vendredi 23 mars 2018

Les P'tites Poules : relectures





Je vais présenter la saga des p'tites poules que j'affectionne tout particulièrement. J'adore l'humour et les dessins de ses deux comparses Christian & Christian. C'est une re-re-re-relecture de ces albums. J'ajouterai des éléments à cette chronique au fur et à mesure de mon avancée. 

Je précise que ses lectures sont partagées avec mon fils de 11 ans qui comme moi adore replonger dans ces albums et traquer les moindres indices d'humour semés par les auteurs. C'est un plaisir chaque soir d'ouvrir un des albums et de finir la journée au milieu du poulailler. On a décidé de reprendre la série dans l'ordre.

Une vue d'ensemble de la saga

C'est plein de vitalité, de clins d’œil littéraires et artistiques, avec des niveaux d'humour, de rires et de sourires qui font de ses lectures des moments à partager en famille. 

J'ai lu et relu ces albums et je découvre des détails dans les dessins, dans le texte à chaque fois (les jeux de mots avec les poules, mais aussi avec les expressions de la vie courante, des anachronismes savoureux... et j'en passe et des meilleurs).  

J'ai forcément des chouchous dans la saga comme Le jour où mon frère viendra, la petite poule qui voulait voir la mer.

Les albums un par un et à la queue leu leu

Les P'tites poules 1 : La petite poule qui voulait voir la mer 



Carméla est une féministe avant l'heure, elle vit à l'époque de Christophe Colomb et va même embarquer sur un de ses bateaux et découvrir le monde. Mais heureuse comme Ulysse, elle retrouvera son cher poulailler. 



Carméla décide donc de partir à l'aventure : d'abord voir la mer, ensuite la braver, s'y perdre : un véritable odyssée précipite notre poulette dans une partie du monde encore inexplorée.


Les auteurs mêlent le destin d'une simple poule à des personnages illustres tel Christophe Colomb. Ici l'héroïne fait passer le conquérant du Nouveau Monde à l'anecdote, au second plan, pour ne pas dire en toile de fond. 
Des messages de tolérance, de courage et de détermination font de ce petit personnage une héroïne attachante pour le petit lecteur. 

L'humour n'est pas en reste et se dévoile à chaque page et dès la 2ème de couverture avec la petite poule qui essaie par mille moyens de pondre un œuf. 

C'est savoureux, délicieux, malicieux et on en redemande, c'est chose faite avec le deuxième opus.

Les P'tites poules 2 : Un poulailler dans les étoiles




Nous suivons Carmélito le fils de Carméla et Pitikok : il veut découvrir le ciel et les étoiles, aventurier comme sa mère !

Ce tome reprend le schéma du précédent et fait un parallèle avec la bougeotte des deux héros en quête de grands espaces, curieux de découvrir le monde. Carmélito est un petit poulet rose déterminé à découvrir les étoiles et leurs mystères. 


Il va se faire un nouvel ami qui va l'accompagner partout dans ses prochaines aventures, un petit bélier, Bélino.

Nous sommes en pleine science-fiction avec ce tome : des poules vertes, avec des dents et des vaisseaux spatiaux pour traverser l'univers. 






 Les P'tites poules 3 : Un jour mon frère viendra



Carmélito attend la venue de son petit frère et il évoque tout ce qu'il souhaite faire avec lui.

Un de mes préférés de cette série pleine d'originalité, d'humour et qui revisite les grands classiques de la littérature ou renvoie à des événements historiques dans la bonne humeur communicative. Dans cet album tout particulier Carmélito attend un petit frère et s'imagine déjà entrain de lui apprendre un tas de chose... c'est très drôle et émouvant à la fois. 



  Les P'tites poules 4 : Nom d'une poule, on a volé le soleil !


Une nouvelle aventure qui entraîne nos petits héros vers leur premier envol : c'est frais et pétillant comme à chaque fois.

