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samedi 25 janvier 2020

Les Noces de la renarde #PLIB2020



Crédits : Scrineo
🩸❤🩸❤ Les Noces de la renarde #PLIB2020
Floriane Soulas
Scrinéo
mai 2019
586 p.

#ISBN9782367407043

Le texte d'éditeur

1461, Japon.
Hikari, une mystérieuse jeune femme, vit avec ses sœurs dans une forêt peuplée de petits Dieux de la province d'Izumi. Fascinée depuis toujours par les humains, elle s'intéresse de près aux villageois installés au pied de la montagne, et plus particulièrement à Jun, l'un des bûcherons. Mais le contact avec les hommes est formellement interdit par son clan...

2016, Tokyo.
Depuis toujours, Mina a le pouvoir de voir et de côtoyer les yokaï, esprits et monstres du folklore japonais. Solitaire à cause de ce don qu'elle doit cacher à tous, la jeune fille ne se sent pas à sa place dans la société.
Jusqu'au jour où un esprit tente de s'introduire dans ses rêves et que Natsume, une fille de sa classe, l'entraîne dans une chasse au démon à travers la capitale...

Deux univers qui se croisent, deux destins qui s'entremêlent, entre quête d'identité et désir d'émancipation.

Le contexte de lecture

Lu dans le cadre  d'un challenge le Tournoi des élites et l'épreuve des stratèges pour la team guérisseurs du PLIB.  J'avais déjà découvert l'année dernière Rouille de Floriane Soulas dont j'avais apprécié la plume et le sens du rythme.



Crédits : PLIB

La petite histoire

 Deux histoires s'alternent une dans le Japon médiéval merveilleux avec magie et esprits Yokaï notamment l'envoûtante Hikari , l'autre avec une adolescente Mina dans un Japon contemporain à l'ambiance fantastique souvent oppressante. Deux époques et pourtant un fil conducteur, un lien rouge sang.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La couverture


La couverture du livre, d'abord, elle est signée Aurélien Police dont le travail est toujours aussi soigné et empreint d'émotion, de poésie, de mélancolie. Une très belle interprétation de cette histoire.

" Un craquement retentit dans le ciel moucheté d'étoiles. Mina leva la tête, juste à temps pour voir la lune se fendre en deux comme une mâchoire toute en dents déchiquetées."

 L'univers proposé 

Alternance de deux périodes : le Japon contemporain avec Mina et ses visions de fantômes et êtres surnaturels et un Japon médiéval empreint de légendes et de sacré où les petits dieux enchantent et/ou enchaînent de leurs sortilèges les hommes qui les aperçoivent.
J'aime ce chassé-croisé entre passé et présent pour petit à petit reconstruire deux histoires qui s'appellent, se font écho. 

Le Japon médiéval magnifie les saisons et la nature, l'instinct et le sacré. J'ai beaucoup aimé l'atmosphère feutrée et magique de ce temps suspendu à la frontière du réel. 

Le Japon contemporain, par contraste, est très peuplé, foisonnant, toujours saturé de bruits, de personnes, d'odeurs et de couleurs ; il est en accord avec le ressenti confus de Mina, toujours happée par les appels des fantômes. La nature y est quasi absente. 

Les personnages

Hikari est une kitsune, un yokaï renard, c'est-à-dire un esprit métamorphe sorte de petit dieu vivant dans la nature et dans des lieux sacrés vénérés et craints par les hommes. Nous suivons cette chasseresse qui vit en clan. Ce clan est exclusivement composé de femmes aux pouvoirs enchanteurs. Ces esprits vivent dans les forêts reculées loin des hommes. Hikari n'est pas sujette aux affres du temps pourtant elle s'émerveille de petits moments offerts par la beauté de la nature et elle se pique de découvrir les humains qui l'intriguent et la fascinent. Elle fait montre d'une curiosité avide de connaître l'humanité.Une distance doit être gardée entre hommes et dieux que Hikari va franchir au grand dam de son clan et pour le malheur d'un village.  Elle est attirée par Jun, un jeune bûcheron, un rien intrépide. Mais Hikari est jalousée par plusieurs femmes du clan notamment Ino, la cheffe et Morio. De ces envies vont naître une rivalité qui va bouleverser le destin d'Hikari. 
 Indépendante, Hikari n'en ai pas moins sensible. 
Par ce dernier trait, elle se rapproche de sa sœur Akane qui est douceur et compréhension, sagesse et intelligence.  Akane respecte le besoin de liberté de sa sœur a contrario du reste du clan qui réagit en meute, très possessif. 
L'instinct animal prédateur n'est jamais bien loin, gare aux hommes imprudents qui s'approchent de trop près !

