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dimanche 9 février 2020

Rouge sang et Noir corbeau, tome 1 : l'apprentie faucheuse #PLIB2020


Crédits : éditions Le Héron d'Argent
💀💔👻🐺
Rouge sang et Noir corbeau, tome 1 : l'apprentie faucheuse
Justine Robin
Editions Le Héron d'Argent
mars 2019
273 p.
#ISBN:9791094173374

 Le texte d'éditeur
 
« Aujourd’hui, je suis morte. »
Amélia Pratt était une simple domestique, pauvre et sans avenir. Mais par une froide nuit d’hiver de l’année 1850, un homme la précipite dans la mort.
Elle renaît alors sous les traits de Red Death, l’une des sept petites faucheuses. Désormais, son rôle est de pourchasser les esprits errants et les fantômes. Et à ce petit jeu-là, elle est la meilleure !
Pourtant, elle n’a pas choisi l’Ankou le plus docile pour la seconder dans sa tâche. En effet, le beau Rain n’est autre que son propre meurtrier, désormais contraint de lui obéir pour l’éternité…
Entre complots, dangers et trahisons, parviendra t-elle à accomplir son rêve : devenir la prochaine Grande Faucheuse du Sanctuaire de la Mort ?

Le contexte de lecture

Découverte de ce roman grâce à ma participation en tant que juré au #PLIB2020. Merci à la maison d'édition pour l'envoi du ebook. Je me suis quand même procurée le tome 1 en papier pour un confort de lecture et je ne regrette absolument pas cette acquisition. Le tome 2 rejoindra rapidement mon butin livresque.



Crédits : le plib

Ce tome 1 fait partie des 20 sélectionnés du PLIB 2020 et il ne démérite en aucun cas de ce trouver ici. J'ai été ravie de voir une petite maison d'édition gravir cette marche, c'est toujours un plaisir et une curiosité de lire une nouvelle plume et appréhender une nouvelle démarche éditoriale.

La petite histoire

Amelia travaille pour une riche famille dans les plantations du Colorado quand sa mort survient. Elle va alors devenir Faucheuse et entraîner avec elle le ténébreux Rain. S'ensuivent des centaines d'années de conflits entre eux et d'âmes récoltées non sans peine, mais... les événements vont bousculer les certitudes autour du Sanctuaire de la Mort.



Ce que je retiens de cette lecture...

 Le travail éditorial autour de ce livre est impressionnant autant pour la qualité et le soin apportés à la couverture et aux illustrations centrales que pour tous les détails autour des chapitres et des paragraphes avec les miniatures en noir et blanc et les fioritures précieuses en accord avec le récit. Quelques coquilles dans le texte cependant (oubli de déterminant et autres anicroches surtout sur le dernier tiers). Mais l'harmonie de l'ensemble est vraiment à souligner.

Parlons maintenant de l'intrigue et des personnages sans trop en dire.
Justine Robin nous présente d'abord deux personnages antagonistes, foncièrement différents dans leurs caractères : Amelia Pratt une jeune fille gauche et naïve assez mièvre de prime abord et Gabriel Hauwnkins, un jeune homme diablement beau mais prétentieux, voleur et sournois,... et même meurtrier, ne le cachons pas. Deux personnages détestables : l'un par son insignifiance l'autre par son mépris.
J'avoue que je ne savais pas trop quoi penser de ce début... jusqu'à ce que la Mort intervienne d'abord bien réellement puis sous diverses personnalités.

Et là encore, l'autrice décide de donner à Amelia et Gabriel de nouvelles identités très figées et une relation de dominant-dominé qui les enferment dans un cercle vicieux de conflits de plusieurs décennies (la vengeance a la dent dure!). Cette relation crée une distance avec les personnages pendant une grande partie du récit. J'ai réellement eu de l'empathie pour eux que dans le dernier tiers du livre. Heureusement, que les carapaces de ces personnages présentent quelques fissures. Un peu d'humanité est bien venue.

