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samedi 23 mai 2020

L'Impératrice des Chimères

Crin de chimère
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L'Impératrice des Chimères
Jérôme Camedescasse
Crin de Chimère
Castellar (fantasy)
499 p.
ISBN:9782491874018

" On ne mesure pas la difficulté d'un voyage 
à nos égarements et écueils, 
mais à la distance restante jusqu'à son but. "

Le contexte de lecture

Découverte d'une nouvelle maison d'édition avec ce roman de fantasy : une pépite ! Je pense suivre les sorties de cette ME qui propose des incursions dans les mondes imaginaires avec plusieurs collections.

Archelune (Fantastique) - Cyberia (Science-Fiction) - Castellar (Fantasy) - Phylactery (Imaginaire Ado)


Lecture commune avec Syffel pour le #bingoduplib et qui me permet de valider plusieurs autres challenges notamment le Mois de la Fantasy, le JDR livres challenge. 

  "Renoncer n'est pas toujours synonyme 
de défaite ou d'affront."

Le texte d'éditeur


Brouillard de cauchemar mortifère, la Chevelure de Hel a envahi les Terres du Nord. Tjor de Noirelouve est-il animé par sa foi, ou par une sorte de témérité aveugle, pour oser vouloir s’y frotter et chasser une telle malédiction ? Entouré d’une cohorte de « héros » aux motivations aussi variées que douteuses, il devra s’y aventurer et y affronter des créatures vomies des tréfonds des enfers.

Perdition. Aliénation. Au-delà de ces monstruosités et de ces sbires décérébrés, un être malicieux attend. Une entité inconnue déterminée à retourner contre eux angoisses et déchirures de l’âme grâce à moult illusions. Invisible et insaisissable, elle sèmera leur chemin d’embûches, déterminée à les détruire ou les confiner à la folie.

"Une malédiction se brise. 
Une malédiction se lève. 
Même les dragons s'éteignent 
et les dieux meurent." 

La petite histoire

Tjor de Noirelouve, chevalier poussé par un idéal va se lancer dans une odyssée cauchemardesque et affronter avec six autres aventuriers et aventurières des entités qui les dépassent, des demi-dieux vengeurs aux desseins abscons et sanglants. Cette équipée hétéroclite se compose d'un champion, soldat aguerri Knud, d'un nain sournois et vif Grikar, d'une banshee fragile et mystérieuse Signe, d'un esclave arcadien docile et muet Aslak et de sa maîtresse cinglante et hautaine, mage élémentiste des vents Rehn et de Jarand un myste souffreteux guérisseur allié de Tjor. Cette troupe aux secrets obscurs va plonger dans les Ténèbres des Terres de l'Hiver pour s'égarer aux confins de la folie dans de labyrinthiques aires de cauchemars.

l'énigme du pont 
" d'après la légende, il naîtrait 
de la dureté du vent, 
de l'éclat de l'onde, 
du souffle du soleil 
et de l'écume de la pierre."


Ce que je retiens de ce récit épique...

L'univers et l'ambiance

Nous sommes plongés dans un monde de dark fantasy peuplé de créatures de la mythologie nordique. Une véritable descente aux Enfers comme avec Dante et sa Divine Comédie.
 Nous traversons une brume, assimilé au Grand Hiver ou Fimbulvetr où le soleil brille par son absence. C'est la Chevelure de Hel, la déesse des Enfers qui charrie des morts-vivants, des fantômes et autres joyeusetés funèbres. Cette ambiance pesante et obscure est renforcée par la traversée de paysages désertés par la vie, ravagés, hostiles, cauchemardesques, des marais, des hameaux en ruine abandonnés, des forteresses jonchées de cadavres en putréfaction. Mort et désolation sont les maîtres mots dans ces lieux.