Nous découvrons également Mina, une lycéenne, sujette à des visions quasi permanentes de fantômes et entités surnaturelles. C'est une jeune fille qui nous apparaît d'abord comme apeurée, acculée et ployant sous le poids d'un pouvoir qui est pour elle une malédiction. Elle subit des cauchemars récurrents et énigmatiques qui la laisse épuisée. Ce personnage va beaucoup évoluer au fil de ses découvertes et des révélations qui vont être levées sur son père et la nature de ses dons. Elle va pouvoir avancer grâce à sa rencontre avec une apprentie chasseuse d'esprit Natsume. Toutes deux vont se lancer à la poursuite d'un tueur en série qui s'attaque essentiellement à des Yokaïs dans un Tokyo nocturne et inquiétant.

On avance à tâtons dans cette histoire, les tenants et aboutissants sont dévoilés par bribes, lentement  et l'on s'attache progressivement à chaque personnage. 

Patte de l'autrice

J'aime beaucoup le rythme de ce double récit qui prend son temps et pourtant ne ménage pas nos émotions et sait être tendu par moment voire haletant. Une atmosphère d'insécurité, de menace, de tension plane constamment sur les personnages. Le lecteur n'est jamais serein.



"Le chant des oiseaux dans les arbres redoubla d’intensité et une pluie fine et miroitante se mit à tomber d’un ciel sans nuages.
- Je n’ai pas pris de parapluie, se lamenta Mina en regardant le ciel d’un bleu limpide qui pleurait pourtant des larmes fraîches.
- Ça ne va pas durer. C’est le kitsune no yomeiri, les noces de la renarde, dit Reika avec un sourire.
- Les noces de la renarde ? Qu’est-ce que c’est ? demanda Mina, intriguée.
- Une vieille légende qui dit que lorsqu’il pleut par beau temps, un kitsune se marie quelque part dans la montagne, répondit Natsume en fronçant les sourcils.
- C’est un présage, il faut prêter attention à ce qui nous entoure, renchérit la nourrice."


Je me suis laissée enchanter par ce récit exotique. Le sortilège d'envoûtement m'a transportée d'un mot à une page, d'un chapitre à l'autre, avec délice et effroi. J'ai vibré avec les personnages, sursauté souvent, serré les dents aussi.  Comme pour Rouille, ce sont les sensations qui restent prégnantes encore, plusieurs jours après la lecture, des réminiscences d'un ressenti particulier et marquant pour un bon moment.

Une belle découverte : dans un Japon alternant entre époque contemporaine et Japon médiéval avec comme trait d'union la magie des Yokaïs.

mercredi 8 janvier 2020

Kamuya Ride, tome 1



crédits : Vega
 👘💣👘
Kamuya Ride, tome 1
Masato Hisa
Vega
juillet 2019
208 p.
ISBN:9782379500558

Texte d'éditeur

 Dieux, monstres, magie, combats et intrigues royales... bienvenue dans les temps mythiques de la naissance du Japon.
Japon, vers l'an 400. Le Royaume s'embrase. La révolte gronde chez les chefs de clans locaux, opposés aux maîtres du pays, la dynastie Yamato. Pour réprimer la rébellion, une armée est envoyée par le Roi avec à sa tête son propre fi ls, Yamato Takeru. Cependant, les troupes comme le prince subissent une lourde défaite dans leur périple vers l'Ouest. Le jeune homme ne doit son salut qu'à l'intervention d'un étrange combattant, Kamuya Ride, qui s'attaque à ce qui semble être la source de la dissidence : d'anciennes divinités soudain revenues des limbes. Yamato Takeru découvre que derrière les complots, se cachent les Dieux des différentes provinces du Japon, endormis depuis le début du règne des Hommes. C'est donc l'équilibre du Royaume tout entier qui est menacé...


 Contexte de lecture

 Je remercie la maison d'édition Vega pour l'envoi de ce manga et les organisateurs de la Masse critique Babelio pour l'organisation.



Ce que je retiens de ce manga...