L'autrice a décidé de faire alterner le point de vue de Gabriel/Black Rainbow et celui d'Amelia/Red Death. J'aime bien cette approche mais j'aurai apprécié d'entrer un peu plus dans leurs "âmes" respectives ce que ce procédé aurait permis, mais on reste en surface, face à un mur qui nous cache les émotions, les ressentis réels et complexes des anti-héros qui nous font face. Je suis une lectrice qui aime vibrer avec ses personnages faire corps avec eux et là... j'avoue que je n'ai pas pu (une petite frustration). J'ai de l'espoir cependant pour la suite (le tome 2 ), il semblerait au vu des derniers événements que les personnages évoluent, s'ouvrent (hâte! hâte de voir ça...)

J'aime sinon beaucoup les personnages secondaires Guerre, Alice, Agathe, les différents Ankous.  Heaven, Graal et plus particulièrement le charisme de la Santa Muerte. Là, rien à dire, la galerie de portraits est impressionnante et j'ai envie de les retrouver rapidement pour voir leurs interactions.

Justine Robin excelle dans la création d'un monde de la Mort cohérent et riche qui regroupe plusieurs mythologies et croyances. L'agencement de ce petit monde est bien retranscrit et se visualise aisément. Beaucoup d'interrogations restent en suspens quant aux semeurs de Vie, le pendant des émissaires de la Mort et à leurs réelles motivations. Et la Mort dans tout ça...

Je trouve que les moments de combats et d'"aventures" sont très bien menés. J'ai aimé l'atmosphère du bateau fantôme ou du manoir hanté. L'autrice nous embarque avec elle à chaque fois.

Ce qui pêche à mon sens dans ce récit c'est le rythme et l'enchaînement des événements, cela manque de fluidité par moment. J'ai décroché de ma lecture à certains passages sans trop savoir pourquoi, c'est dommage.

Ce n'est donc pas un coup de coeur mais j'ai passé un bon moment, c'est indéniable.

Malgré quelques maladresses dans le rythme de l'histoire, j'ai plutôt bien aimé l'univers créé autour de la Mort avec les Faucheuses, les Ankous, les Fossoyeuses et autres Cavaliers de l'Apocalypse. La deuxième partie palpitante m'a réconcilié avec les personnages principaux d'abord antipathiques et me donne grandement envie de poursuivre Amelia et Rain vers une quête sulfureusement périlleuse.

mercredi 27 novembre 2019

Le Fantôme qui écrivait des romans


Balivernes Editions
 👻💀🖊📚
Le Fantôme qui écrivait des romans
Eric Sanvoisin
Balivernes
octobre 2016
223 p.
ISBN : 9782350671338

Le contexte de lecture

J'ai reçu ce livre grâce à l'opération Masse Critique de Babelio : 
Babelio

Je remercie à la fois les organisateurs de Babelio et la maison d'édition Balivernes pour cet envoi.

Le texte d'éditeur



La Petite Histoire

Nous faisons la connaissance dès le début de ce roman avec un fantôme, Antonin qui se retrouve prisonnier dans la maison où il a été tué puis abandonné à l'oubli. il va réussir à sortir de son isolement grâce à un ordinateur et ainsi se mettre a écrire une histoire qu'il va proposer à plusieurs maisons d'édition. 

Son livre va être publié et une lectrice à l'autre bout du monde va prendre contact avec lui. 

Ces deux âmes perdues vont se comprendre, communiquer...


Ce que je retiens de cette lecture...

J'avoue avoir été surprise d'entrée de jeu par le point de vue choisi pour raconter cette histoire de spectre et par le fond assez sombre de ce récit. 

Nos jeune héros Antonin, Emilia, mais aussi Leï, tous les trois des êtres de papier sont des écorchés de la vie. Leur mal-être et leur détresse ne sont pas feints, ils nous troublent et nous questionnent. 