"La Chevelure de Hel n'est pas qu'un simple sortilège que l'on peut rompre. Elle est le commencement d'une fin inéluctable."
Le bestiaire et la galerie de monstres rencontrée sont impressionnants : Jotnärs (géants), Nornes, Alfes (Elfes), Sidhes, Dvergrs (Nains), Askafroa (dryades des frênes), des métamorphes, trolls, ogres, Berserks,  aigles, oiseaux-tonnerre, barghests (loups ou chiens), insectes...

"Il n'y a pire tromperie que les mensonges assénés par les puissants jusqu'à les voir remplacer la vérité. Ainsi en est-il de notre conception de l'histoire, rédigée et élaguée par les vainqueurs et les survivants. "

Les personnages

 Mes personnages préférés sont plutôt les personnages féminins comme Signe, Rehn ou encore l'Impératrice des Chimères. J'ai trouvé que leur personnalités étaient plus fouillées que celles de Tjor, Knud, Aslak ou encore Grikar, même si ils offrent des sensibilités différentes. 
Rehn est sans contexte la plus piquante avec sa répartie et les sobriquets qu'elle donne à tout bout de champ. J'apprécie tout autant les joutes verbales que les combats stratégiques de la tempestaire. Elle supplante même l'Impératrice des Chimères, peste en puissance pourtant. 

"Nous errons dans une fantasmagorie échevelée qui n'est plus régie par la moindre loi ou logique..."

L'écriture et le style de l'auteur 

L'auteur est un conteur qui aime à nous entraîner dans un récit épique où le rythme est saccadé avec des fausses pistes, des errances qui conduisent le lecteur dans des impasses. Il joue avec le lecteur comme l'Impératrice des Chimères avec la troupe de spadassins et magiciennes, il le perd pour mieux le guider dans ses filets. 
Quelques ellipses, quelques illusions et puis l'on reprend le court du récit,  vers quelle fin ? et dans quel but ? 
L'on retrouve le souffle d'Homère dans ce roman peuplé de monstres, d'épreuves où chacun va au bout de soi-même. 
Les mots du conteur sont envoûtants et précieux, délicats et cinglants.


"L'amour n'est qu'une émotion intangible, 
illogique et volatile."

Plongée dans une odyssée nordique digne du voyage d'Ulysse avec maléfices, combats, ruses, dieux ou demi-dieux. J'ai apprécié les personnages à la volonté de fer, aux caractères taillés à la serpe et souvent venimeux voire vénéneux pour ce qui est de l'Impératrice des Chimères. Les Terres d'Hiver aux frontières du rêve et de la mort, du cauchemar et de la magie occulte apportent une ambiance de fin du monde immersive.
La plume ciselée et précise de Jérôme Camedescasse m'a conquise.

" Simple ombre rampante dans un coin 
de sa conscience jusqu'à maintenant, 
l'abattement en profita pour fondre sur elle 
les crocs à nu. "


Glossaire de Rehn


Tjor Coeur Tendre
Aslak Accroche-Coeur, Vive Voix, Vol-Au-Vent
Grikar Bas Etage, Courte Paille
Signe Peau Morte, Faux Espoirs, Peste Noire, Princesse des caveaux, Chienne de Vie, Dame Blanche, Peine Perdue, Croque-Morts, Ventre-Vide
Knud Franc Jeu
Jarrand Passion Maladive, Trompe-la-Mort, Nez-Creux, Gueule Cassée, Beau Parleur

Trénus Retour de Flamme
Lindë (La Dame Dorée) Feu Follet
L'Impératrice des Chimères Vieille Souche, Feuille Morte / Cœur Brisé (Aslak en référence à Rehn)
Rehn Vent Mauvais (Aslak en référence à Rehn)

 


Aperçu cosplay

samedi 22 juin 2019

#PLIB2019 Le Dieu oiseau



 🥚🥚🥚🥚
Le Dieu oiseau
Aurélie Wellenstein
Scrineo
mars 2018
352 p.
#ISBN9782367405827

Le texte d'éditeur

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

La petite histoire

Nous suivons le destin tragique de Faolan, esclave d'un clan violent et cannibale et surtout de Torok, l'héritier du clan du Bras de Fer. Faolan va vivre une véritable quête pour se libérer de ses démons intérieurs et survivre lors d'épreuves plus éprouvantes et violentes les unes que les autres.