Un seinen de combat assez classique qui n'a pas su me transporter.
Le dessin est particulier et parfois déconcertant. J'aime beaucoup la tenue de Kamuya Ride entre samouraï traditionnel et cyborg.
L'intrigue est assez linéaire et les combat rapides et rythmés. Ce tome se dévore rapidement.
Trois personnages intéressants avec un combats entre humains et dieux. mais, je reste sur ma faim. J'ai peur que la suite soit une succession de combats sans grand intérêt. Malheureusement, je ne poursuivrai pas l'aventure.

tous les livres sur Babelio.com

lundi 26 août 2019

Contes merveilleux


Crédits : le Héron d'argent
 🧙🔮
Contes merveilleux
Shiitake pour les illustrations
Vanessa Callico pour l'adaptation et les textes
Le Héron d'argent éditions
novembre 2018
122 p.
Crédits : le Héron d'argent

 
Le texte d'éditeur

 Du château de Barbe Bleue à l'océan de la Petite Sirène : laissez-vous porter par les récits les plus splendides jamais produits par l'imagination européenne. Ces contes de notre enfance seront proposés dans leurs versions telles que collectées par Charles Perrault, les Frères Grimm, Hans Christian Andersen et d’autres auteurs, au plus près des traditions orales de ces récits merveilleux. Le récit d’Alice aux Pays des Merveilles, de par sa vocation universelle, sera également proposé dans une version condensée et la plus fidèle possible à l’œuvre de Lewis Carroll, toujours sous la direction artistique de l’auteure Vanessa Callico. 
Crédits : le Héron d'argent


Le contexte de lecture

Un beau livre obtenu par financement Ulule. Les éditions du Héron d'argent font un travail remarquable d'édition et le choix des thèmes traités est toujours pertinent. J'ai également participé à un autre financement dont je parlerai plus tard pour cette même maison. 

Les contes classiques sont repris au niveau des textes des originaux avec des raccourcis pour les contes les plus longs. Cette adaptation a été réalisée par Vanessa Callico. 
L'originalité de ce livre repose sur les illustrations d'inspiration manga réalisées magistralement par Shiitake.

Crédits : le Héron d'argent

Ce que j'ai pensé de cette lecture...

C'est très agréable de découvrir ou redécouvrir les grands contes avec leur sagesse et leur recommandations modernisés dans la forme.  Certaines interprétations sont très libres et éloignées des illustrations et de l'imaginaire européen mais apporte de la fraîcheur et une certaine ingénuité, une naïveté et une poésie particulière. Après les fées, je découvre les personnages de contes de Shiitake et je suis touchée par la grâce et la magie qui habitent ses dessins. Beaucoup de tendresse et d'enfance émanent de ces images très détaillées où l'on reste en contemplation. 
Crédits : le Héron d'argent

Un recueil de contes classiques avec les histoires les plus connues mises en images par la talentueuse Shiitake. La beauté des illustrations sont un très bel écrin pour ces récits à découvrir, lire et relire. Plaisir des yeux et plaisir du conte s'entrelacent merveilleusement bien.

Crédits : le Héron d'argent

lundi 25 février 2019

La Fille qui tressait des nuages #PLIB2019


©Editions du Chat Noir
☁ ☁ ☁ ☁
 
La Fille qui tressait les nuages
Céline Chevet
 Les Éditions du Chat Noir
Neko
juin 2018
288 p.
#ISBN9782375680797


La petite histoire

Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
 
Contexte de lecture

Une lecture du#PLIB2019 : une découverte inattendue, surprenante et lancinante.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La plume de l'autrice est soignée, avec de magnifiques envolées poétiques dans une histoire tragique. De plus, l'autrice construit son intrigue et nous plonge dans une spirale infernale de plus en plus sombre avec des rebondissements qui réorientent le point de vue du lecteur à chaque fois sur une nouvelle piste. J'aime le traitement de l'atmosphère qui entoure les personnages, toujours en accord avec leurs émotions. L'auteure file les métaphores dans son texte ciselé.

"Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées."