Antonin nous raconte assez rapidement ce qu'il a conduit à sa condition d'esprit en peine, privé de liberté entre la vie et la mort. Il est le personnage le plus attachant. Emilia est souvent exaspérante, loin de la fille parfaite et délicate, elle est assez égoïste, toujours angoissée. Et pourtant, elle arrive à nous communiquer ses ressentis, ses états d'âme que l'on finit par comprendre. 
L'on ne peut pas dire que cela soit une lecture joyeuse mais la fin apporte une touche positive dans ce récit amer et sans concession. 

La plume d'Eric Sanvoisin est toujours aussi alerte et un brin poétique. C'est un conteur, comme le chien, il enchâsse les histoires qui sont des miroirs les unes pour les autres avec maestria. J'ai beaucoup aimé d'ailleurs les inserts de petites fables au milieu du roman, lui-même à l'intérieur du roman. Cette mise en abîme est en adéquation avec le vertige angoissant que les héros connaissent à l'intérieur de leur âme. 

J'ai apprécié de découvrir ce récit fantastique où la relation des personnages et leur ressentis sont mis en valeur et questionnent le lecteur, ne le laissent pas indemne.


samedi 16 novembre 2019

Thorngrove #PLIB2020


Lynks




Cécile Guillot
Lynks
octobre 2019
269 p.
#ISBN:9791097434373




Thorngrove. Sa forêt d'épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. Ses jumelles maudites.
Lorsque Madeline débarque à Oakgrove et s'intéresse d'un peu trop près à Thorngrove, elle déclenche une série d'événements de plus en plus inquiétants. Et lorsque sa sœur est touchée, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller...

Thorngrove. Sa forêt d'épines. Son manoir abandonné. Sa légende noire. On raconte que jadis, des jumelles y ont vécu. Que l'une d'elles est devenue la proie du Malin et a tué sa propre sœur... Qu'elles hantent toujours les lieux.

De nos jours, Madeline débarque à Oakgrove suite à la séparation de ses parents. Quand on lui demande de faire un dossier sur la ville, la jeune fille, curieuse d'en apprendre plus, pense tout de suite à la légende urbaine de Thorngrove. Mais son enquête pourrait bien avoir des conséquences insoupçonnées,menaçant la santé mentale déjà fragile de sa cadette, Meadow. Lorsque celle-ci se met à agir de manière de plus en plus inquiétante, Madeline se demande quelles forces obscures elle a bien pu réveiller... et si les fantômes ne seraient pas réels.

 
Je me suis procuré le livre en avant-première aux Aventuriales où j'ai rencontré pour la deuxième fois l'autrice toujours aussi réservée et sensible. Je la remercie pour sa dédicace délicate et attentionnée.

Une lecture effectuée dans le cadre du #tournoideselites et de sa première épreuve, l'épreuve des audacieux du #PLIB2020. Seules lectures autorisées : SFFF ou Thriller/Polar. J'ai choisi de découvrir un présélectionné du PLIB2020 et j'ai fait une très bonne lecture. 

PLIB


Il est, de plus, sélectionné dans les 20 et passe donc à l'étape suivante. Souhaitons à son autrice qu'il continue dans l'aventure du PLIB2020.

 

Madeline et Meadow débarquent avec leur mère dans un trou pluvieux du Wisconsin, loin de la ville et de leur père. 
Madeline ne décolère pas depuis que son père est parti avec une nouvelle femme. Elle est à fleur de peau, bagarreuse. 
Meadow est égale à elle-même, elle présente des troubles autistiques qui la pointe comme étant différente au regard des autres. Mais elle semble bien s'intégrer au lycée. 
Madeline va faire la connaissance d'un garçon de sa classe, un peu marginal, Baine, qui va devenir son ami et son partenaire pour un exposé qui les amène à travailler sur le manoir lugubre de Thorngrove. Une atmosphère délétère plane sur ce lieu et elle va contaminer l'humeur des deux jeunes filles, sujettes à des émotions exacerbées, quasi incontrôlables.




