib2020
Tess Corsac
Lynks
mars 2019
370 p.
#ISBN9791097434274 

Le texte d'éditeur

 125 Rouges. 125 Verts. 250 amnésiques. Et combien de Nocturnes ?
Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su... Aurions-nous quand même été jusqu'au bout ?
Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su... Aurions-nous quand même été jusqu'au bout ?

Un nom, un bloc, une couleur d'uniforme : Rouge ou Vert. Ce sont les seules informations dont disposent les deux-cent-cinquante pensionnaires de la Croix d'If, entrés dans l'institut sans le moindre souvenir et sans opportunité de sortir.
Natt Käfig est un Rouge du bloc 3A. Il est le dernier à avoir vu Laura, une Verte, avant sa mystérieuse disparition. Il se fait approcher par un groupe d'élèves... Qui sont ces " Nocturnes " qui ont besoin de son aide et qui pensent que Laura avait découvert les raisons de leur présence dans l'institut ? Rouges et Verts vont devoir collaborer pour percer le secret de la Croix d'If et échapper à l'administration. Y parviendront-ils en apprenant qu'ils sont prisonniers pour des motifs différents ?


La petite histoire

Natt semble se réveiller d'un profond sommeil quand il voit cette jeune fille traverser de nuit l'institut des papiers sous les bras, elle fuit... Une étincelle s'est allumée dans son regard, celle de la révolte, de l'envie de savoir, il va rejoindre les Nocturnes. Mais qui sont-ils, que font-ils dans l'ombre ? Que veulent-ils ? 


Le contexte de lecture

 Les Nocturnes est un des sélectionnés du #plib2020 et un livre que je souhaitais découvrir dès sa sortie. Une excellente lecture qui mérite largement sa place dans cette sélection. 
 
Crédits : leplib

 
Ce que je retiens de cette lecture...

L'atmosphère du bouquin est brouillardeuse comme l'esprit des jeunes enfermés dans cet institut. Le lecteur découvre au rythme de Natt la vie et les secrets de ce lieu. L'on se révolte à l'unisson contre les non-dits, les règles. L'autrice met en place un huis clos étouffant où 250 jeunes s'observent, se jugent, s'allient sous la surveillance constante de "l'etablishment", une autorité taiseuse qui supervise leur quotidien et s'immisce dans leur intimité. Pas de liberté pour les membres de cet institut, mais pourquoi ? 

 Beaucoup de rythme et d'action. De la tension tout du long.
Tess Corsac nous tient en haleine du premier mot au point final et même quand des révélations sont faites, elle maintient une pression de dingue. L'action prend le relai de la réflexion et nos nerfs sont mis à vif.  J'ai frémi en suivant Natt dans sa quête de vérité et d'identité. 
 C'est certainement la qualité première de ce récit faire vibrer le lecteur au diapason de ses héros. 

J'ai apprécié chaque personnage de l'histoire même si l'on suit plus particulièrement Natt. Ils ont tous des personnalités duales, complexes, non tranchées, ils sont comme la couverture, à la tonalité grise ni tout à fait blancs ni tout à fait noirs. Ils sont jugés, ils se jugent entre eux, ils se jugent eux-mêmes, mais ils sont le miroir d'une société rongée par la culpabilité sans savoir comment réagir et agir.
La thématique de la culpabilité et la recherche d'identité sont intimement liées ici. L'introspection est de rigueur dans ce récit d'action, une plus-value non négligeable qui donne force et qualité à l'histoire.

Mise ne réseau 

Un huis clos haletant avec des rebondissements jusqu'aux dernières lignes.
A rapprocher de La Tour de Cécile Duquenne ou encore  Naissance  des cœurs de pierre d'Antoine Dole, pour les amateurs de film de Vol au-dessus d'un nid de coucou avec Jack Nicholson  pour les quelques schèmes en commun qui ne laissent pas indemnes.


mercredi 14 août 2019

La Tour

Crédits : Voy'[el]
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La Tour
Cécile Duquenne
Voy'[el]
septembre 2015
157 p.

La petite histoire

Jessica est une jeune fille de 16 ans qui se réveille dans un marigot infesté de crocodiles et qui n'a qu'une option : courir, courir vite et grimper toujours sans relâche pour survivre... Pourquoi elle est là ? Elle n'en sait rien.Son instinct lui crie simplement de courir.