[spoiler]
Elle aborde une thématique lourde celle du viol d'une enfant qui a des répercussions sur les générations suivantes. C'est l'histoire de Yuki, une enfant abusée, puis abandonnée qui engendre une succession de malheurs pour venger sa misérable vie. 
Et c''est Julian, un personnage qui n'appartient  pas à la famille maudite qui partage ses émotions, ressentis et visions avec le lecteur. Par le prisme de ses yeux, la réalité est distordue et il recrée tout un univers autour de lui où les éléments, les objets ont une vie propre et participent de l'atmosphère pesante de l'histoire. 

https://www.editionsduchatnoir.fr/


J'ai du mal à cerner Akiko, personnage insaisissable dans le récit, comme pour le lecteur. Elle semble ne pas avoir de consistance, de réalité propre. Elle semble n'exister que par et pour Julian, et encore avec difficulté pour lui aussi. Elle l'aide pourtant à lever le voile de ce secret familial macabre.

 "Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps."


Haru est l'autre pendant féminin qui gravite autour de Julian et tresse les nuages et  caresse les chats, évoluant tel un rayon lumineux, tentateur, boudeur autour du jeune homme.

Les deux autres jeunes de l'histoire sont Souichiro et sa sœur. Souichiro est très charnel et désinvolte en apparence. Il est trop mature pour son âge à la recherche d'un contact physique pour exister et être aimé. 
Sa petite sœur apparaît  sous plusieurs facettes lumineuses ou très sombres avant que la réalité éclate en mille morceaux telle une porcelaine translucide et claire qui se casse sur un sol noir, dur et mat.

Les adultes sont tous très négatifs dans cette histoire : lâches, veules, possessifs, cruels, incestueux. Ils ne véhiculent aucun espoir. Seule la mère de Julian présente une figure positive et saine, mais elle a peu de poids dans ce récit. Melle Ikeda est une femme blasée par son travail et désenchantée dans sa vie sentimentale.


" Mais l'on n'est jamais aussi égoïste que lorsqu'on est amoureux. "


Une histoire de possession, de malédiction onirique et à l'atmosphère suffocante qui laisse un goût d'amertume et de tristesse, la dernière page tournée.

samedi 12 janvier 2019

#PLIB2019 La Fille qui tressait les nuages


©Editions du Chat Noir
☁ ☁ ☁ ☁
 
La Fille qui tressait les nuages
Céline Chevet
 Les Éditions du Chat Noir
Neko
juin 2018
288 p.
#ISBN9782375680797


La petite histoire

Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
 
Contexte de lecture

Une lecture du#PLIB2019 : une découverte inattendue, surprenante et lancinante.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La plume de l'autrice est soignée, avec de magnifiques envolées poétiques dans une histoire tragique. De plus, l'autrice construit son intrigue et nous plonge dans une spirale infernale de plus en plus sombre avec des rebondissements qui réorientent le point de vue du lecteur à chaque fois sur une nouvelle piste. J'aime le traitement de l'atmosphère qui entoure les personnages, toujours en accord avec leurs émotions. L'auteure file les métaphores dans son texte ciselé.

"Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées."

[spoiler]
Elle aborde une thématique lourde celle du viol d'une enfant qui a des répercussions sur les générations suivantes. C'est l'histoire de Yuki, une enfant abusée, puis abandonnée qui engendre une succession de malheurs pour venger sa misérable vie. 
Et c''est Julian, un personnage qui n'appartient  pas à la famille maudite qui partage ses émotions, ressentis et visions avec le lecteur. Par le prisme de ses yeux, la réalité est distordue et il recrée tout un univers autour de lui où les éléments, les objets ont une vie propre et participent de l'atmosphère pesante de l'histoire. 

https://www.editionsduchatnoir.fr/


J'ai du mal à cerner Akiko, personnage insaisissable dans le récit, comme pour le lecteur. Elle semble ne pas avoir de consistance, de réalité propre. Elle semble n'exister que par et pour Julian, et encore avec difficulté pour lui aussi. Elle l'aide pourtant à lever le voile de ce secret familial macabre.

 "Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps."


Haru est l'autre pendant féminin qui gravite autour de Julian et tresse les nuages et  caresse les chats, évoluant tel un rayon lumineux, tentateur, boudeur autour du jeune homme.

Les deux autres jeunes de l'histoire sont Souichiro et sa sœur. Souichiro est très charnel et désinvolte en apparence. Il est trop mature pour son âge à la recherche d'un contact physique pour exister et être aimé. 
Sa petite sœur apparaît  sous plusieurs facettes lumineuses ou très sombres avant que la réalité éclate en mille morceaux telle une porcelaine translucide et claire qui se casse sur un sol noir, dur et mat.

