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mercredi 28 août 2019

Mille baisers pour un garçon


Crédits : Le Livre de Poche
 

Mille baisers pour un garçon
Tillie Cole
Le Livre de Poche
février 2018
280 p.

" Pourquoi être triste quand on peut être heureux ? Pour moi, la question ne se pose même pas."


 Le texte d'éditeur

Crédits : Le Livre de Poche


" Poppy était une fleur de cerisier. Ma fleur de cerisier. Une fleur sans égale, trop belle pour durer. Une fleur qui embellissait nos vies pendant un court instant, avant de disparaître dans le vent. Poppy nous rappelait qu'il fallait vivre. Que l'amour existait. Que notre vie avait un sens et que nos jours étaient comptés. "

La petite histoire

 Poppy et Rune, c'est une amitié soudaine, Poppy et Rune, c'est un amour incommensurable. Et pourtant la vie les sépare... Rune repart dans son pays de Viking loin des yeux de sa belle. Il reviendra changé, incarnation d'une colère rentrée. Poppy restera Poppy malgré tout...

" Elle disait qu'elle avait un clair de lune dans le cœur et des rayons de soleil sur les lèvres. Elle était heureuse. Et elle me rendait heureuse, moi aussi."

Ce que je retiens de cette lecture...

Beaucoup d'émotions, beaucoup de larmes...
J'adore la rencontre de Poppy et Rune, qui tout de suite, les montre dans leur caractère profond :  la lumineuse et le taciturne. 

 " Elle disait aussi que les plus belles choses sont éphémères. Elles meurent trop tôt pour nous rappeler que la vie est courte et précieuse. Comme les fleurs de cerisier. Comme les étoiles filantes. On est tellement habitué aux autres étoiles qu’on les oublie. Mais quand on voit une étoile filante, on se souvient de ce moment à jamais."

Tillie Cole va tisser tranquillement la relation de Poppy et Rune, une relation faite de fusion, d'amour profond, de complicité, de complémentarité puis tout défiler pour recommencer... autrement. 

Les événements qui surviennent vont faire grandir les personnages, tous sans exception. Chacun est impacté par les aléas de la vie.  

" Toi et moi, on est comme les fleurs de cerisier, Rune. Comme les étoiles filantes. On s'est aimés trop fort et trop jeunes. Notre amour a brulé si fort qu'il s'éteint trop tôt. Notre histoire nous aura apprit une leçon. Elle nous aura montré qu'on est capable d'aimer. "

L'autrice trace le portrait de deux familles autour de ce couple fusionnel. Les relations sont décrites avec justesse, la psychologie des personnages, leur ressenti nous sont donnés à voir, à vibrer.


" J’aime la vie, Rune. J’ai toujours aimé la vie. Je suis la fille qui se lève tôt pour voir le soleil se lever, celle qui voit le bien chez les autres, que la musique fait voyager et que l’art inspire. Celle qui brave l’orage pour voir l’arc-en-ciel. Pourquoi être triste quand on peut être heureux ? "

Magnifique histoire d'amour de Poppy et Rune. J'ai beaucoup pleuré : de l'émotion donc. 
L'écriture est sensible et poétique.
Tillie Cole nous immerge dans les ressentis de ces personnages attachants, bouleversants de fragilité.

mardi 9 juillet 2019

L'Ombre de l'Ankou


 👻💀🌊🦀
L'Ombre de l'Ankou
Jean Vigne
Editions du Chat Noir
Chatons hantés
février 2018
127 p.

Le texte d'éditeur

 Lotie, petite Parisienne de 11 ans, déménage pour la Bretagne. Une terre de légendes, lui disait-on. En guise de légende, la voilà dans un vieux manoir perché tout au bout du monde. Une bâtisse poussiéreuse, perdue sur une lande désertique. Pas de quoi enchanter la jeune fille. Elle va s’ennuyer ferme ici, sans ses amies, c’est certain. S’ennuyer ? C’est sans compter sur l’arrivée d’une étrange créature. Une silhouette encapuchonnée, armée de son immense faux, dressée sur ce bateau illuminé par cette seule lanterne. Qui est ce redoutable inconnu ? Pourquoi revient-il chaque nuit sur cette plage de galets ?

La petite histoire

Lotie, 11 ans, quitte Paris pour venir s'installer en Bretagne, dans un manoir à fleur de falaise. Rien de bien réjouissant pour la jeune fille. Mais il faut passer par là, si elle veut que sa maman retrouve des forces et lutte contre son cancer vampirique. Lotie va faire de mystérieuses rencontres dans ce petit bout de terre entre ciel et mer.