Ce que je retiens de ce roman...

 Le contexte de lecture

Ce petit roman est dans ma PAL depuis deux ans, je suis contente de le voir en sortir. J'ai apprécié cette fuite en avant et cette plongée dans les méandres de l'esprit.  

La construction du récit

L'autrice nous plonge d'emblée dans une ambiance nauséabonde et tendue, lugubre et inquiétante. Les sensations et le ressenti de l'héroïne sont très bien décrits et nous font vivre les événements à l'intérieur du corps et de l'esprit de cette jeune fille plus forte mentalement qu'elle n'y paraît. 

J'aime beaucoup le découpage en petits livrets suivant la géographie du lieu : avec des étapes bien marquées, des épreuves qui s'intensifient et les souvenirs qui apparaissent progressivement pour reconstituer un puzzle (métaphore du cheminement personnel).

" La confiance, ce n’est pas « un peu », c’est « tout ou rien », c’est absolu. Ça se donne et jamais ne se reprend. Quand l’autre la trahit, elle est brisée et on ne peut plus rien en faire. Elle ne se reconstruit pas, elle ne peut être réparée."

Les personnages

Le personnage principal est Jessica, une héroïne qui suit son instinct, forte, et de plus en plus déterminée au fil des pages. 
James, le beau ténébreux mystérieux et inquiétant à la fois qui la suit sans discuter.
Jonathan, une autre énigme, coriace et loyal. 
Melvin, exécrable, impulsif qui constitue très vite un autre groupe de survivants. 
Les relations et les liens qui les unit à la tour seront dévoiler tardivement pour plus de surprise. L'autrice accomplit cependant la prouesse en très peu de pages à nous les faire aimer ou détester. 

Un thriller de SF trépidant où l'on suit l'ascension vertigineuse de Jessica, une battante dans une mystérieuse tour pleine de dangers mortels. C'est prenant, haletant : la tension est soutenue dans cette course la montre pour la survie de l'âme.


mercredi 8 mai 2019

Les Cerfs-volants de Kaboul (Roman graphique)



Les Cerfs-volants de Kaboul
Khaled Hosseini
Fabio Celoni
Mirka Andolfo
Belfond
novembre 2011
134 p.

Le texte d'éditeur

 Bien que frères de lait, Amir et Hassan ont grandi dans des mondes différents : le premier est le fils d'un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. Inséparables, liés par une même passion, les deux garçons se vouent une amitié indéfectible.
Mais ce lien va se briser à jamais. Alors que sous ses yeux Hassan subit une véritable ignominie, Amir reste pétrifié. Peur ? Lâcheté ? Honte ? Pris dans une terrible confusion des sentiments, il n'esquissera pas un geste pour sauver son ami.

Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Il existe un moyen de te racheter, lui annonce la voix au téléphone. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé.


Ce que je retiens de cette lecture ...

 Le contexte historique est celui de l'Afghanistan des années 70 aux années 2000. Un contexte de guerre qui voit l'invasion des Russes d'abord qui pousse à l'exil certains Afghans vers le Pakistan et les autres pays du monde,  puis c'est l'arrivée au pouvoir des Talibans et leur répression sanglante liée à un intégrisme forcené.

L'histoire dans l'histoire est celle de deux enfants Amir et Hassan, différents et pourtant amis. Un acte traumatisant va scinder cette amitié : un viol auquel Amir ne saura pas réagir. De cette inaction va n'être une culpabilité qui ne va jamais le quitter. 

C'est la découverte de l'importance de l'image du père et du poids des secrets. De l'absence de la mère, également. C'est une histoire de famille déchirée. Une histoire de filiation, de fratrie, de pactes tacites, d'honneur. On nous parle ici de construction de soi avec un héritage, des sentiments, des oppositions, des engagements. Une construction complexe.

Les illustrations baignent dans une atmosphère sombre dans les trois-quarts du livre, seuls les passages avec les cerfs-volants sont une ouverture vers l'espoir et la liberté, vers ce ciel vaste, vers l'insouciance de l'enfance. Le trait est épais et donne une tonalité rude et vive au dessin.
Très souvent l'illustrateur enferme les personnages dans des cases très serrées, comme si ils étaient étriqués par leurs traditions, leurs culpabilités.  Les portraits sont des gros plans sur leurs souffrances, souvent amputés (parties de visages). Les cadrages et angles de vue écrasent les personnages (plongée, inclinaison du cadre).

