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mercredi 19 février 2020

Lames vives, livre 1 : Obédience #PLIB2020



Crédits : Mnémos
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 Lames vives, livre 1 : Obédience
Ariel HOLZL
Mnémos
Naos
octobre 2019 
332 p.
#ISBN9782354087487

Le texte d'éditeur

Le vif-argent coule dans leurs veines.
Les esclaves sont devenus les maîtres.
La République d’Obédience est née.

Six destins se croisent et se brisent comme des chaînes dans ce roman aux personnages complexes et humains. Un récit d’aventure puissant, poignant et addictif sur la liberté et la lutte pour ses idéaux.



Le contexte de lecture

Lecture dans le cadre du #PLIB2020. Je suis ravie de découvrir Ariel Holzl dans un nouveau registre, toujours en fantasy. La couverture est magnifique comme à chaque fois et elle est signée Melchior Ascaride.




leplib
 La petite histoire
 Nous allons suivre plusieurs points de vue, plusieurs personnages qui vont se télescoper violemment à un moment donné lors d'une révolte sans précédent dans ce monde fait d'injustices, de complots, de non-dits, de pouvoirs et d'un brin d'"humanité". Six "vies" qui survivent, certains sans mémoire, quand d'autres lisent les esprits et gardent un lourd passé en souvenir vivace. 


L'univers créé
 Nous sommes dans un royaume en ruine, dévasté, pollué fait d'un désert de sable volcanique le Nigredo, d'un Océan noir intoxiqué, de vestiges de cités califales disparues avec la Guerre des Chaînes et d'une ville Trinitas tenue par la République et les Muedins alors que les Haa'thi, opprimés vivent à Albedia la blanche ou sur Pha'Rodia, la cité flottante.


L'intrigue 

L'alternance de points de vue nous permet de découvrir le monde et les personnages de ce récit au fur et à mesure et d'en comprendre les rouages, les chaînons plutôt qui clivent chaque protagoniste à un destin qui semble immuable. Il semble qu'un premier grain de sable nommé Gryff viennent perturber les engrenages bien huilés de La République corrompue grâce à un deuxième grain de sable Minah, une empathe. Rien d'étonnant me direz-vous vu que l'intrigue se déroule aux portes d'un désert. Du sable, il y en a à revendre. Cela ne pouvait que se gripper... 
Nous allons découvrir que la République a recours à une armée d'êtres, monstres rendus puissants grâce au vif-argent létal qui coule dans leurs veines : les Lames. Ces soldats modifiés, mutants se voient dotés d'armes parties intégrantes de leurs corps.Cette armée est sans mémoire (ou presque), communiquant par télépathie et utilisant la violence pour anéantir les derniers bastions Haa'thi. La République a aussi une armée d'élites les Magnites, admirée et crainte. 
Au moment du récit, il semblerait qu'un complot viserait le Festival Solaire de Trinitas, mais personne ne sait comment le déjouer.  les magnites sont chargés d'enquêter discrètement pour débusquer le coupable.
L'intrigue va très vite laisser l'action prendre le dessus et emporter le lecteur dans un compte à rebours effréné et haletant à la suite de Gryff, Minah, Nazeem ainsi que Saabr et Ellinore et le mystérieux ?
Une intrigue comme un puzzle, qui vire vite à la tempête de sable et devient alors addictive (impossibilité de poser le livre avant de l'avoir terminé).


Les personnages
Que dire des personnages ? Ce ne sont pas des héros mais plutôt des anti-héros qui subissent d'abord le système, mais qui vont très vite s'affranchir. Ils ont soif de liberté, de connaissances, de réponses. Une quête va voir le jour initiée par Minah, une jeune empathe, obnubilée par son passé et la disparition de sa jumelle. Elle entraîne dans son sillage Nazeem, son ami secrètement amoureux et un mort ressucité : Gryff (ancienne Lame). 
Gryff est un incorrigible romantique dans le corps d'une machine à tuer, un paradoxe sur patte en somme. C'est l'un de mes personnages préféré avec Saabr (brut"e" de décoffrage) qui fonctionne à l'instinct et ne manque pas d'humour. 
Plus rationnelle est Ellinore, la Magnite. J'aime son calme apparent et sa détermination. Elle n'en est pas moins sensible.  