Les adultes sont tous très négatifs dans cette histoire : lâches, veules, possessifs, cruels, incestueux. Ils ne véhiculent aucun espoir. Seule la mère de Julian présente une figure positive et saine, mais elle a peu de poids dans ce récit. Melle Ikeda est une femme blasée par son travail et désenchantée dans sa vie sentimentale.


" Mais l'on n'est jamais aussi égoïste que lorsqu'on est amoureux. "


Une histoire de possession, de malédiction onirique et à l'atmosphère suffocante qui laisse un goût d'amertume et de tristesse, la dernière page tournée.

dimanche 8 avril 2018

Megumi et le fantôme

Megumi et le fantôme, Eric Senabre, Gloria Pizzilli , Didier jeunesse, septembre 2017, 212 p., 
ISBN:9782278085613
La petite histoire

Megumi Fujita , japonaise,  part en vacances à Dublin en Irlande avec son père et sa mère. Elle apprend qu'un de ses aïeuls est originaire de cette ville, elle va alors retrouver la maison familiale. Cette maison est hantée par un fantôme, celui d'Horatio, victime d'une malédiction. Megumi va tout faire pour lever le sort...
Le contexte de lecture

J'ai voulu découvrir cette histoire de fantôme pour la sélection du Prix des Imaginaires mais le public de ce roman fantastique est bien de la tranche d'âge 9-12 ans et ne correspond donc pas à ma sélection.
J'ai choisi de le lire dans le cadre du challenge PrinTemps de Lire 2018 dans la catégorie découverte de l'Asie.
L' auteur

 Eric Senabre a écrit une trilogie Sublutetia dont j'avais lu à sa sortie le tome 1 pour la sélection des Incos. 
©Le Livre de Poche Jeunesse
 Il avait créé un univers et des personnages intéressants. Deux de ses livres qui me tentent particulièrement sont Le Dernier Songe de Lord Scriven ainsi Star Trip. 
©Didier jeunesse
 
Petit mot sur l'illustratrice habitant en France et d'origine italienne  :  Gloria Pizzilli

©Gloria Pizzilli
 Elle propose des dessins japonisants et une version des Fables de La Fontaine très personnelle. 
 Une artiste à découvrir.
©Gloria Pizzilli
 
 L'objet-livre

 La maison d'édition Didier jeunesse propose une collection très sympa pour les adolescents avec des romans de 200 p. avec une écriture aérée et des thèmes variés.
La couverture attire l’œil immédiatement avec ses couleurs printanières, une jeune japonaise, plutôt sereine se promène sous les cerisiers suivi par un fantôme  nuageux et orangé au regard bienveillant.

L'intrigue

L'auteur mêle fantastique et intrigue policière. C'est très bien rythmé et les événements s'enchaînent de façon fluide, sans temps mort. L'on progresse aisément jusqu'à la fin prévisible mais dans la logique du récit. 

" Peut-être que tu me fais marcher, et peut-être que je t'ai fait marcher aussi. Ce qui compte, ce sont les histoires, au bout du compte."  
 
Les thèmes abordés


Ce récit fantastique aborde la notion d'esprit très présente au Japon avec le respect de l'âme des ancêtres et les Yôkai, esprits de la nature. Il est question ici d'une malédiction et l'auteur décide de pousser sa jeune héroïne à enquêter pour comprendre les raisons de ce mauvais sort. Elle veut également briser le sortilège pour rendre sa liberté à Horatio.
 
 Les personnages

Megumi est une jeune fille très calme et pourtant intrépide, elle n'a pas peur d'affronter la maison hantée. Elle ose pousser les portes pour mener à bien son enquête. C'est une petite fille déterminée mais qui ne cache pas non plus ses faiblesses et ses travers comme on le découvre tout au long du récit. 

"Megumi, toujours paralysée, ne pouvait guère obtempérer, et préféra se cacher le visage. La peur la dévorait, comme un feu qui consume une allumette."

Les parents de Megumi sont peu présents : la mère est une personne tempérée, calme alors que le père est très impulsif, souvent bougon mais inventif.

Horatio, le fantôme a été un médecin reconnu de son temps. Il s'adapte plutôt bien au monde moderne et il fait confiance à Megumi.