 
 Les P'tites poules 5 : Charivari chez les p'tites poules


 Carmen et son frère Carmélito sauve la vie à un chat noir, mais les P'tites Poules ne l'acceptent pas dans leur poulailler. Victime des préjugés des hommes, puis des poules, le chat noir décide de partir. 
Un album qui donne les a-priori, le racisme. De nouveaux clins d’œil à la littérature ici le Chat Botté. 
  Les P'tites poules 6 : Les P'tites poules, la bête et le chevalier








  Les jeux de mots et les clins d’œil à des œuvres d'art ou des livres sont savoureux. Ici nous plongeons dans le Moyen Age à la rencontre du Basilic, Méduse des temps médiévaux. 



  Les P'tites poules 7 : Les P'tites poules, la bête et le chevalier
 

 Un épisode des P'tites poules qui nous entraine sur les traces de Jean de La Fontaine avec une émotion particulière pour les raconteurs d'histoire, passeurs de magie et de curiosité.

 Les P'tites poules 8 : Sauve qui poule !


Les poulets se font enlever par des renardeaux, alors c'est aux poulettes de sauver leurs congénères. Il vont alors découvrir dans un terrier un labyrinthe, celui du minotaure...

Toujours autant de peps et d'humour.


 Les P'tites poules  9 : Coup de foudre au poulailler
 

Nous rencontrons cette fois-ci l'homologue de molière, chez les poules et l'amour est dans l'air. Un philtre d'amour va être concocté mais il ne va pas tomber dans les mains attendues. Une revisite du mythe de Tristan et Iseult, un détour sur la tapisserie de la Licorne ou comment dépoussiérer les classiques et les mêler à des petites poules volontaires et joyeuses.

  Les P'tites poules  10 : Un poule tous, tous poule un !


Une aventure à la Bilbo le hobbit avec trolls et toison d'or : une aventure pleine de malice et de sourire !


 Les P'tites poules  11 : Pas de poules mouillées au poulailler


Les p'tites poules se trouvent assiégées par Va-s'y-Papa et ses 40 gobeurs alors que tous les poulets pourchassent une belette malfaisante qui fait diversion. 
Des références à la Liberté guidant le peuple, à Ali-Baba... nous allons aussi découvrir une voisine ancestrale sous le lac près du poulailler. 
Toujours autant de jeux de mots drôles et hilarants.

 Les P'tites poules  12 : Les p'tites poules et la grande casserole




 
A la découverte du sucre avec les P'tites Poules. Références culturelles une fois de plus avec ce tableau célèbre : Les Glaneuses de Jean-François Millet.

  Les P'tites poules  13 : la poule au bois dormant


 On sait qu'à chaque fois, l'on va se régaler car les auteurs rajoutent des références à l'histoire, à notre culture et à la littérature aux endroits où on ne les attend pas. de la parodie au rire, j'adore. Dans cet épisode, les codes de la chevalerie sont mis à mal pour notre plus grand plaisir et chaque personnage y va de son grain de sel, comme toujours.
Ma chronique ici.
  Les P'tites poules  14 : les P'tites Poules sur l'île de Toutégratis

Une nouvelle aventure des p'tites poules où cette fois l'on retrouve des clins d’œil au conte Hansel et Gretel, la Vénus de Botticelli version poulet et toujours autant d'humour. Ce n'est pas mon préféré car la relation entre les différents amis n'évoluent pas dans cet opus, mais cela reste un bon album à partager.

Ma chronique ici.

  Les P'tites poules  15 : Les P'tites Poules et la cabane maléfique

 Les P'tites Poules se retrouvent au coeur d'un sabbat de sorcières, Pitikok a été enlevé ainsi que les coqs de l'entourage par la cabane maléfique de Baba Yaga qui ne veut pas voir le soleil se lever. Mais c'est sans compter sur le courage de la petite bande d'amis. Un album drôle et vivifiant.
Ma chronique ici.  