Des personnages originaux aux rapports complexes, qui tranchent, coupent, éviscèrent, hachent menu, menu, écorchent, lacèrent, étranglent, s'entredéchirent mais qui sont si attachants malgré ces airs de brutes.


La plume
Ariel Holzl semble encore apprécier les armes blanches (qui ne le restent pas longtemps dans ce roman) à l'instar de ses héroïnes de Grisaille*. Magnifique collection d'objets tranchants, avis aux amateurs, assortie d'un champ lexical fleuri de l'éviscération, éventration et autres joyeusetés qui doivent ravir Nyx*. 
*voir les Sœurs Carmines
Je regrette de ne pas avoir retrouver totalement la verve incisive d'Ariel Holzl, même si cet opus ne manque pas d'incision au sens propre, (cela aurait peut-être été too much d'ajouter le sens figuré). 
Son humour est toujours là au coin d'une phrase, un humour grinçant, cynique, noir. 


 L'univers et les personnages sont tip top : j'ai adoré la traversée du désert et l'Océan noir, les scènes de bagarres et d'insurrection dynamiques et prenantes. Le plus :  pour les personnages, Lames déjantées, Manites naïves ou "complotrices", empathes torturés. Beaucoup d'interrogations à la fin de ce tome qui appelle à corps, à cris, aux armes la suite...

Je dirai que ce tome 1 m'a laissé sur ma faim. J'en sais ou devine trop peu.  Il me faudra découvrir le deuxième opus pour me faire un avis plus tranché, coupé, taillé sur mesure et ... percé à jour l'auteur derrière ses six fantastiques.

samedi 4 janvier 2020

Les Royaumes de Nashira, tome 1 : Le Rêve de Talitha

crédits : PKJ
🔮🗡❄💙⛓

Les Royaumes de Nashira, tome 1 : Le Rêve de Talitha
Licia TROISI
Pocket jeunesse
mars 2014
470 p.
ISBN : 9782266232166

Le texte d'éditeur

Nashira est un monde où l'air est le plus rare : seuls les grands arbres qui couvrent l'empire de Talaria peuvent produire une pierre mystérieuse qui est capable de le retenir. Toutes les villes vivent dans leur ombre et un ancien dogme empêchent les habitants d'observer directement le ciel et les deux soleils. C'est là que Talitha, fille du comte du royaume de l'été, a toujours vécu. Jusqu'à ce que la mort soudaine de sa sœur bien-aimée l'oblige à prendre sa place dans le monastère. Mais Talitha est une combattante et la vie, avec ses intrigues et ses interdictions, ne lui conviens pas, elle prévoit avec l'esclave Saiph de s'échapper. Ils ne savent pas encore que les prêtresses protègent un secret : le monde doit être détruit, menacés par un mal qui va bientôt tout transformer en un cauchemar de feu. Seulement un être de race inconnue, et secrètement emprisonné comme un hérétique, peut les sauver. Dans un univers rigide divisé entre les esclaves et les hommes libres, la foi et le doute, la vérité et l'obscurantisme, Talitha devra faire face à un voyage sur les terres froide de Talaria et trouver la seule réponse qui peut sauver Nashira.

Le contexte de lecture

 Ce roman traîne dans ma PAL depuis 3 ans. je me décide enfin a l'en sortir. il colle parfaitement à la saison avec cette couverture hivernale magnifique signée Paolo Barbieri. Je pense que définitivement c'est la fantasy mon genre de prédilection. J'aime découvrir un nouveau monde imaginaire avec ses règles, sa faune et sa flore, ses personnages, ses dogmes, ses guerres. 

La petite histoire

Talitha est une jeune comtesse de 17 ans, hargneuse, impulsive qui va voir son destin bouleversé par un événement tragique. Elle habite le Royaume de l'Eté et est issue d'une famille riche de Talarites, elle a un esclave comme ami Saiph. Son esprit rebelle va l'emporter à travers Talaria dans une course effrénée et éprouvante vers la vérité, vers sa liberté.

Ce que je retiens de cette lecture...