 Ce que je retiens de ce livre...

Une aventure teintée de fantastique, plaisante à lire, qui nous conduit à mener l'enquête au côté d'une héroïne posée mais qui n'a pas froid aux yeux. Le dépaysement d'abord en Irlande puis au Japon ajoute une note d'originalité et d'exotisme à ce récit entraînant.

"C'était une jolie fin d'après-midi. Derrière les ombres du printemps été tapi l'été, avec sa chaleur et sa clarté." 
 

mercredi 4 avril 2018

Yin et le dragon tomes 1 et 2

©Rue de Sèvres
❤❤❤❤

Yin et le dragon 1 : Créatures célestes, Richard 

MARAZANO, Xu YAO, Rue de Sèvres, janvier 2016,

 60 p.


 Yin et le dragon 2 : les écailles d'or, Richard 

MARAZANO, Xu YAO, Rue de Sèvres, avril 2017, 

60 p.



Les petites histoires





 Créatures célestes


Yin est une petite fille espiègle, vive et qui en fait voir de 

toutes les couleurs à son grand-père, pêcheur. 

Nous sommes à la veille de la seconde guerre 

mondiale, dans un petit port de pêche en Chine, l’ennemi, 

le Japon, est aux portes de cet immense pays. Mais dans

 l’Océan, une force maléfique s’est réveillée, un dragon 

vengeur arrive. 


Les écailles d'or 


Nous retrouvons Yin et son dragon à un moment difficile. 

Le port est envahi par les Japonais qui malmènent la 

population chinoise, contrainte de fuir. Yin ne veut pas 

abandonner son dragon malgré la menace de mort qui 

plane. Un soldat japonais va prendre le parti de cette

 famille, contre toute attente...Mais le dragon maléfique se 

rapproche….

 


Le contexte de lecture





J’ai emprunté cette bande-dessinée à la bibliothèque. J’avais

 envie depuis longtemps de découvrir les aventures de Yin et 

de ce dragon magnifique.

 


Les auteurs




Richard Marazano est connu pour la scénarisation de

 bandes dessinées comme Le Rêve du papillon, Le 

complexe du chimpanzé, S.A.M. ou encore le Monde 

de Milo


C'est la première collaboration de Xu Yao avec la France 

(certainement pas la dernière, au vu de ses dessins et de son 

travail des couleurs). 





L’objet-livre





Les couvertures 


 Tome 1 : Yin nous apparaît sereine à la proue du bateau

 avec le dragon et son grand-père en second plan. 

Le dragon semble le protecteur des deux personnages.

  Nous avons l'impression de partir à l'aventure avec ce 

bateau en pleine vitesse sur l'eau.


Tome 2 : Magnifiques couleurs sur la couverture de ce 

tome où l’on découvre Yin et le dragon d'or étincelant dans 

une nuit aux couleurs chaudes et dorées.  
 
La menace de la guerre semble loin.

©Richard Marazan/ ©Xu Yao

Les illustrations


J'adore cette planche où le même plan est repris 

sur plusieurs angles différents pour rendre compte de

 la lenteur du moment avec le ravaudage du filet par le

 grand-père, de l'impatience et la bouderie de Yin .
 


Les illustrations de Xu Yao sont superbes. Les 

planches se succèdent avec des vignettes de différentes 

tailles qui permettent de donner un rythme à l'histoire et du 

dynamisme. J'aime particulièrement la colorisation, les 

contrastes de couleurs et surtout ces bleus et ors qui se 

rehaussent mutuellement.


©Richard Marazan/ ©Xu Yao


L’intrigue 




Je trouve intéressante l’écriture mêlée d’une légende 

chinoise et de l’histoire avec un grand H. Pour les 

peuples asiatiques, l’onirisme et la magie se mêlent 

souvent au réel dans les histoires pour donner plus de 

portée symbolique aux événements. Le dragon vengeur

  qui veut retrouver sa place de dominateur des hommes 

suit la montée dictatoriale du Japon qui veut dominer 

l’Asie.

©Richard Marazan/ ©Xu Yao




Ce que je retiens de ce livre...





C’est une bande-dessinée qui introduit le conflit sino-

japonais précédant la seconde guerre mondiale avec une 

pincée de magie. Ce premier tome est assez joyeux et 

permet de s’attacher aux personnages Yin, son grand-

père et le dragon. 


Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...