 L'objet-livre

Je voulais d'abord souligner le magnifique travail d'édition, avec le soin porté à la couverture par le biais de la magnifique illustration de Fernanda Suarez (@fdasuarez sur Insta), ainsi que de la police de caractère fort bien choisie du titre. La mise en page est elle aussi très raccord avec cet ensauvagement, ce roncier qui avale les pages, jusque sur la tranche qu'il noircit.  



 

L'atmosphère et l'agencement de l'intrigue

Parlons d'abord de l'ambiance créée par l'autrice : le mystère est de mise dans ce roman fantastique où l'on avance avec l'héroïne Madeline d'abord sereinement, sans appréhension et puis l'angoisse pointe, enfle, s'affermit au fil des pages. 
Cécile Guillot construit son intrigue comme une enquête avec des indices qui s'ajoutent au fur et à mesure pour reconstituer un puzzle macabre où à la fin c'est le visage de la mort que l'on finit par apercevoir. 
Mais ce que j'aime dans ce roman, ce sont les respirations et les moments feelgood qui sont distillés de ci de là notamment quand Madeline et Blaine se retrouve. Ce personnage masculin est un catalyseur de mauvaises ondes, il est pacificateur. 

Le lieu antinomique de Thorngrove et dont je rêverai pousser la porte est ce petit salon de thé bric à broc où Blaine amène Madeline afin qu'elle goûte à une tarte au potiron. 

Pour ajouter à l'atmosphère déjà frissonnante, l'autrice nous situe à la période d'Halloween et du jour des morts, en octobre et novembre, mois pluvieux par excellence. 

Le manoir de Thorngrove est comme retourné à l'état sauvage, sans propriétaire véritable, abandonné et entouré d'une légende amérindienne reprenant l'idée du sacrifice du frère, du double pour une renaissance, un équilibre entre le bien et le mal. 

Je ne résiste pas à l'envie de partager cette légende signifiante et poétique, symbolique et tragique. 

 
"  Quand le déluge inonda le monde, Moqwaio envoya son corbeau pour trouver un bout de terre. Survolant la surface des eaux, l'oiseau aperçut la cime d'arbres dépassant des flots. Moqwaio s'y posa et restaura le monde, faisant reculer les eaux. Il devint un héros aux yeux du peuple. Mais Anamaqkiu, l'esprit malfaisant de la forêt, était furieux : il décida de tuer Manabush, le frère jumeau de Moqwaio. Il planta l'épine de la discorde dans le coeur du jeune homme, et quand les frères se disputèrent, en venant aux mains, Manabush glissa malencontreusement dans le lac. (...) Moqwaio voulut le sauver, mais Anamaqkiu gela la surface de l'eau, de sorte que le frère resta prisonnier du lac et se noya sous les yeux du héros. L'esprit l'emporta ensuite avec lui dans le Monde du Dessous.

Les personnages

Cécile Guillot a su modeler des personnages attachants, malgré ou grâce à leurs défauts, leurs failles, leur fragilité. 
Je ne retiendrais ici que Madeline, Meadow et Blaine même si les autres personnages apportent de l'épaisseur et de la consistance à ces trois-là. 
L'autrice laisse s'exprimer les deux sœurs, chacune avec sa sensibilité, son caractère.  D'ailleurs, leurs voix s'alternent et se répondent comme des échos lancés au vide. Un amour fraternel les unit mais la parole entre elles est difficile. On le remarque à plusieurs reprises dans le récit. 
Elles ont une difficulté à communiquer, à formuler leur ressenti. 
Meadow semble posséder des troubles autistiques, une sorte de clairvoyance, aussi. Elle est étrange, au ses plein du terme, étrangère à l'autre (même sa sœur).  