   L'univers de Talaria et ses quatre Royaumes(un par saison), ces deux soleils et ses deux lunes semble au bord de l'apocalypse avec les révoltes d'esclaves qui se multiplient et le climat qui change trop vite. Nous découvrons avec les deux héros l'étendue de ces royaumes, leurs secrets et complots, les lois qui régissent ce monde prêt d'exploser, la variété des paysages et la survie grâce aux arbres qui apportent un air respirable les talareths. Dans ce monde, la magie existe et elle est pratiquée par une élite grâce à la Pierre de l'Air. Les prêtresses et prêtres, seuls ont le don de magie. L'on découvre des dragons dans ce paysage ravagé, des créatures asservis par les Talarites. deux peuples co-existent : les Talarites, caste des maîtres et hommes libres et les Femtites, caste d'esclaves.
 
Le rythme de l'histoire nous emporte et accélère au fil des pages.

Un roman de fantasy somme toute assez classique avec une héroïne qui n'a pas froid aux yeux malgré la chaleur de son Royaume d'été. Talitha est vraiment un personnage solaire et rebelle. Saiph, son esclave est tout son contraire et la complète harmonieusement avec son flegme et son calme. 
Ce sont les personnages qui subjuguent d'abord dans ce récit, leur relation, leur caractère.
Le père de Talitha est le méchant par excellence cruel, impassible, rageur, despotique. On comprend de qui Talitha tient son caractère frondeur et colérique, impulsif.
La quête dans laquelle nos deux héros vont se voir plonger malgré eux semble vaine et sans espoir, mais ils avancent ensemble à chaque épreuve sans rien lâcher de leurs convictions.





samedi 22 juin 2019

#PLIB2019 Le Dieu oiseau



 🥚🥚🥚🥚
Le Dieu oiseau
Aurélie Wellenstein
Scrineo
mars 2018
352 p.
#ISBN9782367405827

Le texte d'éditeur

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

La petite histoire

Nous suivons le destin tragique de Faolan, esclave d'un clan violent et cannibale et surtout de Torok, l'héritier du clan du Bras de Fer. Faolan va vivre une véritable quête pour se libérer de ses démons intérieurs et survivre lors d'épreuves plus éprouvantes et violentes les unes que les autres.

Ce que je retiens de ce roman...

 La couverture 

Je m'arrête un instant sur cette couverture qui à la fin de la lecture prend tout son sens. Aurélien Police réalise une illustration symbolique et narrative à la fois. Les couleurs qui dominent noir et rouge donnent le ton de l'ambiance sanglante et empreinte de noirceur de ce récit.

L'univers créé

L'autrice Aurélie Wellenstein a mêlé une légende de l'Île de Pâques avec un dieu oiseau et la recherche d'un œuf régie par des épreuves aux sacrifices humains aztèques. L'atmosphère est suffocante, sombre et ensanglantée tout du long. Elle excelle à nous plonger dans une ambiance angoissante et hallucinatoire trouble. 

L'intrigue

Les chapitres nous entraînent crescendo et de façon spiralaire dans les Enfers (dignes de ceux de Dante) à chaque étape, une fascination horrifique nous pousse à tourner les pages à la suite de Faolan s'enfonçant dans le labyrinthe de son esprit.

Les personnages

Faolan est un jeune homme meurtri, traumatisé par dix ans de tortures morales et physiques et un désir de vengeance qui le dépasse. Son esprit est rongé par la folie. On le suit ne sachant pas quelles vont être ses actions. Il est fragile, fébrile, halluciné, à fleur de peau, écorché.

Torok, le tortionnaire est représenté à travers le regard de sa  victime comme étant une force brute, calculateur, il  fascine et écœure tout à la fois Faolan. 

L'écriture

Aurélie Wellenstein donne à voir l'impensable, l'indicible et surtout elle décortique l'esprit malade et massacré de Faolan. Elle propose de plonger dans les méandres des pulsions, émotions et raisonnements d'un être privé de liberté, d'amour et elle montre les conséquences désastreuses de la barbarie subie. Elle le fait avec un style fluide et une construction qui nous happe.

