Affichage des articles dont le libellé est autobiographie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est autobiographie. Afficher tous les articles

mercredi 5 décembre 2018

Persépolis de Marjane Satrapi



©L'Association

Persépolis
Marjane Satrapi
L'Association
2007
365 p. 

La petite histoire 

Autobiographie relatant l'enfance, l'adolescence et l'errance d'une jeune femme jusqu'à son départ définitif d'Iran en septembre 1994.
Issue d'une famille aisée et aux mœurs libérées, habitant Téhéran. Ses parents, après la chute du Shah, l'envoient étudier en Autriche pour qu'elle puisse garder sa liberté d'expression.


Le contexte de lecture

Lu dans le cadre du book club graphique de décembre. Merci pour cette sélection qui m'a permis de découvrir enfin ce bijou qui végétait dans ma bibliothèque depuis trop longtemps. Une lecture essentielle à partager autour de soi.

L'aspect graphique

Marjane a choisi le noir et blanc, sans nuance, brut, direct comme son récit. Ce contraste permet de mieux souligner les contradictions, les oppositions.

Autobiographie constructive et témoignage historique

L'autrice nous parle de déracinement,  de la difficulté à s'intégrer, de la condition de la femme, d'acceptation de soi, de construction de soi, de politique internationale, d'amour familial, de droit d'expression, d'oppression, de solitude, de la connerie interplanétaire...

Ce que je retiens de cette autobiographie graphique

Sans complaisance, Marjane Satrapi nous raconte sa vie de jeune iranienne en exil et en recherche d'un endroit où s'épanouir et être libre. Son histoire émouvante s'entrecroise avec l'histoire avec un grand H de son pays l'Iran des années 80 /90. Ses chroniques d'une vie donnent à voir des errances, des choix, des compromis et enfin une affirmation de soi. Portrait d'une féministe qui fait réfléchir et grandir...

dimanche 6 mai 2018

Ce n'est pas toi que j'attendais


©Delcourt
❤❤❤❤❤
Ce n'est pas toi que j'attendais, Fabien TOULME, Delcourt, octobre 2014, 244 p., 9782756035505


La petite histoire

Fabien et sa femme ont décidé d'avoir un nouvel enfant. Patricia tombe enceinte et se fait suivre au Brésil pour ses premiers mois de grossesse. Tout se passe bien. Ils choisissent de rentrer en France  avant la fin de la grossesse. Les examens se succèdent tous plus rassurants les uns que les autres et puis c'est le grand jour. Fabien va découvrir sa nouvelle petite fille Julia et sa trisomie... Va commencer alors pour lui, le dur apprentissage de l'acceptation du handicap.


Le contexte de lecture

 Lecture effectuée dans le cadre du challenge PrinTemps de Lire, dans le menu "l'esprit en éveil".

L'auteur

 Fabien Toulmé a publié d'autres bandes dessinées : 
©Lyon BD/©Delcourt


Il est actuellement entrain de finaliser L'Odyssée d'Akim.

 
 L'objet-livre

 C'est une bande dessinée découpée en chapitres qui reprennent les états d'âmes de l'auteur. Il a pris le partie d'une colorisation des planches avec une couleur à chaque chapitre. A la fin de l'ouvrage, on s'aperçoit que l'on est passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, par toutes les nuances, par toutes les émotions. 
©Fabien Toulmé


Dans les illustrations il joue beaucoup avec la porte et la fenêtre qui sont des objets transitionnels très présents. Ils marquent des étapes. 
Ce sont des tranches de vie qui sont ici rapportées avec malgré le sujet grave des touches d'humour, parfois grinçant (voir la référence au dédale de l'administration dans Astérix et Obélix).