J'aime beaucoup le traitement qui est fait de la différence, de l'importance du regard des autres sur soi, sur son entourage. 

J'en viens au personnage de Blaine, que j'aurai voulu voir développé un peu plus. Il possède une aura solaire et bienfaitrice, il est comme un baume sur les plaies à vif de Madeline qui n'est qu'émotions, explosions. J'aime ce duo. 

Je dirai que l'autrice excelle à rendre compte des relations entre les personnages, et les non-dits sont souvent plus puissants que les mots. 
Une ambiance fantastique réussie avec des histoires de familles et de malédiction. J'ai beaucoup aimé la légende amérindienne qui parcourt le récit. Madeline et Meadow sont très différentes mais elles se complètent et j'ai bien aimé aussi Blaine, un garçon attachant.


" N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent, 
Je suis le scintillement des cristaux de neige, 
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé, 
Je suis la douce pluie d'automne, 
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin, 
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort. "

lundi 11 novembre 2019

L'Estrange Malaventure de Mirella #PLIB2020



Crédits : Ecole des loisirs

L'Estrange Malaventure de Mirella
Flore Vesco
L'Ecole des Loisirs
avril 2019
216 p.
#ISBN:9782211301558


Le texte de l'éditeur

 Moyen Age. Les rats ont envahi la paisible bourgade d'Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire par coeur ? Vous savez qu'un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d'Hamelin ? Oubliez ces sornettes : la véritable histoire est bien pire, et c'est grâce à Mirella, une jeune fille de 15 ans, qu'on l'a enfin compris. Jusqu'ici, elle passait inaperçue en ville – qui s'intéresserait à une porteuse d'eau, à une crève-la-faim, une enfant trouvée ? Seulement voilà, Mirella a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d'autre ne voit. Par exemple, elle a bien repéré ce beau jeune homme en noir, qui murmure à l'oreille de ceux qui vont mourir de la peste... Et ça lui donne une sacrée longueur d'avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.

Le contexte de lecture

Lu dans le cadre du #PLIB2020 et en lecture commune avec @samlor.en.livre
Plib
 Ce roman dans l’œuvre de Flore Vesco

L'autrice est une amatrice de mots, elle a déjà montrer sa maîtrise et son plaisir de la langue avec De cape et de mots, un précédent roman jeunesse.




L'objet-livre

La couverture ne nous dévoile qu'un brin de cheveu rouge feu de l'héroïne, suivie d'un chapelet de rats aux yeux sanguinolents (en surbrillance). Les rats investissent le livre sur les lettrines de début de chapitre.  Et une flûte joue la respiration dans les chapitres.




La petite histoire

 Nous suivons le parcours de Mirella, une porteuse d'eau dans le Hamelin moyenâgeux . Et nous avons des révélations sur la véritable histoire du Joueur de Flûte de Hamelin en cette période trouble ou la peste fait des ravages. A cause de sa cheveure flamboyante, Mirella est en danger.

Ce que je retiens de ce récit...

Une ambiance moyenâgeuse bien rendue grâce en prime à l'écriture qui reprend un vocabulaire vieilli (voir à la fin du livre le lexique pour jouer avec les mots). 

Une très belle revisite du Joueur de flûte de Hamelin, on ne devine jamais où l'autrice va nous amener dans sa reconstruction de ce texte célèbre. J'aime l'évocation des petits travers de chacun des personnages. C'est une satire, un fabliau bien mené.

 Les personnages

J'aurai voulu m'attacher davantage au personnage de Mirella. J'aime beaucoup Pan, le petit bonhomme orphelin toujours accroché à ses pieds crottés.
Le personnage qui incarne la Peste est le plus intrigant de la troupe : j'ai un faible pour ce faucheur malgré lui, voué à la solitude.
 L'écriture sous la forme d'un conte crée une distance avec les personnages, c'est bien dommage. Mais c'est un petit bémol sans réelle importance. 