Descente aux Enfers avec ce roman fantasy qui me laisse à chaque chapitre tendue, pantelante, la gorge sèche. Violences et traumatismes jalonnent le récit jusqu'à l'étourdissement. J'ai "apprécié" (pas le terme qui convient) me retrouver dans la tête de Faolan pour visualiser les mécanismes qui régissent son cerveau meurtri. La torture morale a laissé des séquelles irréversibles. Hallucinant...

mardi 9 avril 2019

Rozenn, livre II


 ⌛⏳🔮⏳⌛
Rozenn, livre II
Laëtitia Danae
Plume Blanche
Plume d'argent
juillet 2019
396 p.
ISBN: 9791094786451


La petite histoire

Rozenn, la djinn indomptable a été enlevée par les Rebelles tout comme Callum, le prétendu héritier du sultanat de Pretamia. Quel camp vont-ils choisir et que vont-ils découvrir loin du palais ? Que va-t-il advenir des deux soeurs de Rozenn, Daire et Odeleen toujours sous l'autorité despotique du sultan Callahan Maddy ? 

Ce que j'ai pensé de cet opus terminal...

Envoûtée. 

Si il faut choisir un mot et un seul c'est celui que je garderai pour rendre compte de mon ressenti. Mais développons un peu... juste un peu pour que vous puissiez le découvrir par vous-mêmes.

Revenons d'abord sur la couverture et la mise en page du texte : un bijou dans un très bel écrin. J'aime la part d'ombre qui est ici omniprésente, les regards inquiets, résolus.  Le ton est donné, on va pas rigoler !

On reprend à l'endroit où l'on avait laissé nos héros juste après le rapt et la traversée du désert, aucun répit donc, on plonge dans l'action et les révélations. Le rythme est bien soutenu et on n'en perd pas une miette, j'adore ! Les chapitres s'enchaînent, s'appellent et l'on ne lâche rien. L'auteure sait nous tenir en haleine. J'aime le fait que tout nous soit dévoilé par Rozenn et elle seule. Les points de vue des autres protagonistes sont devinés, ressentis à travers son regard , ses sensations. Elle est la narratrice et l'actrice de cette histoire. On ne sait pas tout des manigances, des alliances, des complots, et l'on avance avec elle pas à pas. 

J'ai aimé retrouver chaque personnage plus nuancé, comme si Rozenn évoluait, grandissait et voyait les aspérités de chacun, leurs failles, leurs contradictions, ce qui les singularise  : Daire, Odeleen, Cayden, Cameron et Callum. Les portraits presque trop lisses du premier livre s'étoffent, prennent du contraste, de la profondeur comme sur la couverture. Le seul personnage manichéen reste le "méchant" de l'histoire : le sultan Callahan Maddy.

L'écriture est agréable, sans heurt. C'est fluide (non je ne devrais pas employer ce mot, honte à moi).
 

Une fin comme je les aime avec de l'action, de l'émotion, une héroïne plus mûre et sûre d'elle, le triomphe de la rébellion. 
Merci à Laetitia Danae pour ce dépaysement oriental au milieu des djinns et des dagnirs, de la magie et des complots. 
Un vrai nectar (je n'ai pas dit fluide !).


lundi 25 février 2019

#PLIB2019 Shahra



 💀💀⏳💀💀

Shahra, tome 1 : les masques d'Azr'Khila
Charlotte Bousquet
Mnémos
juin 2018
325 p.
#ISBN9782354086510


La petite histoire

Nous suivons plusieurs personnages dans leur périple souvent semé d'épreuves au sein d'un monde désertique, âpre et rongé par le mal : Shahra. Des forces divines semblent se livrer des combats au travers d'hommes marionnettes, subissant un destin jalonné d'épreuves traumatisantes, cruelles. A travers les points de vue de plusieurs personnages nous suivons quelques années de vie d'êtres asservies et avec un doux rêve de liberté.


Mon avis (attention spoilers!!!)

 L'atmosphère, le monde créé

Un univers qui nous plonge dans un Moyen-Orient de fantasy, cruel, proche des Mille et une Nuits. Mais un monde empreint d'un mal insidieux, profond qui corrompt toute chose et tout homme. La pourriture, la déchéance, l'agonie, la mort est partout présente. Les touches d'espoir, de couleur sont infimes, des étoiles brillantes, loin, trop loin ?  

Nous sommes à Shahra : un royaume dont la beauté est décrit dans le poèmes, les écrits mais qui semble un mirage dans les paysages désolés et semés de morts que les protagonistes traversent : désert de dunes, de pierres, où les dangers rôdent, labyrinthe, ou grotte, fleuves dangereux. Pourtant de cette aridité naît parfois des fleurs de sable, des rencontres insolites entre homme et animaux.