Ce que je retiens de ce roman...

 La couverture 

Je m'arrête un instant sur cette couverture qui à la fin de la lecture prend tout son sens. Aurélien Police réalise une illustration symbolique et narrative à la fois. Les couleurs qui dominent noir et rouge donnent le ton de l'ambiance sanglante et empreinte de noirceur de ce récit.

L'univers créé

L'autrice Aurélie Wellenstein a mêlé une légende de l'Île de Pâques avec un dieu oiseau et la recherche d'un œuf régie par des épreuves aux sacrifices humains aztèques. L'atmosphère est suffocante, sombre et ensanglantée tout du long. Elle excelle à nous plonger dans une ambiance angoissante et hallucinatoire trouble. 

L'intrigue

Les chapitres nous entraînent crescendo et de façon spiralaire dans les Enfers (dignes de ceux de Dante) à chaque étape, une fascination horrifique nous pousse à tourner les pages à la suite de Faolan s'enfonçant dans le labyrinthe de son esprit.

Les personnages

Faolan est un jeune homme meurtri, traumatisé par dix ans de tortures morales et physiques et un désir de vengeance qui le dépasse. Son esprit est rongé par la folie. On le suit ne sachant pas quelles vont être ses actions. Il est fragile, fébrile, halluciné, à fleur de peau, écorché.

Torok, le tortionnaire est représenté à travers le regard de sa  victime comme étant une force brute, calculateur, il  fascine et écœure tout à la fois Faolan. 

L'écriture

Aurélie Wellenstein donne à voir l'impensable, l'indicible et surtout elle décortique l'esprit malade et massacré de Faolan. Elle propose de plonger dans les méandres des pulsions, émotions et raisonnements d'un être privé de liberté, d'amour et elle montre les conséquences désastreuses de la barbarie subie. Elle le fait avec un style fluide et une construction qui nous happe.

Descente aux Enfers avec ce roman fantasy qui me laisse à chaque chapitre tendue, pantelante, la gorge sèche. Violences et traumatismes jalonnent le récit jusqu'à l'étourdissement. J'ai "apprécié" (pas le terme qui convient) me retrouver dans la tête de Faolan pour visualiser les mécanismes qui régissent son cerveau meurtri. La torture morale a laissé des séquelles irréversibles. Hallucinant...

lundi 25 février 2019

La Fille qui tressait des nuages #PLIB2019


©Editions du Chat Noir
☁ ☁ ☁ ☁
 
La Fille qui tressait les nuages
Céline Chevet
 Les Éditions du Chat Noir
Neko
juin 2018
288 p.
#ISBN9782375680797


La petite histoire

Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
 
Contexte de lecture

Une lecture du#PLIB2019 : une découverte inattendue, surprenante et lancinante.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La plume de l'autrice est soignée, avec de magnifiques envolées poétiques dans une histoire tragique. De plus, l'autrice construit son intrigue et nous plonge dans une spirale infernale de plus en plus sombre avec des rebondissements qui réorientent le point de vue du lecteur à chaque fois sur une nouvelle piste. J'aime le traitement de l'atmosphère qui entoure les personnages, toujours en accord avec leurs émotions. L'auteure file les métaphores dans son texte ciselé.

"Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées."