Les thèmes abordés

C'est d'abord une autobiographie  : l'auteur se met en scène dans son intimité familiale. Il dresse un autoportrait sans concession, mais aussi il propose un miroir de notre société occidental qui a des préjugés, une acceptation difficile du handicap

©Fabien Toulmé
 Nous arrivons donc ici au nœud du problème : la différence et le handicap. Le regard des autres et de soi sur la maladie et plus précisément la trisomie 21.  En vivant avec l'auteur les différentes étapes d'acception d'un parent trisomique, on se rend compte de la difficulté psychologique que représente l'acceptation de l'anormalité.
 
©Fabien Toulmé

Un certain optimisme et l'amour triomphent de cette grisaille ambiante au final et pourtant le titre choisi fait mal : "Ce n'est pas toi que j'attendais". 
Nous retiendrons cette fin de phrase "mais je suis content que tu sois venue". L'auteur a accéder à une nouvelle maturité grâce à sa fille, il s'est ouvert un nouveau champ des possibles. Ce qui est merveilleux dans cette histoire c'est que Julia est un véritable cadeau : elle permet à ceux qui l'entourent de s'enrichir, de grandir,  de comprendre l'essentiel.

 
 Ce que je retiens de ce livre...

C'est un véritable cadeau que nous fait l'auteur en se livrant dans ce livre. Il rend compte de la difficulté à être parent d'un enfant qui a un handicap, des peurs par rapport au regard des autres, par rapport à son ressenti, à son amour.
Un coup de coeur, une lecture indispensable.

©Fabien Toulmé
 

samedi 27 janvier 2018

Les 2 anniversaires d'Ariane Jee-Yung et Yan Nascimbene

 

❤❤❤❤

 Les 2 anniversaires d'Ariane 

Jee-Yung 

Yan Nascimbene

 

Chan-Ok / Flammarion

juin 2009

36 p.


De ses racines coréennes à son accueil dans la culture française, Jee-yung vous livre son histoire, avec simplicité et finesse, humilité et tendresse traits de Yan Nascimbene colorent destin qui change, le voyage d'Ariane entre sa terre d'origine et sa terre d'adoption et toute la force d'une nouvelle filiation.

 Le contexte de lecture

 Lecture de cet album dans le cadre du challenge Album jeunesse : j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque, j'ai d'abord été attirée par la couverture sur la thématique asiatique et j'ai été intriguée par le titre.

Les auteurs

 C'est ici l'histoire de Jee-Yung qu'elle nous raconte. 
C'est donc une autobiographie sous forme d'album nous proposant des sensations, des questionnements, des doutes et des joies :  
 
"Pourquoi cette histoire ? Parce que c’est la mienne, tout simplement. C’est ainsi que je me suis toujours imaginé mon voyage « natal ». 
Les petites filles naissent, dit-on, dans les roses ; moi, je suis née d’un avion. 
De plus, aujourd’hui que l’adoption est à la mode, que tous les médias en parlent, je trouve que finalement on oublie l’essentiel : l’adoption est avant tout une histoire d’amour, celle qui unira un enfant à ses parents."

 (http://www.racinescoreennes.org/dossiers/portraits/ariane-de-vendoeuvre-malmanche/)

 Yan Nascimbene met en images ce début d'histoire cette naissance à un nouveau monde, à une nouvelle famille.
Ces illustrations ont une véritable signature, identifiable sans détour avec toujours des touches pastel et quelques couleurs qui rehaussent l'ensemble.


L'objet-livre

 Petit album carré à la couverture rigide, avec une composition très harmonieuse sur fond blanc : 

- d'un côté, une petite fille asiatique regardant son reflet dans l'eau d'un étang plein de nénuphars, en parfaite symétrie,sur une base carrée,

- un titre centré assez modeste avec juste l'élément "2" en couleur rouge (fil conducteur dans le récit),

- un petit rappel floral sur le bord de la couverture avec un rappel de couleurs de l'image principale complète le tableau.

 Même chose sur la 4ème de couverture, où seuls restent la végétation et son reflet en bandeau vertical. 

L'ensemble apporte une sensation de sérénité.
 

Le récit et les thématiques abordées 

Jee-Yung est d'origine Coréenne et elle nous présente ses souvenirs de son pays avec poésie, son rapport notamment à la nature, aux éléments. 