 Nous sommes à une époque indéfinie avec un calendrier qui marque les moments forts de quêtes multiples. Un calendrier qui parle en années de 460 à 475 avec des aller-retour des flashback : pas toujours faciles à suivre. l'autrice crée de nouveaux mois avec des noms particuliers : mois du Mirage, du Griffon, des Ossements, du Cheval, de la Pluie, du Djinn, du Lion  et des fêtes comme la nuit de l'Ekkhelil : sorte de nouvel An.

Nous sommes dans un "il était une fois" dans un ailleurs loin des contes de fées et si près pourtant avec ses barbe-Bleue, ses marâtres sous le souffle d'un vent chaud, perse aux parfums d'épices qui cachent mal l'odeur âcre de la charogne.

Les thèmes abordés

Un monde d'illusions illusoire. Un monde fait de mirages dans ce désert létal que traverse des vies liées par des fils tels les homoncules de Malik, enlisés dans un destin qui les dépassent. Pourtant on perçoit une clameur sourde, vibrante de liberté, de révolte qui rend le récit hypnotique. On veut comprendre le pourquoi de ces quêtes, voir jusqu'où chacun va puiser en soi pour se renouveler, se métamorphoser et en quoi.
La quête d'identité liée ici la métamorphose physique et mentale
Un univers où l'esclavage est roi dans les corps et dans les âmes. La dépendance, l'asservissement sont les chaînes visibles et invisibles qui entravent les personnages entre eux.


 Les personnages

Quatre personnages féminins : entre fragilité et force, entre dépendance et liberté

Arkhane , une shalbia (Deux fois née), androgyne qui va connaître une mutilation atroce qui va lui donner  une nouvelle identité.

Djiane, une danseuse d'arâm (danse guerrière sacrée) (Déjà morte) : elle va connaître l'amour avant de le perdre et se retrouver asservie. 

Tiyyi, une kenzi aux multiples pouvoirs magiques (Cent Vies) : jeune adolescente, orpheline arrachée brutalement à sa famille, à son clan.

Aya Sin : chamane (La Mangeuse d'Aziram),  femme aux cheveux roux d'une beauté sensuelle, marionnette de Malik, elle œuvre dans l'invisible pour sortir de ses chaînes.

Chacune de ces héroïnes est en marche vers son destin, sa transformation, guidée par la déesse de la vie et de la mort : Azr'Khila. Cette dernière s'exprime à travers les personnages de cette histoire. Elle agit dans l'esprit des êtres qu'elle anime.
Chacune suit un  parcours initiatique où les épreuves sont multiples et cruelles, leur forgeant un caractère rebelle.
Des héroïnes malmenées, violentées, mutilées par la vie et toute à la fois messagères ou exécutrices de la mort et guérisseuses, porteuses de vie... 
Ce sont des "guerrisseuses"

Il me tarde de découvrir la fin de ces histoires mêlées, liées par le fil du destin.

D'autres personnages constituent une population chamarrée en cultures et émotions
l'Amadh'r Malik : sorte de sorcier immortel enfermé dans le corps d'un mortel recherche la divinité à tout prix et surtout au mépris des hommes. Il nie, renie sa semi-identité humaine.

 Kele'r Kwambe est un immortel, pendant inverse, sorte de Janus de Malik : il recherche la délivrance dans la mort qui lui est refusée.

Beaucoup de personnages esclaves ou bourreaux environnent les héroïnes de ces histoires : des tortionnaires, des amoureux, des traîtres, des personnes bienveillantes et protectrices, des proches...
Une servante espionne et jalouse, un amant lâche, un poète fougueux, un époux cruel et dominateur, des morts...

Des êtres aux pouvoirs magiques, évoqués dans les contes : Djinns, Efrits... ou encore les Kenzi : des hommes auxquels les Djinns ou les Dieux ont octroyés des pouvoirs liés aux éléments (vent, feu, terre, eau), des sortes de Chamanes  tels Ferek,  Yeshet : ils lisent dans le passé et l'avenir, relient visible et invisible, des sorciers et sorcières...

Un bestiaire étonnant et exotique mêlant créatures imaginaires et animaux d'Afrique étoffent cet univers riche.
Le vautour : il est le représentant de la déesse de la vie et de la mort, un Nehlîl (animal-totem) pour le chamane Yeshet
Le lycaon : il apparaît plusieurs fois dans le récit et accompagne Tiyyi à la fin de ce tome. Il est lié au passage vie-mort dans de nombreuses croyances africaines, notamment égyptiennes.
Les Chevaux et autres équidés : ils sont des animaux symbole de ténacité, de liberté et toujours lumineux. Ils représentent l'espoir et le réconfort : Zina, le petit âne rescapé de l'épidémie...