Ce que je pense de cette lecture...

Nouvelle lecture de la collection "chatons hantés" que j'affectionne particulièrement.  Cette collection s'adresse plus particulièrement à un public 10-13 ans mais peut être appréciée bien au-delà. 

Première lecture de l'auteur SFFF Jean Vigne.

 Les illustrations oniriques de Mina M. proposent un supplément d'âme à ce petit fantastique autant avec la couverture mystérieuse et aux couleurs nuit qu'avec les médaillons et autres illustrations pleine page en noir et blanc intérieurs.
 Le récit est construit comme un journal intime tenu par la jeune Lotie. Ses digressions et autres remarques sur la vie quotidienne et sa famille apportent fraîcheur et sourire.
Légèreté, spontanéité adoucissent les sujets difficiles du deuil et de la maladie présent dans le récit. 
Enfin la touche fantastique est bien dosée entre rêve, imagination débordante et légende bretonne.

Une légende bretonne : l'Ankou, une jeune adolescente, un cancer, un fantôme : un petit cocktail pétillant comme son héroïne pleine de vie et d'imagination.

lundi 10 septembre 2018

Everything, Everything de Nicola Yoon


©France loisirs

🌰🍁🍂💥

Everything, Everything
Nicola Yoon
France Loisirs
février 2017
364 p.

 La petite histoire

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.
 
 " La sécurité ne fait pas tout. Et il ne suffit pas d'être vivant pour vivre."
 Le contexte de lecture

Une lecture qui valide la catégorie "pomme au four, tasse de thé et bougie" du menu douceur de vivre du Pumpkin Autumn Challenge et qui valide également la lecture choisie par la_lectrice_ananas du challenge Livra'Deux pour pal'Addict*20*


L'autrice : Nicola Yoon

Cette autrice américaine propose ici une romance rafraîchissante où l'amour des livres transparaît à petites touches. 
Elle a également écrit un autre roman : the Sun is also a star présent dans ma PAL.


L'objet-livre

Magnifiques couvertures que ce soit la version jaune de France loisirs ou celle de l'éditeur original (là, c'est le mari de l'autrice qui signe l'illustration). Les dessins présents à l'intérieur du livre sont de David Yoon également.

J'aime énormément la typographie et l'agencement des chapitres très lapidaires parfois, avec des captures d'écran, des pages noires avec quelques mots. Le récit est vivant, il respire avec son héroïne principale. J'ai beaucoup aimé cette mise en page aérée et dynamique.

" Ce dont je suis certaine, c'est que vouloir quelque chose me fait vouloir davantage. Le désir est sans fin."

 L'intrigue

Nicola Yoon fait parler son héroïne principale : une jeune fille qui vit enfermée dans sa maison depuis ses six mois. Les sensations sont bien retranscrites par le récit. J'ai apprécié de voir Madeline s'ouvrir à la vie et éveiller ses sens. c'est un véritable hymne à l'instant ou présent. 
Les dialogues entre les personnages sont essentiels et touchants. les non-dits également parlent, crient.


 Les personnages

J'adore le couple d'Olly et Maddy. Olly est un écorché vif et Maddy, une femme en devenir, avec une curiosité et une soif de liberté. J'aime l'évocation de l'intimité entre ces deux amoureux qui se découvrent. 

Carla est un personnage solaire qui contre-balance le personnage de la mère de Maddy très (trop) organisée. 


 Ce que je retiens de ce roman

Cette lecture a été très agréable, fluide, bien menée, sans lenteur avec des jeux d'écriture variés, des références littéraires et autres qui enrichissent la personnalité des personnages, les rend attachants. Une romance très plaisante que je conseille aux fleurs bleues, aux romantiques.


lundi 19 février 2018

Les Délices de Tokyo


❤❤❤❤💗

Les Délices de Tokyo

Durian SUKEGAMA
Le livre de Poche
septembre 2017
221 p.


Nous nous retrouvons devant la devanture  d'un vendeur de Dorayaki, Sentarô. C'est le printemps et il a mis une annonce sur la porte, il recherche un assistant pour l'aider à la confection de pâtisserie. Une vieille femme Tokue Yoshii se présente mais Sentarô hésite à employer une personne âgée mais elle va le convaincre avec sa pâte de haricots confits. Ce drôle de duo va partager un moment de transmission et une amitié particulière. Mais les vieux démons vont surgir et empêcher cette belle harmonie...