Le récit nous emporte. Il est plein d'humour et de péripéties. C'est frais, pétillant,  dansant. Une danse macabre mais pas exempte de joie, de sourires. 

Oyez ! Oyez ! Pour les amoureux de la langue moyenâgeuse chantante et imagée, pour les adeptes des revisites de conte, pour les aventureux saltimbanques, venez à Hamelin ! Suivez les pas de la porteuse d'eau pour découvrir la véritable histoire de cette ville et de ses habitants par une chaude période d'été.

dimanche 3 novembre 2019

Semblables, tome 1 #PLIB2020



♊♊♊♊
Semblables, tome 1
Julie Jodts
Plume Blanche
240 p.
décembre 2018
#ISBN:9791094786345

Ce roman est pré-sélectionné pour le #PLIB2020
Le Plib
  Le contexte de lecture

Lecture pour le mois de la Fantasy et découverte d'une jeune autrice : Julie Jodts à la plume agréable, fluide qui sait nous tenir en haleine surtout avec cette fin qui appelle à grands cris la suite ! La couverture est signée Tiph's : une beauté avec  ce regard envoûtant, hypnotique et l'ambiance ensablée du désert...
Mais revenons au récit...


Le texte d'éditeur

 À toi, l’aîné,
Guerrier, courageux et vaillant
Fier protecteur de la cité
Et de ses enfants

Que les Dieux
Soient miséricordieux
Et t’accordent la paix
Celle que tu ne trouveras sans doute jamais

À toi, le cadet,
À l’amour pur et sincère
Seul à pouvoir enfanter
Tu deviendras père ou mère

Que les Dieux
Soient miséricordieux
Et t’accordent la fertilité
Car sans elle, tu es condamné

À toi, le benjamin,
Dévoué et polyvalent
Savant, artisan, ou médecin
Ta famille sera la cité dorénavant

Que les Dieux
Soient miséricordieux
Et t’accordent la compassion
Puisses-tu exercer le métier choisi avec passion

Que les Dieux protègent et guident,
Tous ces enfants au destin scellé
Car entre leurs mains frêles et timides
Se joue l’avenir du monde entier.



 La petite histoire

 Nous suivons Mia, une jeune femme, qui vit sur une île : Ambroisie, dans le royaume de Navissa en guerre contre le royaume des Knhaies. Comme l'introduit bien la quatrième de couverture, chacun dans le royaume de Navissa a un rôle à tenir : guerrier-ère, nourricier-ière, artisan-e et ne peut y déroger, sinon c'est le déshonneur et le bannissement. Mia est la cadette de la famille, elle a une sœur jumelle Léna, soldate et une plus jeune Siviane, apprentie boulangère. Par ailleurs, chacun se voit attribuer vers 8 ans, un aniphore qui vit à son côté toute son existence et reflète son tempérament.
 Lorsque débute le récit, nous sommes dans la capitale du royaume loin des troubles des conflits armés, le jour du mariage de Mia avec Hans et rien ne va se passer dans l'ordre des choses ni pour cette journée, ni pour celles qui vont suivre.

"  Nous ne choisissons pas ce que nous sommes, notre plus grande liberté est de choisir ce que nous serons. Ce sont nos actes qui nous caractérisent.  " 

 L'univers

Ambroisie est une île à moitié recouverte de déserts surtout dans sa partie méridionale (Terres Arides, Royaume des Knhaies).  La vie dans ce monde de fantasy n'est pas très éloignée de la nôtre avec moins de technologie, semble-t-il. Ce sont les règles édictées plus haut et la vénération de dieux et de déesses de la nature qui structurent cette civilisation. Le palais royal et sa garde protègent les habitants de Navissa de l'invasion par les Knhaies, qui restent un mystère tout au long de ce récit.

 " Si tu peux échapper à ton devoir, ton destin lui, irrévocable, reste collé à ta peau, telle une ombre."