Une histoire poignante sur la fraternité, la famille, l'honneur, la filiation et sur l'Afghanistan avec une illustration aux traits très marqués et expressifs. Il y est question également de violence physique et sexuelle, de culpabilité.

dimanche 15 octobre 2017

Le Petit bossu de Sabine du FAY et Sébastien MOURRAIN


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 Le Petit bossu

(d'après un conte des Mille et une nuits)

Sabine du FAY

Sébastien MOURRAIN

Seuil Jeunesse

mars 2012



L'Histoire 


Invité à dîner chez le tailleur, le petit bossu meurt étranglé par une arête de poisson. Son hôte paniqué dépose le corps chez le médecin juif, qui à son tour croit l’avoir tué. Le pauvre bossu passe ainsi de main en main, jusqu’à ce qu’un coupable soit désigné

Mon avis

 

Le contexte

J'ai lu il y a quelques mois les Mille et une nuits et ce conte en particulier m'avait marqué. Je le retrouves ici sous forme d'album lors du challenge "Once upon a book", "un mois, un genre". 

Les auteurs 

 Sabine du FAY est une autrice de contes adaptés du patrimoine mondial mais aussi une romancière. Voici trois titres tentants, à découvrir : 




Sébastien MOURRAIN est principalement illustrateur jeunesse et voici quatre ouvrages de sa main en collaboration avec des auteurs jeunesse que j'aimerai lire.


L'objet-livre

Le grand format de l'album est très appréciable pour une lecture à plusieurs. 

Une structure d'album soigné et bien pensée : 
 1.  J'adore le décor oriental des double-pages d'ouverture et de fermeture de l'album qui crée comme un écrin à l'histoire. 


 2.  Chaque double-page énonce une péripétie dans l'intrigue avec une amorce mise en valeur qui relance et dynamise le récit.  

3.  Chaque double-page (une pleine page d'illustration et un texte court aéré et fluide accompagné d'une image détail du récit) rythme l'histoire et participe à l'équilibre et la cohérence de l'ensemble de l'album.

 Le contenu

J'avais apprécié le fait que ce conte soit un miroir, un récit parallèle à celui de Shéhérazade qui enchâsse plusieurs contes de sagesse.
Une personne va être condamnée à mort et son exécution est  interrompue et suspendue par le récit d'une autre personne et ainsi de suite et l'acte de mort est remis à plus tard par la parole, tout comme le destin de Shéhérazade est différé dans le temps grâce à ses mots, à ses histoires. 
 "Le verbe est action". Ce fil conducteur qui tisse les histoires entre elles dans le recueil de contes est fascinant.
Cette mise en abîme est magnifique plus spécifiquement dans ce récit.

La culpabilité est mise à l'honneur dans ce récit. C'est un thématique récurrente dans les contes ou le choix du mensonge conduit souvent à un sort funeste. 
L'honnêteté est finalement récompensée alors que sous le joug tyrannique du sultan "on leur coupe la tête !" pour son bon vouloir sans autre forme de procès, c'est la loi du plus fort.  La fin inattendue crée le retournement de situation mais l'oppression a été dénoncée, l'injustice du sultan également. La situation est sauvée par "un vieil homme " = la sagesse.
 
C'est drôle, et c'est l'atout de ce conte. Malgré le tragique de la situation, il y a beaucoup d'humour dans les quiproquos qui se succèdent et aussi dans  la répétition des actions. en effet, la répétition rend absurde la situation et donc fait rire


Les illustrations mettent en valeur les regards des personnages et part ce biais leurs émotions.  


Par ailleurs, elles rendent ce conte oriental accessible à un plus grand nombre et délivre son message de sagesse. 


De plus, les illustrations participent au comique de l'histoire. Les personnages sont disproportionnés (des pieds minuscules, des turbans énormes).

Pour finir...

J'aime beaucoup cette version de ce récit qui permet une initiation aux contes des Mille et une nuits. Le choix de ce conte en particulier est très judicieux et représentatif du contenu du recueil. Cette collection "au berceau du monde" permet de dépoussiérer des contes anciens et c'est méritant. 

Je vous invite donc à découvrir ce conte oriental, drôle et sage à la fois.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...