 

 "S'il ne prenait pas la relève maintenant, le savoir-faire du Tokue disparaîtrait de ce monde. Et ce savoir-faire, c'était aussi la trace de l'existence d'une femme nommée Tokue Yoshii."

 

Le contexte de lecture

J'ai découvert les délices de Tokyo grâce à ma participation au Book Club du mois de février et ce livre était dans ma PAL depuis le mois de novembre. 

  "Sans le regard que j'étais, toutes les choses que je voyais disparaîtraient. C'était tout simple.
Et si ni moi ni les humains n'existions, qu'en serait-il ? Pas seulement les humains, si le monde était privé de tous les êtres doués d'émotion, qu'en serait-il ?
Ce monde quasiment infini disparaîtrait entièrement."

 L'auteur

L'auteur vient de publier un nouveau livre : Le rêve de Ryôsuke qui propose une nouvelle aventure culinaire à la découverte d'un berger fromager et ses chèvres. 

 

  "La nuit, il suffit de tendre l'oreille au murmure des étoiles pour sentir le cours de l'éternité."

 

L'intrigue et les thèmes abordés

 C'est une histoire contemporaine sur le mal de vivre de deux personnages qui vont s'aider mutuellement,  se découvrir et avancer. L'atmosphère de ce roman est pourtant bien que réaliste teintée d'onirisme. Le rêve, qui permet de lâcher prise amène les personnages à agir et progresser. J'aime la présence silencieuse tout au long du roman du cerisier qui annonce le temps qui passe les saisons, véritable être vivant et personnage à part entière de cette histoire. 

" J'ai beau vivre en me croyant innocente, il m'arrive d'être broyée par l'incompréhension des gens."

Ce roman se lit d'une traite et permet de découvrir un pan de l'histoire japonaise et surtout la mise à l'écart des lépreux jusqu'à récemment. Une vie recluse bien représentée dans ce roman. La réclusion peut être physique mais également psychologique et c'est une thématique qui court tout au long du récit. 

 "S'il avait affiché une offre d'emploi en devanture, ce n'était pas parce qu'il avait trop de travail. C'était parce qu'il avait beau adresser la paroles aux dorayaki, ils ne lui répondaient pas. Bref, Sentarô cherchait une présence."

Les personnages

 Sentarô est un repris de justice en reconversion mais qui n'arrive pas à donner un sens à sa vie, rongé par la culpabilité et un manque de confiance flagrant. Même si de prime abord il n'a rien de bien sympathique, il montre une certaine sensibilité et une fragilité touchantes. 

 "Regarder uniquement la réalité donnait envie de mourir."

 Tokue est une vieille femme déterminée, à la joie de vivre débordante. Son passé qui va être révélé petit à petit va nous dévoiler la discrimination injuste subie parles lépreux mis au ban de la société. Ce fait peu glorieux de la société japonaise révèle un certaine peur vis-à-vis des personnes malades voire un racisme. 

  "Dans la vie aussi, il y a des changements de saison."

Mon ressenti

 J'ai particulièrement aimé l'écriture simple et l'évocation des émotions et sensations que suscite la cuisine des haricots sucrés. La fin empreinte de poésie et d'émotions m'a laissé une impression de mélancolie joyeuse, une contradiction de sentiments longtemps après avoir refermé le livre. 

  "De la pâte de haricots confits encore tiède entre deux petits pancakes joufflus fraîchement cuits. Pour les amateurs, c'est un instant divin."

Un roman sans prétention que j'ai aimé découvrir et que je conseille aux amoureux de la gastronomie, du Japon et des relations humaines.  

  "Quels que soient vos rêves, un jour on trouve forcément ce qu'on cherchait grâce à la voix qui nous guide, j'en suis convaincue. Une vie est loin d'être uniforme.Parfois sa couleur change du tout au tout ."

 

 

 






lundi 30 octobre 2017

Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel SCHMITT


💌💌💌💌💌

Oscar et la dame rose

Eric-Emmanuel SCHMITT

Albin Michel

Novembre 2002


L'Histoire

Oscar est à l'hôpital et il sait qu'il va mourir d'un cancer. Mamie-Rose lui propose d'écrire à Dieu pour lui raconter ce qu'il ressent.



Mon avis

 Roman très court, moins de cent pages, composés de lettres adressées à Dieu par un petit garçon de dix ans atteint d'un cancer et en fin de vie. 