   Les P'tites poules  16 : Les P'tites Poules et la famille malpoulie

 Les auteurs créent une histoire qui charme à la fois les enfants avec les petites poules et leurs réactions et aux parents avec des clins d’œil parsemés dans le texte ou les dessins. 

Ma chronique ici

mercredi 28 février 2018

Les Orphelins du sommeil #PLIB2019


Les Orphelins du sommeil

Pascaline Nolot
Éditions du Chat Noir
Chatons hantés
février 2018
218 p.

 #ISBN:9782375680650

Nous découvrons le pensionnat de Dormance, un institut spécialisé dans les maladies du sommeil à savoir: insomnie, paralysie du sommeil, rêve lucide, somnambulisme, syndrome de la Belle au bois dormant, narcolepsie et j'en passe... Nous allons rencontrer quatre amis aux tempéraments très différents, traumatisés par leur troubles du sommeil. Nous allons aussi rencontrer les Ombreux et entrer dans le monde des rêves et des cauchemars... Seule l'amitié de nos quatre comparses va pouvoir nous guider dans ce monde de terreurs et d'illusions.


Le contexte

 Lecture effectuée dans le cadre de la sélection pour le prochain prix Les Imaginaires.  Une lecture que j'ai appréciée mais que je ne garderai pas pour la sélection. J'aime particulièrement découvrir les titres de cette collection fantastique qui s'adresse à un public entre 12 et 15 ans principalement. Un nouveau titre paraît d'ailleurs en mars 2018 et a déjà retenu mon attention, c'est L'Ombre de l'Ankou de Jean Vigne, que je note dans mon pense-bête.




L'autrice

Découvert, il y a quelques mois, Les Larmes de l'araignée, était édité chez le même éditeur dans la collection chatons hantés.



L'autrice reprenait le mythe d'Arachné métamorphosée en araignée pour vanité excessive par la déesse Athéna. Je préfère cette nouvelle histoire pour la thématique et la relation des personnages. Toujours chez le même éditeur, elle propose des nouvelles fantastiques ou de fantasy.  

La devise de l'Institut Dormance : 

"Somnus Aliquando excruciat sed semper docet.*"

* Le sommeil fait parfois souffrir, mais il instruit toujours.

Parlons d'abord de l'aspect extérieur de l'ouvrage et du paratexte.

J'adore toujours autant les couvertures de cette collection, très bien soignée, avec les illustrations de Mina M.  
 J'adore les quatre personnages principaux au premier plan sur fond de paysage de conte à la Hansel et Gretel.

Mina M. nous propose les portraits des différents personnages dans des médaillons ou cadres style gothique et j'adore ses dessins qui nous emportent dans la dimension fantastique avec toujours une impression de mélancolie.


L'intrigue, les personnages et l'univers créé

Du suspense, de l'action, des moments bien choisis pour mettre en avant le caractère de chaque personnage.

La relation de complicité entre les personnages est 
intéressante, ils se complètent bien. 

Joane est une adolescente rebelle albinos insomniaque, Marcus un jeune noir traumatisé par un passé lourd et une peur panique lorsqu'il cauchemarde, Sam un jeune surdoué et Mina, une mystérieuse jeune fille aux pouvoirs troublants. 

Nous découvrons également un directeur insomniaque Pierre Fénelon, aux motivations plus qu'obscures et une documentaliste extra-lucide avec un brin de folie Erika Dole

"CHUT ! Le silence d'or est l'écrin précieux de la lecture."

 Une magnifique approche des rêves avec une ambiance et un suspense bien orchestrés. 

J'ai aimé plongé dans ce monde onirique où les peurs les plus connues sont représentées.Un dosage parfait du fantastique, entre deux mondes qui s'interpénètrent.

dimanche 25 février 2018

Le Livre de Perle


❤❤❤❤💙

Le Livre de Perle

Timothée de Fombelle
Gallimard jeunesse
Pôle fiction
janvier 2017
325 p.