[spoiler]
Elle aborde une thématique lourde celle du viol d'une enfant qui a des répercussions sur les générations suivantes. C'est l'histoire de Yuki, une enfant abusée, puis abandonnée qui engendre une succession de malheurs pour venger sa misérable vie. 
Et c''est Julian, un personnage qui n'appartient  pas à la famille maudite qui partage ses émotions, ressentis et visions avec le lecteur. Par le prisme de ses yeux, la réalité est distordue et il recrée tout un univers autour de lui où les éléments, les objets ont une vie propre et participent de l'atmosphère pesante de l'histoire. 

https://www.editionsduchatnoir.fr/


J'ai du mal à cerner Akiko, personnage insaisissable dans le récit, comme pour le lecteur. Elle semble ne pas avoir de consistance, de réalité propre. Elle semble n'exister que par et pour Julian, et encore avec difficulté pour lui aussi. Elle l'aide pourtant à lever le voile de ce secret familial macabre.

 "Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps."


Haru est l'autre pendant féminin qui gravite autour de Julian et tresse les nuages et  caresse les chats, évoluant tel un rayon lumineux, tentateur, boudeur autour du jeune homme.

Les deux autres jeunes de l'histoire sont Souichiro et sa sœur. Souichiro est très charnel et désinvolte en apparence. Il est trop mature pour son âge à la recherche d'un contact physique pour exister et être aimé. 
Sa petite sœur apparaît  sous plusieurs facettes lumineuses ou très sombres avant que la réalité éclate en mille morceaux telle une porcelaine translucide et claire qui se casse sur un sol noir, dur et mat.

Les adultes sont tous très négatifs dans cette histoire : lâches, veules, possessifs, cruels, incestueux. Ils ne véhiculent aucun espoir. Seule la mère de Julian présente une figure positive et saine, mais elle a peu de poids dans ce récit. Melle Ikeda est une femme blasée par son travail et désenchantée dans sa vie sentimentale.


" Mais l'on n'est jamais aussi égoïste que lorsqu'on est amoureux. "


Une histoire de possession, de malédiction onirique et à l'atmosphère suffocante qui laisse un goût d'amertume et de tristesse, la dernière page tournée.

samedi 12 janvier 2019

#PLIB2019 La Fille qui tressait les nuages


©Editions du Chat Noir
☁ ☁ ☁ ☁
 
La Fille qui tressait les nuages
Céline Chevet
 Les Éditions du Chat Noir
Neko
juin 2018
288 p.
#ISBN9782375680797


La petite histoire

Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
 
Contexte de lecture

Une lecture du#PLIB2019 : une découverte inattendue, surprenante et lancinante.

Ce que je retiens de cette lecture...

 La plume de l'autrice est soignée, avec de magnifiques envolées poétiques dans une histoire tragique. De plus, l'autrice construit son intrigue et nous plonge dans une spirale infernale de plus en plus sombre avec des rebondissements qui réorientent le point de vue du lecteur à chaque fois sur une nouvelle piste. J'aime le traitement de l'atmosphère qui entoure les personnages, toujours en accord avec leurs émotions. L'auteure file les métaphores dans son texte ciselé.

"Les rizières alentour avalaient le soleil dans leurs feuilles dorées."

[spoiler]
Elle aborde une thématique lourde celle du viol d'une enfant qui a des répercussions sur les générations suivantes. C'est l'histoire de Yuki, une enfant abusée, puis abandonnée qui engendre une succession de malheurs pour venger sa misérable vie. 
Et c''est Julian, un personnage qui n'appartient  pas à la famille maudite qui partage ses émotions, ressentis et visions avec le lecteur. Par le prisme de ses yeux, la réalité est distordue et il recrée tout un univers autour de lui où les éléments, les objets ont une vie propre et participent de l'atmosphère pesante de l'histoire. 

https://www.editionsduchatnoir.fr/


J'ai du mal à cerner Akiko, personnage insaisissable dans le récit, comme pour le lecteur. Elle semble ne pas avoir de consistance, de réalité propre. Elle semble n'exister que par et pour Julian, et encore avec difficulté pour lui aussi. Elle l'aide pourtant à lever le voile de ce secret familial macabre.

 "Finalement, le temps déchire les âmes comme le vent étire les nuages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des lambeaux. C’est pour ça que j’aime les tresser, j’ai l’impression de les rendre plus robustes aux aléas du temps."