Le Griffon c'est un animal hybride majestueux et sacré : Digo est un des représentants de ces créatures que l'on rencontre dans le caravansérail de Kele. Il est à l'image des hommes, asservi, mourant, comme tout le peuple de Shahra sous l'emprise d'un mal qui le ronge, à l'agonie. Il symbolise un monde merveilleux maudit, croupissant où les monstres pullulent qu'ils soient du désert ou des fleuves, des créatures voraces, dévoreuses de vies : Ghûl, Elkhîl, Kaleth, Mokele...

 L'écriture

Beaucoup d'introspection, de contes, de récits imbriqués, des points de vue qui s'alternent , les dyns (chansons), les poèmes... L'autrice crée un monde riche de personnages, d'odeurs, de paysages, de sensations avec le mirage des Mille et Une Nuits dans la forme et en fond. On a l'a même envie que le sultan près de Shéhérazade lorsque le récit s'interrompt de le voir se poursuivre pour entendre le destin tragique des héroïnes de ce conte cruel entre vie et mort, ce récit de vies où chacun avance et se transforme. J'aime ce mélange entre dialogues "sybilliens" trompeurs et l'introspection qui révèle les pensées profondes, les moments de transe. 



Il me tarde de retrouver les "guerrisseuses" et de découvrir la fin de ces histoires mêlées, liées par le fil du destin.

dimanche 4 novembre 2018

#PLIB2019 Rozenn, livre 1 de Laëtitia Danae


© Plume Blanche

 ❤❤❤❤✨
Rozenn, livre 1, Laëtitia DANAE, Plume blanche, novembre 2018, 336 p., e-book  
#ISBN:9791094786352

Merci à la maison d'édition PLUME BLANCHE pour cet envoi. J'ai adoré découvrir Rozenn et ses sœurs et je suis impatiente de retrouver ces personnages dans le prochain livre. 

La petite histoire

Nous débutons dans le récit avec la fugue de trois sœurs vers l'inconnu et loin de l'environnement rassurant de la Bulle. Ces trois jeunes filles sont des descendantes de djinns intouchables. Leurs pouvoirs et le fluide qui circule dans leurs veines est convoité, jalousé par des castes qui recherchent pouvoir et magie. Nous allons donc les suivre dans leur périple et à la découverte d'un monde de complots, de manigances et autres petits arrangements avec la liberté.

Le contexte de lecture

Une lecture que j'avais programmé pour le mois de la fantasy en mai mais qui a glissé en ce beau mois de juin. J'ai retrouvé une ambiance orientale comme dans les Rumeurs d'Issar de Marie Caillet que j'avais apprécié mais j'ai préféré Rozenn pour l'atmosphère, les complots et surtout la psychologie des personnages qui est beaucoup plus fouillé surtout les personnages féminins de cette aventure.  

Un univers exotique et envoûtant

J'adore dès le début l'atmosphère que crée l'auteure, une atmosphère empreinte de magie, de mystères surtout... avec des paysages changeants, exotiques, des créatures improbables et des champs de possible qui semblent infinis. Le palais des Dagnirs, véritable labyrinthe et miroir aux alouettes est magnifiquement décrit par touches successives avec ses salles gigognes, ses jardins secrets, ses hammams, sa salle d'armes, ses bibliothèques.


L'intrigue et thèmes abordés

Une action omniprésente, pas de temps mort et une fin qui nous laisse aux portes de changement, de bouleversement sans retour en arrière possible. C'est trépident à souhait. Je trouve que la notion d'esclavage en toile de fond laisse planer une atmosphère pesante et empreinte de dangers pour les personnages ce qui entretient la tension du récit. La magie apparaît deçà, delà sans ostentation.