 🚨 Risque de spoilers tout au long de cette chronique à commencer par le résumé.


Nous allons découvrir l'histoire extraordinaire de Joshua Perle, perdu dans un monde qui n'est pas le sien. Véritable odyssée, sa vie, à la recherche d'un royaume perdu et d'un amour perdu, va lui faire croiser des personnes qui vont l'aider, à leur manière, à retrouver des souvenirs de son monde.  
Joshua est Iliån, un jeune prince amoureux d'une fée Oliå mais maudit, en exil dans notre monde lors de la seconde guerre mondiale.

Le contexte de lecture

Ce roman de Timothée de Fombelle est dans ma pile à lire depuis des mois. J'avais peur de me plonger dans cette histoire et en même temps très envie de retrouver la plume de Timothée de Fombelle que j'avais adoré avec Tobie Lolness.  
Ce n'est pas un coup de coeur comme avec le diptyque Tobie Lolness mais c'est une très bonne lecture. 

L'auteur

Timothée de Fombelle propose encore une histoire d'odyssée, de voyage, de fuite en avant comme avec Tobie ou Vango. Ces héros ne sont jamais en repos. 




" Les premiers soupçons de la nostalgie.
C'est à cause de la douceur de certains instants dans notre monde qu'il se répéterait toute sa vie que, pour conserver en lui le désir de repartir, il devait garder son chagrin vivant."

L'intrigue, le point de vue et les thèmes abordés

Nous retrouvons ici deux mondes en parallèle et d'abord plusieurs histoires imbriquées, avant de faire des liens et de voir qu'elles n'en font qu'une. 

Le narrateur est au début de l'histoire un garçon de 15 ans, en chagrin d'amour et c'est lui qui sera le lien entre nos deux amants impossibles.  Un narrateur qui raconte des histoires au sens propre comme au sens figuré et qui va se voir dépositaire d'une histoire d'amour qui défie le temps et l'espace réels et imaginaires. 
Ce narrateur qui n'est autre qu'un écrivain en fin de compte. 

J'ai beaucoup aimé la façon dont est abordée la seconde guerre mondiale par touches avec un certain détachement, une distance dus à la nature même de celui qui la vit : Joshua/Iliån... et pourtant la guerre de terrain, les rafles de Juifs, le camp de prisonnier, la résistance nous sont livrés sans fard. 


"Le bonheur est cette danse où l'on s'approche et l'on s'écarte sans se perdre."

La revisite des contes de fées passe aussi par des détails et sans insister. Ce sont des souvenirs fragiles, délicats, tout juste palpables, presque évanescents. 
Le royaume des contes est assez sombre, en déchéance : un vieux roi fou, un fils qui monte sur le trône avec une envie de vengeance aveuglante et dévoratrice, un intrigant, sournois Taåge qui veut le pouvoir, un palais sur l'eau délabré...
On croit retrouver toutes les histoires d'amour impossible Tristan et Iseult (en fuite dans la forêt), Orphée et Eurydice (qui ne peuvent se regarder)...
Et ces valises qui s'entassent, se perdent au fil des jours et des voyages,sont le symbole de l'errance, de l'exil, sans port d'attache, sans famille

La plume de l'auteur

Timothée de Fombelle est un raconteur d'histoires, il nous entraîne où bon lui semble et on le suit sans se poser de question, ébloui par la magie qu'il distille parcimonieusement dans son récit créant des champs de possibles mais avec une sensibilité qui nous rend palpable le chagrin, la tristesse, le goût amer du manque. 


"Nous étions tous pareils. Les histoires nous inventent."

Mon ressenti

Il reste une certaine douceur, une nostalgie lorsque la dernière page est tournée. On se met à rêver qu'Ilian et Olia ont rejoint leur royaume et comme dans tout conte de fées ont retrouvé la paix et le bonheur.  
Une parenthèse rêvée dans la grisaille d'un monde sans magie.


Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...