 Les lettres permettent un langage enfantin et direct, vivifiant.  

L'auteur a su se glisser dans la peau d'un enfant de dix ans avec ses préoccupations et sa maturité précoce due à la maladie et la proximité de la mort.  

 "Nous oublions que la vie est fragile, friable, éphémère. Nous faisons tous semblants d'être immortels."

Les compagnons d'infortune du héros sont aussi très attachants malgré la concision du texte : Bacon, Pop Corn, Einstein, sont décrits en quelques traits humoristiques mais l'on sent l'amitié sous les pseudonymes. 

Reste Peggy Blue l'amoureuse d'Oscar, véritable fée qui illumine les jours, les moments de vie d'Oscar.  
 
Mamie-Rose est un personnage époustouflant, une raconteuse d'histoires, extraordinaire. Elle insuffle à Oscar ténacité et volonté de vivre chaque instant sans illusion de la finitude de la vie. 
Son langage grossier et sans chichi permet d'animer, de colorer l'hôpital aseptisé.

J'avais peur de me retrouver dans un récit larmoyant, et loin de là, je me retrouve au coeur d'une conversation à la fois philosophique et terre à terre qui est une vraie leçon de vie. 

 L'auteur sublime l'instant et fait un hommage vibrant à la vie qui vaut la peine d'être vécue de façon intense et entière. 

J'ai quand même versé une larme à la fin avec la lettre de Mamie-Rose même si le message est plutôt positif et apaisant. 


"J'ai essayé d'expliquer à mes parents que la vie, c'était un drôle de cadeau. Au départ, on le surestime, ce cadeau : on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n'était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter."

Une lecture, ou plutôt un dialogue autour de l'importance de la vie et des liens que l'on noue jusqu'au dernier souffle. A lire et relire et surtout en se répétant :  
" Regarde toujours le monde comme si c'était la première fois."

Snakes & Ladders Challenge



vendredi 15 septembre 2017

Le Chant du Troll de Pierre BOTTERO

Le Chant du Troll de Pierre BOTTERO, illustré par Gilles Francescano, Rageot, octobre 2010,  187 p.

  "Tous les vacarmes du monde habitent le silence, tous les hurlements, tous les fracas."

 L'histoire

Nous débarquons dans l'histoire au moment où la tension dans un couple est à son maximum. Léna, la fille de ce couple, assiste sans pouvoir influencer quoique ce soit à la déchirure. Elle va aussi découvrir au fil de sa journée une brèche qui laisse d'abord passer une magnifique fleur. Le monde autour d'elle se transforme, mute. La ville disparaît sous une jungle luxuriante et une faune imaginaire apparaît. Mais la nuit, se le disputant au jour, amène inquiétudes et bruits d'angoisse ...

 "Comme si le jour avait trébuché
en se levant et renversé
les couleurs donc il parait
certains petits matins,
le ciel ruisselait
de teintes
aussi étranges que vives.
Du pourpre en longues traînées ondulantes,
du violet audacieux,
des éclaboussures d’or,
un filet de bleu cyan incapable de s’imposer,
des flaques lactescentes virant à l’orangé,
le mélange de ces teintes improbables
distillant une lumière mordorée
qui transformait les rares passants matinaux
en créatures oniriques."


Mon avis

 Plus qu'un pas sur le côté, Pierre Bottero nous fait assister à une tombée en imaginaire pur, une plongée entre réalité et fantasy, joie de vivre et tristesse. 

"- Un, deux, trois,
Trois à Trois,
Toi et moi.
- Un, deux, trois,
Toi et moi,
Ça fait deux,
Qui est trois?
C'est toi ! "

 Le fil de l'ordinateur bien réel se prolonge en fissure qui va laisser tout un monde riche et inquiétant pénétrer. 
Nous découvrons Léna, une petite fille, qui semble délaissée, seule, avec un père obnubilé par son travail d'écriture. Chacun reste dans sa bulle de solitude jusqu'au moment où un sprite, sorte de petit farfadet malicieux et facétieux, s'adresse à Léna.  

 " Si la qualité d'un professeur se mesure au nombre d'approximations dans ce qu'il enseigne, de lacunes dans ce qu'il sait et de maladresses dans ce qu'il raconte, notre ami Burph est un champion."


Nous allons alors basculer d'un monde à l'autre,  explorer la frontière tenue entre réalité et imaginaire mais ce que cette faille ne fait disparaître ni d'un côté ni de l'autre ce sont les émotions, les ressentis. Un voile de tristesse tenace persiste. Et l'on découvre à demi-mot, la réalité des faits, une vérité impossible à affronter de face. 