Les personnages

Les trois sœurs : Rozenn, Daire et Odeleen 
J'aime les personnalités des différentes sœurs, leurs évolutions plus ou moins inquiétantes. Même si l'on suit principalement Rozenn, l'auteure nous peint une galerie de portraits féminins intrigants avec la sultane, la servante de Rozenn, et même, une djinn, d'une autre caste : sa rivale de toujours. 
Du côté masculin, nous ne sommes pas en reste avec un sultan insultant, un garde-du-corps omniprésent et prévenant, un meilleur ami attentif et trois frères prétendants, aux tempéraments distincts et mystérieux : Cayden, Cameron et Callum. 

L'écriture

C'est fluide et les chapitres courts rendent le récit addictif. L'auteure soigne son phrasé sans négliger la psychologie des personnages ce qui est son point fort à mon avis.  

 Ce que je retiens de ce livre...

...c'est qu'il frôle le coup de coeur en raison de sa non finitude que j'attendrais (bien malgré moi) avec patience  et grande envie de retrouver les personnages que l'auteure a su nous attacher si ce n'est au corps, c'est au coeur, sans nulle entrave.

jeudi 21 juin 2018

#PLIB2019 Rozenn, livre 1


© Plume Blanche

 ❤❤❤❤✨
Rozenn, livre 1, Laëtitia DANAE, Plume blanche, novembre 2018, 336 p., e-book  
#ISBN:9791094786437

Merci à la maison d'édition PLUME BLANCHE pour cet envoi. J'ai adoré découvrir Rozenn et ses sœurs et je suis impatiente de retrouver ces personnages dans le prochain livre. 

La petite histoire

Nous débutons dans le récit avec la fugue de trois sœurs vers l'inconnu et loin de l'environnement rassurant de la Bulle. Ces trois jeunes filles sont des descendantes de djinns intouchables. Leurs pouvoirs et le fluide qui circule dans leurs veines est convoité, jalousé par des castes qui recherchent pouvoir et magie. Nous allons donc les suivre dans leur périple et à la découverte d'un monde de complots, de manigances et autres petits arrangements avec la liberté.

Le contexte de lecture

Une lecture que j'avais programmé pour le mois de la fantasy en mai mais qui a glissé en ce beau mois de juin. J'ai retrouvé une ambiance orientale comme dans les Rumeurs d'Issar de Marie Caillet que j'avais apprécié mais j'ai préféré Rozenn pour l'atmosphère, les complots et surtout la psychologie des personnages qui est beaucoup plus fouillé surtout les personnages féminins de cette aventure.  

Un univers exotique et envoûtant

J'adore dès le début l'atmosphère que crée l'auteure, une atmosphère empreinte de magie, de mystères surtout... avec des paysages changeants, exotiques, des créatures improbables et des champs de possible qui semblent infinis. Le palais des Dagnirs, véritable labyrinthe et miroir aux alouettes est magnifiquement décrit par touches successives avec ses salles gigognes, ses jardins secrets, ses hammams, sa salle d'armes, ses bibliothèques.


L'intrigue et thèmes abordés

Une action omniprésente, pas de temps mort et une fin qui nous laisse aux portes de changement, de bouleversement sans retour en arrière possible. C'est trépident à souhait. Je trouve que la notion d'esclavage en toile de fond laisse planer une atmosphère pesante et empreinte de dangers pour les personnages ce qui entretient la tension du récit. La magie apparaît deçà, delà sans ostentation.

Les personnages

Les trois sœurs : Rozenn, Daire et Odeleen 
J'aime les personnalités des différentes sœurs, leurs évolutions plus ou moins inquiétantes. Même si l'on suit principalement Rozenn, l'auteure nous peint une galerie de portraits féminins intrigants avec la sultane, la servante de Rozenn, et même, une djinn, d'une autre caste : sa rivale de toujours. 
Du côté masculin, nous ne sommes pas en reste avec un sultan insultant, un garde-du-corps omniprésent et prévenant, un meilleur ami attentif et trois frères prétendants, aux tempéraments distincts et mystérieux : Cayden, Cameron et Callum. 

L'écriture

C'est fluide et les chapitres courts rendent le récit addictif. L'auteure soigne son phrasé sans négliger la psychologie des personnages ce qui est son point fort à mon avis.  

 Ce que je retiens de ce livre...

...c'est qu'il frôle le coup de coeur en raison de sa non finitude que j'attendrais (bien malgré moi) avec patience  et grande envie de retrouver les personnages que l'auteure a su nous attacher si ce n'est au corps, c'est au coeur, sans nulle entrave.

Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...