 La première partie de l'histoire se déroule à Navissa entre le palais, la maison de Mia et sa famille et le bord de l'océan, ensuite nous traversons le royaume vers un camp militaire à la frontière. Mia va y faire la connaissance d'amis de Léna : Saya et James
Les deux parties ont leur propre rythme. La première, introductive, permet de mettre en place le monde de Mia, de découvrir sa famille, la société dans laquelle elle évolue et existe sans trop d'action sur les événements. Au contraire, dès le choix qu'elle affirme tout se cristallise et elle prend pleinement sa place en tant qu'actrice de son destin. Ma partie préférée. 

Le point de vue adopté 

J'apprécie de me trouver dans la tête de l'héroïne qui n'a pas tous les tenants et aboutissants de l'histoire. Beaucoup de zones d'ombres et de questions subsistent à la fin de ce tome comme dans l'esprit de la jeune fille. Cela permet une grande empathie pour le personnage.

Les personnages 

 J'ai trouvé tous les personnages attachants, bien construits avec des personnalités bien distinctes sans trop de déjà vu.  La galerie de portraits est bien fournie pour un roman relativement court (moins de 250 pages). Les relations entre les personnages ne sont pas figées et j'attends de les retrouver pour voir l'évolution qui ne manquera pas d'opérer au vu des derniers événements, chez chacun des protagonistes principaux.

Ce que je retiens de cette lecture...

 J'ai adoré suivre Mia et son monde où chacun a une place déterminée. Nous sommes à l'intérieur de son corps et de son esprit au plus près de ses sensations, de ses émotions. Un régal ! ... mais vite la suite !!!

" On ne s'habitue jamais à être quelqu'un d'autre. Chaque jour qui passe, je sens une part de moi qui disparaît à jamais. Chaque jour qui passe, je me sens un peu moins vivante. "


Papier noir, lueur d'espoir #PLIB2020


 🦋🦋🦋🦋
Papier noir, lueur d'espoir
Mina M.
Éditions du Chat Noir
Chatons hantés
janvier 2019
110 p.

#ISBN:9782375681046

Ce roman est pré-sélectionné pour le #PLIB2020.
le Plib
 

 Le mot de l'éditeur

 Numa, orphelin de 12 ans mystérieux et atypique trouve du réconfort dans le papier qu’il sculpte à longueur de temps et dans son amitié pour Emi.
Un jour, celle-ci chute d’un arbre et tous pensent le garçon coupable.
Désespéré, Numa fuit vers la Forêt Hurlante.
Perdu dans le noir. Brisé par la tristesse, la solitude et la peur. Il fait la connaissance d’une étrange créature : le Corbu.
Trouvera-t-il le chemin vers la paix ou s’abandonnera-t-il complètement au destin cruel que Mélancolie et Bile Noire lui réservent ?


 
La petite histoire 

Numa et Emi sont deux enfants solitaires qui s'apprécient, s'aiment mais un événement bouleversant va les séparer. Numa va se retrouver confronté à des émotions violentes et basculer dans un monde aux frontières du réel, de la vie.



Ce que je retiens de ce roman fantastico-merveilleux...

Beaucoup de références livresques : poésie et contes se mêlent. Le poème d'abord de Baudelaire qui est comme une métaphore filée tout au long du texte apporte la mélancolie (le papier noir) alors que pour pour clore cette histoire le poème d'Emi à Numa crée une lueur d'espoir . Pour la partie contes et légendes : Dame Mélancolie rappelle les Parques qui filent, La Vieille est une souvenance de la sorcière Baba Yaga, la Petite fille aux allumettes, le joueur de flûte de Hamelin et bien d'autres personnages légendaires (banshee, dahu, ...) s'invitent et peuplent ce court récit qui en devient merveilleux, riche et parle à notre imaginaire. 