" Léna.
Étrange sentiment de reprendre sa route .
D'achever de se dissoudre dans l'univers ,
de devenir , redevenir , une simple molécule
dans un tout qui la dépasse ,
qui la dépassait ,
et qu'elle conçoit enfin.
Perdre la conscience d'être
pour gagner celle d'appartenir.
Lâcher prise.
Une âme devenue infinie et un corps oublié.
Oublié.
Sauf la main.
La main gauche.
Une main
qui refuse de céder
et revendique son existence .
Son appartenance à un tout ,
certes fini et imparfait ,
mais qu'elle n'a aucune intention
de laisser s'évaporer."

La typographie participe du basculement entre réel et imaginaire.

 Gilles Francescano


 

Les illustrations de Gilles Francescano donnent à contempler le monde imaginé par l'auteur avec une sensibilité à fleur de dessins.
 
Gilles Francescano, source : les imaginales.com

 Sa palette balaie par touches tous les sentiments, d'abord sur la réserve, il laisse s'exprimer la nature envahissante et donnent à voir des portraits d'êtres imaginaires empreints d'humanité. 

La partie sombre, n'est pas en reste, avec les "chiens rouges", la nuit inquiétante pleine de bruits, de créatures maléfiques. Il nous  invite par les dessins dans un véritable cauchemar. 





Autres illustrations de Gilles Francescano







Pierre Bottero



La démarche de l'écrivain devant son ordinateur qui s'évertue à créer un monde à l'image de celle qu'il veut préserver est bouleversante. 
 Pierre Bottero nous livre un message plein de vie et se livre par la même occasion. 

"Ce n'est même pas un roman, c'est... c'est un monde que je lui offre, que je crée pour elle pour... pour... pour qu'elle y vive."

La plume de Pierre et la mise en abyme de cet écrivain décrivant un auteur en plein processus de création nous donne le vertige et rappelle la passion de ce dernier pour l'écriture.
Emotion, maître mot de ce récit qui résonne en nous. 
Pierre Bottero, permet-moi de faire un pas sur le côté juste pour te transmettre ce petit mot : Merci.

 

jeudi 10 août 2017

Oh boy ! de Marie-Aude MURAIL

Oh boy ! de Marie-Aude MURAIL, Ecole des loisirs, octobre 2001

Avis : ❤💛❤💛❤
Siméon, Morgane et Venise Morlevent se découvrent un matin sans parents. Qui va les adopter ?
Josiane, leur antipathique demi-sœur, ou leur demi-frère Bart, qui change de petit copain tous les jours et qu’ils adorent ? Le pire, c’est que Bart et Josiane se détestent...
La juge de tutelle et l'assistante sociale ont du pain sur la planche...

On va faire un jurement, proposa Morgane. On jure que personne peut nous séparer. 

J'ai adoré cette histoire : pour toutes les thématiques abordées : l'homosexualité, le deuil, la misère humaine, la solidarité, la fratrie, la maladie
Bart le grand frère va prendre une claque dans la tête et grandir. 
 Merci d'être entré dans ma vie sans crier gare. Merci d'en avoir changé le cours et de m'avoir changé. Mais comme tout cela ne s'avoue pas quand on est le frère aîné, Bart n'ajouta rien.
Josiane va devoir ravaler son orgueil. 
Chacun existe et a sa propre personnalité et sa  fragilité.  
Siméon va traverser des épreuves difficiles. Sa maladie impromptue va malmener les cœurs de cette famille à la dérive. Mais grâce à la solidarité familiale, les Morlevent vont arriver à arrimer le bateau. 
Une galerie impressionnante de portraits nous est présentée, pleine de nuances : Léo, Bénédicte, Laurence, Aimée, Pr Mauvoisin, Joffrey...

Une fois dans la rue, Laurence se dit qu'elle avait peut-être de la chance de n'avoir ni enfants, ni frères, ni sœurs. Au moins, une plaque de chocolat, on en voit clairement le début et la fin ; tandis que les histoires de famille...

C'est profondément humain et on s'attache aux personnages, tous. Beaucoup d'émotions ! Je le conseille vraiment sans restriction d'âge. J'ai eu un véritable coup de coeur pour cette histoire.

Chapitre 13
Qui n'existe pas pour ne pas porter
la poisse aux Morlevent

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...