Haru est l'autre pendant féminin qui gravite autour de Julian et tresse les nuages et  caresse les chats, évoluant tel un rayon lumineux, tentateur, boudeur autour du jeune homme.

Les deux autres jeunes de l'histoire sont Souichiro et sa sœur. Souichiro est très charnel et désinvolte en apparence. Il est trop mature pour son âge à la recherche d'un contact physique pour exister et être aimé. 
Sa petite sœur apparaît  sous plusieurs facettes lumineuses ou très sombres avant que la réalité éclate en mille morceaux telle une porcelaine translucide et claire qui se casse sur un sol noir, dur et mat.

Les adultes sont tous très négatifs dans cette histoire : lâches, veules, possessifs, cruels, incestueux. Ils ne véhiculent aucun espoir. Seule la mère de Julian présente une figure positive et saine, mais elle a peu de poids dans ce récit. Melle Ikeda est une femme blasée par son travail et désenchantée dans sa vie sentimentale.


" Mais l'on n'est jamais aussi égoïste que lorsqu'on est amoureux. "


Une histoire de possession, de malédiction onirique et à l'atmosphère suffocante qui laisse un goût d'amertume et de tristesse, la dernière page tournée.

dimanche 6 janvier 2019

Arcandria


©Rebelle éditions
❤❤❤❤
Arcandria
Delphine Journaud
Rebelle
avril 2018
152 p.
9782365386869


La petite histoire 

En 2018, une épidémie d’Hyrra a ravagé 26 % de la population mondiale. Trois ans après la découverte d’un vaccin ayant permis d’éradiquer la maladie, une nouvelle infection se propage. Un scientifique solitaire trouve finalement le remède miracle. En 2026, vingt-cinq enfants disparaissent au même moment. Malgré les recherches acharnées des unités spéciales, de la police, des meilleurs détectives et des parents aucune trace des enfants n’est retrouvée. Les années suivantes, le cauchemar recommence. Ce récit se déroule en 2073 et suit l’histoire de quatre protagonistes liés de près ou de loin à ces disparitions.

Le contexte de lecture

Lu pour la sélection Les Imaginaires 2019/2020.

Ce que je retiens de cette lecture...

 Un premier roman très bien construit, concis mais efficace. 

L'intrigue et l'agencement du récit

Forme originale avec plusieurs points de vue, des sauts temporels qui dynamisent ce récit dystopique autour de disparitions inexplicables, qui prend place après une épidémie et questionne sur l'humanité. Nous sommes en 2072-2073, après plusieurs vagues d'épidémies et des disparitions récurrentes de 25 enfants à chaque fois. Un climat de peur est sous-jacent et matérialisé dans le comportement d'Holly, prisonnière de cet état de fait. Elle s'empêche de vivre sa vie d'adolescente insouciante.

Les personnages

 On commence l'histoire de façon neutre avec des extraits de compte-rendus et de journaux de bord qui mettent en place le moment et le lieu de l'action et nous passons très vite de l'objectivité, l'impersonnel au sensible avec des personnages qui vont nous toucher et les deux personnes qui nous émeuvent  le plus sont Holly et son oncle Hugo. 
Les autres personnages sont mis à distance de part leur appartenance à Arcandria.

Holly est une adolescente toujours sur le qui-vive sans lâcher-prise. Elle est une écorchée de la vie. 

Hugo est alcoolique, sans plus d'espoir dans la vie jusqu'à une rencontre décisive.

Le style de l'autrice

L'écriture est fluide et addictive. L'alternance des propos de chaque individu nous entraîne à un rythme effréné vers la fin quelque peu frustrante pour la lectrice que je suis. On aurait voulu plus,mais cette conclusion se justifie pleinement, elle reste ouverte pour bien mettre en évidence la difficulté des choix de chacun. Rien n'est simple, tout est dilemme.   J'adore la référence au conte d'Hamelin, véritable métaphore filée de ce récit de vengeance.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...