L'écriture est belle, poétique, ciselée et à la fois très moderne avec la psychologie, l'analyse qui sont amenées de façon très directe dans un récit merveilleux. Ce mélange inattendu donne une signature au texte, une empreinte particulière. Quelques passages me semblent tout de même un peu didactique et donc chamboule quelque peu l'univers mis en place.


Mélange de poésie, de contes et de merveilleux dans cette histoire qui parle de résilience, d'émotions, de pulsion de mort, de lumière de vie. Nous sommes transportés dans les limbes de l'esprit avec une jolie histoire originale, des personnages écorchés qui se métamorphosent grâce à une plume délicate et qu'on devine très sensible.




mercredi 28 août 2019

Mille baisers pour un garçon


Crédits : Le Livre de Poche
 

Mille baisers pour un garçon
Tillie Cole
Le Livre de Poche
février 2018
280 p.

" Pourquoi être triste quand on peut être heureux ? Pour moi, la question ne se pose même pas."


 Le texte d'éditeur

Crédits : Le Livre de Poche


" Poppy était une fleur de cerisier. Ma fleur de cerisier. Une fleur sans égale, trop belle pour durer. Une fleur qui embellissait nos vies pendant un court instant, avant de disparaître dans le vent. Poppy nous rappelait qu'il fallait vivre. Que l'amour existait. Que notre vie avait un sens et que nos jours étaient comptés. "

La petite histoire

 Poppy et Rune, c'est une amitié soudaine, Poppy et Rune, c'est un amour incommensurable. Et pourtant la vie les sépare... Rune repart dans son pays de Viking loin des yeux de sa belle. Il reviendra changé, incarnation d'une colère rentrée. Poppy restera Poppy malgré tout...

" Elle disait qu'elle avait un clair de lune dans le cœur et des rayons de soleil sur les lèvres. Elle était heureuse. Et elle me rendait heureuse, moi aussi."

Ce que je retiens de cette lecture...

Beaucoup d'émotions, beaucoup de larmes...
J'adore la rencontre de Poppy et Rune, qui tout de suite, les montre dans leur caractère profond :  la lumineuse et le taciturne. 

 " Elle disait aussi que les plus belles choses sont éphémères. Elles meurent trop tôt pour nous rappeler que la vie est courte et précieuse. Comme les fleurs de cerisier. Comme les étoiles filantes. On est tellement habitué aux autres étoiles qu’on les oublie. Mais quand on voit une étoile filante, on se souvient de ce moment à jamais."

Tillie Cole va tisser tranquillement la relation de Poppy et Rune, une relation faite de fusion, d'amour profond, de complicité, de complémentarité puis tout défiler pour recommencer... autrement. 

Les événements qui surviennent vont faire grandir les personnages, tous sans exception. Chacun est impacté par les aléas de la vie.  

" Toi et moi, on est comme les fleurs de cerisier, Rune. Comme les étoiles filantes. On s'est aimés trop fort et trop jeunes. Notre amour a brulé si fort qu'il s'éteint trop tôt. Notre histoire nous aura apprit une leçon. Elle nous aura montré qu'on est capable d'aimer. "

L'autrice trace le portrait de deux familles autour de ce couple fusionnel. Les relations sont décrites avec justesse, la psychologie des personnages, leur ressenti nous sont donnés à voir, à vibrer.


" J’aime la vie, Rune. J’ai toujours aimé la vie. Je suis la fille qui se lève tôt pour voir le soleil se lever, celle qui voit le bien chez les autres, que la musique fait voyager et que l’art inspire. Celle qui brave l’orage pour voir l’arc-en-ciel. Pourquoi être triste quand on peut être heureux ? "

Magnifique histoire d'amour de Poppy et Rune. J'ai beaucoup pleuré : de l'émotion donc. 
L'écriture est sensible et poétique.
Tillie Cole nous immerge dans les ressentis de ces personnages attachants, bouleversants de fragilité.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...