 Ses souvenirs certainement enjolivés, la présente au milieu d'une nature préservée et bienveillante (elle parle à l'oiseau et à la rivière). 

 Elle parle du manque avec délicatesse, laissant les saisons défilées pour témoigner de son attente d'amour. 

"Alors Jee-Yung continua d'attendre..."

 
Elle aborde sa double culture comme un enrichissement. 


Et comme elle le dit elle-même, elle a vécu une deuxième naissance en arrivant en France. L'adoption est pour elle : la découverte d'un amour
La rencontre met à l'unisson la petite fille et sa famille adoptante grâce au rouge de l'amour qui les unit.  

 

Le style, l'écriture et les illustrations

Le texte est empreint de poésie et est amené comme un conte de fée où la fée est une petite fille sans pouvoir magique mais qui va rencontrer le bonheur, celui d'appartenir à une famille :   

"Il était une fois
dans un pays lointain,
où les matins sont, dit-on, 
toujours calmes et frais, 
une petite fille aux yeux rieurs
et aux cheveux de jais..." 

 Elle parle alors du voyage, de sa préparation et la description onirique de ce voyage qui est comme une renaissance est merveilleusement amené. 



Jee-Yung laisse un témoignage sur l'adoption plein de poésie, de bonheur, d'amour partagé et de sérénité


 

 

mercredi 13 décembre 2017

Vous n'aurez pas ma haine


Lady Beetle on emojidex Lady Beetle on emojidex Lady Beetle on emojidex Lady Beetle on emojidex Lady Beetle on emojidex

Vous n'aurez pas ma haine

Antoine LEIRIS
Fayard
avril 2016
139 p.


Antoine Leiris nous fait part de sa douleur à travers une lettre, comme un cri à la vie, après l'assassinat de sa femme le 13 novembre 2015 au Bataclan.  

" Nous ne reviendrons jamais à notre vie d'avant. Mais nous ne construirons pas une vie contre eux. 
Nous avancerons dans notre vie à nous."

Mon avis 



J'ai beaucoup pleuré à la lecture de ce récit poignant. 
Antoine Leiris nous livre ses souffrances, ses doutes et sa détermination pour élever coûte que coûte son fils dans la liberté et non la peur, dans la vie et non dans le ressassement de la mort, dans l'amour et non la haine. 
Ce message d'homme qui se veut debout face à l'adversité, à l'ignominie est comme une claque. Car c'est lui qui nous délivre un message de paix, de tolérance alors qu'il vit  l'atrocité de la perte d'un être cher. 

"On me demande si j'ai oublié ou pardonné. Je ne pardonne rien, je n'oublie rien, je ne passe sur rien et surtout pas si vite. Lorsque chacun sera retourné à sa vie, nous vivrons toujours avec. Cette histoire, ce sera notre histoire. La refuser serait se renier.
 
Cette lettre est un début de résilience pour cet homme qui se voit seul avec son fils, avec des responsabilités certaines qu'il va devoir affronter seul maintenant.

"Hélène était au présent. Elle était tout entière aux instants qu'elle vivait.
 
Il reprend le cours du récit dès le choc de l'attentat et énumère ces faits et gestes, son ressenti jour après jour avec l'attente interminable et torturante de l'annonce, la vie et ses rituels avec son enfant en parallèle et les non dits, les révélations à faire pour avancer, pour ne pas voiler la vérité. 

" L'attente est un sentiment qui n'a pas de nom. A l'heure où je lui lis une dernière histoire, elle les porte tous à la fois. Elle est chagrin, espoir, tristesse, soulagement, surprise, effroi."


" J'aurai aimé que mon premier livre soit une histoire, et surtout pas la mienne. J'aurai voulu aimer les mots sans les craindre."


Beaucoup d'émotions ressenties à la lecture de ce témoignage bouleversant et certainement des phrases et des réflexions qui m'habiteront longtemps. 
J'ai aimé la justesse des sentiments et  l'évocation de la dureté, la banalité du monde qui continue d'avancer alors que pour soit l'essentiel a disparu. 
Par-delà l'histoire, les mots d'Antoine Leiris visent au coeur et derrière l'homme l'on perçoit un écrivain de talent.  

 

"On ne se soigne pas de la mort. On se contente de l'apprivoiser. L'animal est sauvage, ses crocs sont acérés. J'essaie juste de construire une cage pour l'enfermer. Elle est là, juste à côté, attend la bave aux lèvres de me dévorer. Entre elle et moi, des barreaux de papier. Lorsque l'ordinateur s'éteint, la bête est libérée."

samedi 26 août 2017

Un Sac de billes de Joseph JOFFO


❤❤❤❤
Un Sac de billes de Joseph Joffo, Le Livre de poche, août 2007, édition originale : 1973. 

Paris 1941. Joseph a dix ans. Dans le pays occupé par les nazis qui obligent tous les Juifs à porter l'étoile jaune, le jeune garçon et son frère Maurice tentent de franchir la ligne de démarcation sans papiers, sans parents, pour gagner la zone libre. Ensuite, Maurice et Joseph vont devoir sillonner la France pour se cacher, ce périple les fait grandir un peu trop vite sans doute mais l'espoir est là au bout du chemin. 

Joseph Joffo livre une part de son enfance, une part de son histoire, qui a façonné l'homme qu'il est aujourd'hui. Ce cadeau qu'il fait en restituant les émotions, les peurs qu'il a connues, à nous de les entendre pour mieux comprendre l'humanité dans ce qu'elle a de beau et de cruel.

"Je préfère raconter la suite au présent, cela rendra peut-être l'aventure plus anodine, lui retirera cette aura de sacré que confèrent les temps passés, de l'imparfait au passé simple. Le présent est le temps sans surprise, un temps ingénu, celui où l'on vit les choses comme elles arrivent, elles sont neuves encore et vivantes, c'est le temps de l'enfance, celui qui me convenait."

Véritable road trip, ce livre initiatique fait passer assez brutalement Joseph de l'insouciance de l'enfance à la survie, la responsabilité. Avec son frère, ils se soutiennent  mutuellement et c'est leur véritable force contre l'adversité.   
Joseph et son frère ont toujours, malgré la guerre, des préoccupations d'enfants (des jeux, des émerveillements). Cet enthousiasme et cette vitalité allègent le récit donnent à voir des moments heureux et simples dans cette atrocité qu'était la guerre. 

"(...) et puis brusquement, la rue s'est ouverte, il y a eu un grand coup de vent à vous couper le souffle et nous avons pilé net. Maurice a réagi le premier. 
- Merde, la mer.
On ne l'avait jamais vue et ça ne nous était pas venu à l'idée que nous la rencontrerions comme ça, de façon aussi soudaine, elle était venue à nous sans prévenir, se dévoilant d'un coup à nos yeux, sans préparation."  

De l'émotion aussi, beaucoup ! Avec des rencontres éphémères parfois mais essentielles : des dons anonymes, de la générosité gratuite dispensée par de parfaits inconnus. La disparition du père évoquée comme un manque qui ne sera plus jamais comblé mais sans pathos exagéré. 

Une leçon de vie, enfin, pour nous tous ! Une envie de vivre et de ne pas se laisser aller au désespoir qui subliment l'histoire. Le droit d'être différent et entier, avec ses convictions propres. 

"Je suis ce que je suis, et je m'affirme en tant que tel, chaque être humain doit reconnaître qu'il ne doit sa venue sur terre qu'au plus grand des hasards, au plus heureux des hasards, celui de l'amour et des rencontres. "  

JOSEPH JOFFO



Le Garçon de feu

  Le Garçon de feu Sarthak Sinha Editions Du Ricochet EAN : 9782352635512      Un petit album plein de tendresse avec ce feu follet. Tim se...